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Les animaux fantastiques, le monde merveilleux de J.K. Rowling

Les animaux fantastiquesUn film de David Yates
Date de sortie : 16 novembre 2016
Avec Eddie Redmayne, Katherine Waterston, Dan Fogler
Durée : 2h13

Synopsis :

New York, 1926. Le monde des sorciers est en grand danger. Une force mystérieuse sème le chaos dans les rues de la ville. Ignorant tout du conflit qui couve, Norbert Dragonneau débarque à New York au terme d’un périple à travers le monde : il a répertorié un bestiaire extraordinaire de créatures fantastiques dont certaines sont dissimulées dans les recoins magiques de sa sacoche en cuir – en apparence – banale. Mais quand Jacob Kowalski, Non-Maj’ (ou Moldu) qui ne se doute de rien, libère accidentellement quelques créatures dans les rues de la ville, la catastrophe est imminente.

Notre avis sur le film :

Le pari était osé mais qui mieux que J.K. Rowling pouvait nous replonger dans l’univers magique du célèbre Harry Potter ? Pourtant, l’action se déroule bien avant la naissance de ce dernier, aux États-Unis, où les Moldus sont appelés Non-Maj’ et où une guerre couve entre les deux mondes. Peu au fait de cela, Norbert Dragonneau, de retour d’un voyage à travers le monde, débarque à New York la valise remplie d’un fabuleux bestiaire d’animaux fantastiques, parfois attachants, parfois espiègles, souvent dangereux, mais toujours d’une incroyable originalité. La 3D est très réussie et renforce l’impression magique, notamment quand Norbert montre à Jacob, Non-Maj’ accidentellement rencontré par un fortuit échange de valises, les différentes créatures qu’il a pu ramener de ses voyages. Eddy Redmayne – oscarisé pour son rôle dans Une Merveilleuse Histoire Du Temps – campe donc un Norbert Dragonneau très attachant, timide et souvent dans la lune. Il donne la réplique à un Dan Fogler décontenancé mais prêt pour l’aventure, drôle et charmeur, passionné par l’histoire dans laquelle il a été emmené malgré lui. Les fans des aventures de Harry Potter trouveront de nombreux clins d’œil à des personnages, à des symboles, à des mystères… parfois inutiles mais qui permettent d’intégrer ce premier film (d’une série de cinq – pour l’instant) comme un véritable préquel à celui de la saga au succès planétaire. J.K. Rowling a même laissé entendre que les deux sagas pourraient se rejoindre. En tout cas, nous attendons avec impatience 2018 pour la suite de ce premier opus très réussi, nous envoyant dans un monde magique crédible, d’une imagination débridée, avec un scénario peu prévisible (à quelques exceptions près) et donc rempli de rebondissements étonnants. À découvrir !

Stranger Things, back to 80’s

Stranger thingsUne série créée par Matt Duffer, Ross Duffer
Date de diffusion : 2016
Avec Noah Schnapp, Dacre Montgomery, Sadie Sink
Durée : 8 épisodes de 45 minutes

Synopsis :

A Hawkins, en 1983 dans l’Indiana. Lorsque Will Byers disparaît de son domicile, ses amis se lancent dans une recherche semée d’embûches pour le retrouver. Dans leur quête de réponses, les garçons rencontrent une étrange jeune fille en fuite. Les garçons se lient d’amitié avec la demoiselle tatouée du chiffre « 11 » sur son poignet et au crâne rasé et découvrent petit à petit les détails sur son inquiétante situation. Elle est peut-être la clé de tous les mystères qui se cachent dans cette petite ville en apparence tranquille…

Notre avis sur la série :

