Les enfants des autres de Torey Hayden : la souffrance des enfants meurtris

Torey Hayden, les enfants des autres

Un livre de Torey Hayden
Édition : J’ai Lu
ISBN : 978-2290125434
Note personnelle : 19 / 20

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Synopsis :

« Ces gosses n’étaient pas attirants. Mais j’avais beau essayer de les voir comme ils étaient en réalité, ils me semblaient toujours indiciblement beaux. L’étaient-ils à ce point ? Ou était-ce mon regard qui les transfigurait ? »
Il y a Boo, âgé de sept ans, avec ses yeux d’un vert étrange. Il ne parle pas, mais reste des heures en conversation avec un serpent. Lori, du même âge, qui n’arrive pas à lire mais devine les cœurs. Et Tomaso, dix ans, qui ne sait plus s’adresser aux autres sans les insulter. Enfin, Claudia, qui a douze ans. Qui est enceinte.
Ensemble, ils forment une classe unique avec une singulière institutrice qui leur enseigne ce qui n’existe dans aucun manuel : l’amour.

Notre avis sur le roman :

« Les choses ne sont jamais vraiment parfaites, dit-elle. Mais à l’intérieur, on peut toujours les voir parfaites si on essaie. Ça rend les choses belles pour moi. »
Institutrice hors pair et auteure de talent, Torey Hayden nous relate une année de la vie d’une classe. Mais pas une classe traditionnelle car seuls 4 enfants la composent. Et pour cause, ils ne sont pas comme les autres et pourtant, tellement attachants : Boo, le petit garçon autiste qui ne parle pas, qui semble déconnecté du monde qui l’entoure ; Lori, dotée d’une gentillesse hors du commun, perçoit comme nulle autre le fond de l’âme et fait déjà preuve, pour ses sept ans, d’une grande maturité ; Tomaso quant à lui s’est construit une armure pour se faire détester dès le premier instant mais aussi pour cacher les blessures de son cœur ; Claudia enfin, timide et effacée, vivant continuellement dans l’ombre des autres, a pourtant réussi à tomber enceinte à douze ans, l’excluant encore un peu plus d’une famille traditionaliste et d’une société qui condamne avant de comprendre. On vit avec eux leurs joies et leurs peines, leurs réussites et leurs échecs, leurs envies et leurs déceptions. Torey, au-delà d’une instruction que le système scolaire a jugé bon de leur donner mais pas au contact des enfants dits « normaux« , distille avec une infinie patience, une écoute, une compréhension, une compassion, un amour sans limite. J’avais découvert ce témoignage il y a dix ans. Aujourd’hui, en le relisant, rien n’a changé, le récit est chargé d’émotion, les anecdotes déclenchent fous rires, larmes ou colère. Ces « enfants des autres » gardent et donnent l’espoir, l’envie d’aller de l’avant, vers une vie qu’on leur souhaite belle bien qu’elle ait jusqu’alors empli de souffrance leurs jeunes cœurs et volé un peu de leur innocence. Poignant !

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