Archive mensuelles: novembre 2018

Les enfants des autres de Torey Hayden : la souffrance des enfants meurtris

Torey Hayden, les enfants des autres

Un livre de Torey Hayden
Édition : J’ai Lu
ISBN : 978-2290125434
Note personnelle : 19 / 20

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Synopsis :

« Ces gosses n’étaient pas attirants. Mais j’avais beau essayer de les voir comme ils étaient en réalité, ils me semblaient toujours indiciblement beaux. L’étaient-ils à ce point ? Ou était-ce mon regard qui les transfigurait ? »
Il y a Boo, âgé de sept ans, avec ses yeux d’un vert étrange. Il ne parle pas, mais reste des heures en conversation avec un serpent. Lori, du même âge, qui n’arrive pas à lire mais devine les cœurs. Et Tomaso, dix ans, qui ne sait plus s’adresser aux autres sans les insulter. Enfin, Claudia, qui a douze ans. Qui est enceinte.
Ensemble, ils forment une classe unique avec une singulière institutrice qui leur enseigne ce qui n’existe dans aucun manuel : l’amour.

Notre avis sur le roman :

« Les choses ne sont jamais vraiment parfaites, dit-elle. Mais à l’intérieur, on peut toujours les voir parfaites si on essaie. Ça rend les choses belles pour moi. »
Institutrice hors pair et auteure de talent, Torey Hayden nous relate une année de la vie d’une classe. Mais pas une classe traditionnelle car seuls 4 enfants la composent. Et pour cause, ils ne sont pas comme les autres et pourtant, tellement attachants : Boo, le petit garçon autiste qui ne parle pas, qui semble déconnecté du monde qui l’entoure ; Lori, dotée d’une gentillesse hors du commun, perçoit comme nulle autre le fond de l’âme et fait déjà preuve, pour ses sept ans, d’une grande maturité ; Tomaso quant à lui s’est construit une armure pour se faire détester dès le premier instant mais aussi pour cacher les blessures de son cœur ; Claudia enfin, timide et effacée, vivant continuellement dans l’ombre des autres, a pourtant réussi à tomber enceinte à douze ans, l’excluant encore un peu plus d’une famille traditionaliste et d’une société qui condamne avant de comprendre. On vit avec eux leurs joies et leurs peines, leurs réussites et leurs échecs, leurs envies et leurs déceptions. Torey, au-delà d’une instruction que le système scolaire a jugé bon de leur donner mais pas au contact des enfants dits « normaux« , distille avec une infinie patience, une écoute, une compréhension, une compassion, un amour sans limite. J’avais découvert ce témoignage il y a dix ans. Aujourd’hui, en le relisant, rien n’a changé, le récit est chargé d’émotion, les anecdotes déclenchent fous rires, larmes ou colère. Ces « enfants des autres » gardent et donnent l’espoir, l’envie d’aller de l’avant, vers une vie qu’on leur souhaite belle bien qu’elle ait jusqu’alors empli de souffrance leurs jeunes cœurs et volé un peu de leur innocence. Poignant !

La femme du gardien de zoo, l’histoire vraie de Jan Zabinski

La femme du gardien de zooUn film de Niki Caro
Date de sortie : 23 avril 2017
Avec Jessica Chastain, Daniel Brühl, Johan Heldenbergh
Durée : 2h07

Synopsis :

L’histoire vraie de Jan Zabinski, gardien d’un zoo de Varsovie, et de son épouse Antonina, qui sauvèrent 300 juifs emprisonnés dans le ghetto de Varsovie suite à l’invasion des Nazis.

Notre avis sur le film :

Lorsque les bombes se mettent à pleuvoir sur Varsovie, que les nazis débarquent avec force et parquent les juifs dans l’un des plus funestes ghettos de la Seconde Guerre mondiale, Jan et Antonina, qui gèrent avec passion le zoo et les animaux qui y vivent, vont se transformer en héros ordinaires en tentant de faire sortir des juifs du ghetto, leur évitant ainsi une mort certaine. Jessica Chastain est bouleversante dans le rôle d’Antonina, aussi tendre avec les animaux qu’avec les humains qui en valent la peine. Avec les nazis en revanche, sa ténacité, son intelligence et son courage n’auront aucune limite. Le film de Niki Caro est porté par une pression constante du scénario, une réalisation et une mise en scène impeccables. Une nouvelle incursion dans l’une des pires horreurs de l’Histoire qu’est l’Holocauste, mais il aurait manqué de retracer l’histoire de ce couple polonais sans histoire qui, pour garder dans ce moment sombre de l’Histoire un peu de foi en l’Humanité, a su prendre tous les risques pour sauver 300 juifs, hommes, femmes et enfants, au péril de leur propre vie. Bouleversant !