Stranger Things s’impose d’emblée comme une série originale recréant à la perfection l’atmosphère des années 1980. Il y a un peu de tout dans cette série : des Goonies, du Shining, du E.T., voire même du Super 8 et du The Thing. La B.O. s’associe à un scénario très bien construit, véritable film découpé en 8 épisodes quasiment d’égale intensité, qui mélange habilement les genres : aventure, drame, thriller, romance, horreur… C’est enfin une série qui sait où elle va et qui répond aux questions qu’elle pose, si surnaturelles qu’elles soient. On adhère immédiatement aux personnages : un groupe de garçons sur leur vélo, un peu froussards mais toujours à la recherche d’aventures, les premiers émois d’une ado qui ne sait pas trop où la mèneront ses choix, une mère surprotectrice qui passe rapidement pour la folle de service, les parents soit-disant modèles mais totalement étrangers à la vie de leurs enfants, le chef de la police taciturne et marqué par une indicible douleur… et surtout, Eleven, la jeune fille au crâne rasé qui crève littéralement l’écran par sa prestation d’une intensité magistrale, telle le fut il y a bien des années déjà, une certaine Natalie Portman. Stranger Things ne laisse jamais le spectateur sur sa fin, va véritablement au fond des choses et met en scène les événements sans jamais atténuer le suspense. Les effets spéciaux sont savamment dosés et parfaitement réalisés dans une ambiance toujours sombre et inquiétante. On replonge donc avec tendresse et nostalgie dans cette série qui saura nous faire rire et frissonner de peur l’instant d’après. Espérons qu’une saison 2 aussi réussie viendra nous enchanter en 2017.

Une vie entre deux océans, sublime émulsion d’instants précieux et de grands malheurs

Une vie entre deux océansUn film de Derek Cianfrance
Date de sortie : 5 octobre 2016
Avec Michael Fassbender, Alicia Vikander, Rachel Weisz
Durée : 2h13

Synopsis :

Quelques années après la Première Guerre mondiale en Australie. Tom Sherbourne, ancien combattant encore traumatisé par le conflit, vit en reclus avec sa femme Isabel, sur la petite île inhabitée de Janus Rock dont il est le gardien du phare. Mais leur bonheur se ternit peu à peu : Isabel ne peut avoir d’enfant… Un jour, un canot s’échoue sur le rivage avec à son bord le cadavre d’un homme et un bébé bien vivant. Est-ce la promesse pour Tom et Isabel de fonder enfin une famille ?

Notre avis sur le film :

Dès les premières minutes du film, on est plongé dans l’ambiance d’après-guerre, où les rescapés pansent les affres de cette période tourmentée de laquelle ils sont sortis vivants. Tom Sherbourne, tourmenté et peu loquace, va accepter un poste de gardien de phare sur l’île isolée de Janus. La photographie d’Adam Arkapaw et la musique d’Alexandre Desplat communiquent avec brio les émotions contradictoires de ce lieu : sa beauté d’une part, souveraine et indomptable, et la peur intrinsèque liée à l’isolement et la perte des repères. Justement les seuls repères temporels qu’il reste à Tom sont les bateaux qui passent et qu’il faut consigner dans un carnet de bord et l’alternance du jour et de la nuit. Lors d’une visite sur le continent, sa façon d’être et de vivre séduit la jeune Isabel qui décide de l’épouser et de l’accompagner dans sa vie de reclus. Ensemble, leur volonté de combattre la solitude passera par le désir d’enfant mais les échecs répétés plongeront la jeune femme dans une tristesse incommensurable. Jusqu’au jour où s’échoue une barque avec, à son bord, un homme déjà mort, mais également un bébé bien vivant. C’est un tournant qui s’impose désormais au couple qui devra faire des choix et vivre avec.
C’est une histoire remarquable, magnifiquement interprétée avec beaucoup de justesse et d’émotions par Michael Fassbender et Alicia Vikander. On croit vraiment à leur couple, à leur histoire d’amour, au lien fort qui les unit. On a envie qu’ils soient heureux même si l’on comprend que leurs choix les amèneront à un bonheur éphémère. Une vie entre deux océans expose une myriade de sentiments – parfois contradictoires – mais toujours traités sans hâte et là encore, avec beaucoup de justesse. Même si la tristesse et les malheurs qui les accablent donnent le ton du film, ils n’en font que mieux ressortir les instants de bonheur intenses, moments de joie partagée, souvent d’une simplicité déconcertante. L’intensité des sentiments est donc au rendez-vous et permet de ne pas s’ennuyer une minute avec ce couple qui se retrouve dans une situation que l’on devine vite perdue d’avance. Mais l’intérêt n’est pas là mais plutôt dans la poursuite de son propre bonheur, sans malheureusement pouvoir faire abstraction ni des autres, ni de valeurs trop ancrées dans l’âme et qui conduisent parfois à un désastre. À découvrir en VOST !

Zootopie, vivre en harmonie est-il vraiment possible ?

Zootopie, afficheUn film de Byron Howard, Rich Moore
Date de sortie : 17 février 2016
Avec les voix de Marie-Eugénie Maréchal, Alexis Victor, Pascal Elbé
Durée : 1h48

Synopsis :

Zootopia est une ville qui ne ressemble à aucune autre : seuls les animaux y habitent ! On y trouve des quartiers résidentiels élégants comme le très chic Sahara Square, et d’autres moins hospitaliers comme le glacial Tundratown. Dans cette incroyable métropole, chaque espèce animale cohabite avec les autres. Qu’on soit un immense éléphant ou une minuscule souris, tout le monde a sa place à Zootopia !
Lorsque Judy Hopps fait son entrée dans la police, elle découvre qu’il est bien difficile de s’imposer chez les gros durs en uniforme, surtout quand on est une adorable lapine. Bien décidée à faire ses preuves, Judy s’attaque à une épineuse affaire, même si cela l’oblige à faire équipe avec Nick Wilde, un renard à la langue bien pendue et véritable virtuose de l’arnaque …

Notre avis sur le film :

Quelle idée saugrenue ! Une ville où tous les animaux peuvent y habiter sans complexe ni peurs, oubliant le rapport prédateur / proie imposé par la Nature. Et pourtant, la magie de Disney opère et livre une ville riche toute en couleurs, avec des animaux certes humanisés mais toujours conscients de leur conditions, notamment de leur taille. Judy, une petite lapine pleine de volonté et de talent, va chercher à bousculer l’ordre établi en entrant dans une institution jusqu’alors réservée aux grands gabarits : la police. Le scénario principal va donc tourner autour d’une enquête policière réfléchie, pleine de surprises et de rebondissements. Mais l’intérêt du film n’est pas seulement là : il dépeint un monde très actuel, abordant des thèmes forts tels que l’amitié ou le dépassement de soi, où les personnages devront gérer mafia, enlèvements, disparitions, nudisme… des sujets généralement destinés à un public plus âgé que celui que vise Zootopie. Mais la force de Disney dans ce film est d’adresser tous les publics, selon leur niveau de lecture, des plus petits enfants aux adultes. En cela, Zootopie est un film intelligent : il démonte un à un les préjugés, montre que rien n’est impossible si l’on s’en donne les moyens, critique certains faits sociétaux par l’humour (les fonctionnaires sont tous des paresseux), démontre qu’il faut croire en ses rêves. La 3D offre une belle profondeur exacerbant encore les beautés et les détails de la ville, mais également les scènes de poursuite. Tout est parfait dans ce film, du début à la fin, de l’émerveillement visuel à la profondeur de caractère des personnages, de l’actualité des thèmes traités à la qualité de l’intrigue policière, d’un scénario sans temps mort à la leçon de vie qu’il nous donne. Remarquable !

Everything everything, de Nicola Yoon, vivre sa vie plutôt que l’imaginer

Everything Everything, de Nicola Yoon

Un livre de Nicola Yoon
Édition : Bayard Jeunesse
ISBN : 978-2747052788
Note personnelle : 17 / 20

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Synopsis :

Ma maladie est aussi rare que célèbre, mais vous la connaissez sans doute sous le nom de « maladie de l’enfant-bulle ». En gros, je suis allergique au monde. Je viens d’avoir dix-huit ans, et je n’ai jamais mis un pied dehors. Un jour, un camion de déménagement arrive. Je regarde par la fenêtre et je le vois. Le fils des nouveaux voisins est grand, mince et habillé tout en noir. Il remarque que je l’observe, et nos yeux se croisent pour la première fois. Dans la vie, on ne peut pas tout prévoir, mais on peut prévoir certaines choses. Par exemple, je vais certainement tomber amoureuse de lui. Et ce sera certainement un désastre.

Notre avis sur le roman :

 » Je me dis que ce n’est pas grave de mentir à maman. Je me dis que je ne tomberai pas malade. Je me dis que l’amitié ne peut pas faire de mal. Et que Carla a raison : l’amour, ça ne peut pas me tuer. »
Très étonnant ce livre. Maddy vient juste d’avoir 18 ans mais elle ne connaît du monde extérieur que ce qu’elle en a lu dans les livres. Et pour cause : elle a la maladie de l’enfant-bulle, l’empêchant de sortir de chez elle. Elle reste donc dans sa chambre, juste accompagnée de sa mère et de son infirmière qui prennent soin d’elle. Toutes les premières fois que connaît une jeune fille pendant son adolescence, elle les a lues dans les livres sans les vivre. Elle parvient même à se détacher de l’envie de les vivre, sachant pertinemment qu’elle ne le pourra jamais. Et pourtant, l’arrivée d’un étrange jeune homme dans la maison d’à-côté va fissurer tout ce à quoi Maddy s’était rattachée jusqu’alors. Elle comprend qu’elle va éprouver pour la première fois ces sentiments si puissants qu’elle ne pourra les contenir. Mais a-t-elle vraiment la volonté cette fois de ne pas ressentir ces émotions si intenses qu’elle nomme maladie d’amour ?Pour lui, Maddy se sent prête à tout tenter, à tout expérimenter, à tout vivre. Elle va prendre des risques, quitte à mettre sa vie en péril. Mais si, au bout du chemin, l’attendait quelque chose de bien plus beau que ce qu’elle a pu imaginer ? Le récit de Nicola Yoon est limpide, construit autour de courts chapitres et ponctué de magnifiques illustrations (listes, dessins, rapports…). On vit le quotidien de Maddy, dans la peau d’une jeune fille de 18 ans, mais qui semble avoir quelques années de moins par sa méconnaissance des autres et du monde extérieur. Elle est foncièrement gentille, ne veut blesser personne, mais elle va se rendre compte que ce n’est pas toujours possible de tracer sa route vers le bonheur sans ébrécher personne. Maddy grandit tout simplement. Parviendra-elle à prendre son envol ? C’est ce que je vous souhaite de découvrir à la lecture de ce roman, époustouflant de sincérité et de simplicité. Rires et larmes, rebondissements, tout peut vous surprendre dans Everything Everything, sauf l’ennui.

Ben Hur, Premier à finir, dernier à mourir

Ben Hur, affiche film 2016Un film de Timur Bekmambetov
Date de sortie : 7 septembre 2016
Avec Jack Huston, Morgan Freeman, Toby Kebbell
Durée :2h04

Synopsis :

Ben-Hur retrace l’histoire épique de Judah Ben-Hur, un prince accusé à tort de trahison par Messala, son frère adoptif, officier de l’armée romaine. Déchu de son titre, séparé de sa famille et de la femme qu’il aime, Judah est réduit à l’esclavage. Après des années en mer, Judah revient sur sa terre natale dans le but de se venger. Il va y rencontrer son destin.

Notre avis sur le film :

Par ce remake, on s’attendait à une nouvelle adaptation de ce chef-d’œuvre aux 11 Oscars, avec plus d’effets spéciaux et une légère touche de modernité. Mais pour être honnête, même si les effets sont au rendez-vous (sur les galères, pendant la course de chars…), on ne retrouve pas l’âme du film original. Tout semble précipité, le réalisateur ne prend pas le temps de mettre en place l’histoire et ses péripéties (sauf peut-être au début), elles arrivent, point. Certains pans de l’histoire sont totalement oubliés quand ils ne sont pas purement et simplement modifiés (la fin… surprenante) pour satisfaire on ne sait quel public. Ben Hur est un film dur sur l’injustice, sur le courage, mais aussi sur le pardon. On arrive quand même à retrouver cet aspect dans cette nouvelle version de Bekmambetov, mais à force de dialogues parfois répétitifs et souvent dénués d’intensité. Judah Ben Hur paraît beaucoup trop superficiel, en conflit avec sa religion et avec l’attitude des autres à l’égard de l’envahisseur romain. Mais peut-être est-ce par conciliation pour son frère Messala. La douleur et la détresse qu’il doit surpasser par son amour pour sa famille et par sa foi ne transparaît pas. En résumé, il s’agit d’un véritable divertissement à l’américaine, très actuel dans sa mise en scène, mais décevant pour ceux qui avaient été conquis par le charisme et le jeu magistral de Charlton Heston, il y a déjà près de 60 ans.

Avant toi, de Jojo Moyes, a-t-on le droit de choisir sa mort ?

Avant toi, couverture

Un livre de Jojo Moyes
Édition : Milady
ISBN : 978-2811215576
Note personnelle : 19 / 20

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Synopsis :

Lou est une fille ordinaire qui mène une vie monotone dans un trou paumé de l’Angleterre dont elle n’est jamais sortie. Quand elle se retrouve au chômage, elle accepte un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. Malgré l’accueil glacial qu’il lui réserve, Lou va découvrir en lui un jeune homme exceptionnel, brillant dans les affaires, accro aux sensations fortes et voyageur invétéré. Mais depuis l’accident qui l’a rendu tétraplégique, Will veut mettre fin à ses jours. Lou n’a que quelques mois pour le faire changer d’avis.

Notre avis sur le roman :

« — Certaines erreurs… ont des conséquences plus graves que d’autres. Mais tu ne dois pas laisser cette nuit-là devenir ce qui te définit.
J’ai senti sa tête bouger contre la mienne.

— Toi, Louisa Clark, tu peux choisir qu’il n’en soit pas ainsi. »
Une écriture simple pour un sujet complexe dans lequel on n’arrive jamais vraiment à se positionner. La vie de Lou est somme toute assez triste, sans excentricité, sans ambition, sans folie. Le jour où elle perd son travail, elle est complètement perdue car elle se demande ce qu’elle va bien pouvoir faire de sa vie. Et quand on lui propose ce contrat pour assister un handicapé moteur, c’est avec réticence qu’elle se rend dans la grande maison près du château. L’accueil va être des plus froids et ce ne sont pas les maigres encouragements de ses proches qui vont lui réchauffer le cœur. Mais petit à petit, d’échecs en petites réussites, Lou va apprendre à connaître Will, à comprendre les raisons de sa colère envers le monde et ceux qui l’entoure. Elle essaie de lui montrer que plein de choses sont possibles dans un fauteuil roulant mais Will lui fait comprendre qu’il ne veut pas de cette vie-là, que sa vie d’avant lui manque, le sport, les voyages, les montées d’adrénaline lorsqu’il sautait en parachute… Lorsque Lou apprend qu’il a déjà tenté de se suicider et qu’il a planifié sa mort dans une clinique en Suisse avec l’approbation de sa mère, la jeune fille va vraiment tout faire pour qu’il change d’avis et se décide à vivre. Jojo Moyes nous pose une question cruciale : peut-on décider de mourir ? Peut-on laisser prendre cette décision à ceux qu’on aime ? Le roman est bien construit et permet au lecteur d’envisager les deux points de vue principaux (le pour et le contre) mais aussi des avis secondaires (celui d’une mère, celui d’un ami…). Somme toute, Lou va apprendre beaucoup sur elle-même au contact de Will, bien plus qu’elle n’aurait pu l’imaginer. Une histoire bouleversante, qui nous prend dès la première page et ne nous lâche qu’à la dernière, nous laissant dans une méditation sur les enseignements de leurs choix.

Nerve, quand le jeu vire au cauchemar

Nerve, afficheUn film d’Ariel Schulman et Henry Joost
Date de sortie : 24 août 2016
Avec Emma Roberts, Dave Franco, Emily Meade
Durée :1h37

Synopsis :

En participant à Nerve, un jeu qui diffuse en direct sur Internet des défis filmés, Vee et Ian décident de s’associer pour relever des challenges de plus en plus risqués et gagner toujours plus d’argent. Mais bientôt les deux « Joueurs » s’aperçoivent que leurs moindres mouvements sont manipulés par une communauté anonyme de « Voyeurs ». Le jeu vire au cauchemar. Impossible d’arrêter…

Notre avis sur le film :

Le scénario mise sur les travers des jeux en ligne voire des communautés de joueurs qui se déconnectent progressivement de la réalité, mais également sur le pillage possible de toutes nos données personnelles sur Internet, notamment via les réseaux sociaux. Au départ réfractaire à ce type d’activités, Vee va se laisser entraîner par un besoin d’argent pour réaliser ses rêves. Et puis elle va rencontrer le beau Ian et avec lui, ses peurs vont s’envoler. Jusqu’au moment où le jeu va aller trop loin, pour satisfaire les désirs de la communauté de voyeurs. Ce film est également la critique d’un effet pervers de la dépersonnalisation liée à Internet : chacun croit son identité protégée derrière un cryptage infaillible, se sent fort et inatteignable. Ce phénomène est très souvent mis en exergue par Facebook et autres réseaux, chacun croyant pouvoir publier tout et n’importe quoi à partir du moment où le post est privé. Mais c’est l’expression même qui est condamnable, pas l’endroit ou le caractère de confidentialité que celui-ci revêt. Dans un monde connecté, tout se découvre et au final, tout se sait. Un simple like sur un bouquin peut mener à l’engrenage, Vee en fait l’amère expérience. Nerve est donc un thriller efficace, bourré d’adrénaline et qui a le mérite de nous faire – un peu – réfléchir. De quoi passer un bon moment !

Instinct de survie, la femme contre l’animal…

Instinct de survieUn film de Jaume Collet-Serra
Date de sortie : 17 août 2016
Avec Blake Lively, Angelo Lozano Corzo, Jose Manuel Trujillo Salas
Durée :1h27

Synopsis :

Nancy surfe en solitaire sur une plage isolée lorsqu’elle est attaquée par un grand requin blanc. Elle se réfugie sur un rocher, hors de portée du squale. Elle a moins de 200 mètres à parcourir à la nage pour être sauvée, mais regagner la terre ferme sera le plus mortel des combats…

Notre avis sur le film :

Attention frissons ! Le pitch est très simple : une jolie surfeuse, un requin qui l’attaque et la traque, la survie sur un rocher… à seulement 200 mètres de la plage. Mais face au Grand Blanc, nul espoir pour Nancy, formidablement interprétée par Blake Lively, de l’atteindre. Simple donc, mais la réalisation de Jaume Collet-Serra est bigrement efficace, sans temps mort et malgré de nécessaires redondances, il parvient à éviter l’ennui au spectateur. On excusera donc certaines incohérences (la déshydratation, le requin qui ne traque jamais une proie mais attaque par opportunité, etc…) pour entrer dans un survival assez réussi et visuellement très beau. On notera ainsi le contraste de couleurs entre la plage chaude et ensoleillé du début du film et la mer sombre et dangereuse où rode le prédateur. La fin est très rapide, un peu bâclée peut-être mais l’ensemble est vraiment une bonne surprise où la star de Gossip Girl s’en sort plus que bien dans ce nouveau registre. Un film à voir donc pour les amateurs de sensations fortes.

10 Cloverfield Lane, huis-clos post-apocalyptique… ou pas ?

10 cloverfield laneUn film de Dan Trachtenberg
Date de sortie : 16 mars 2016
Avec Mary Elizabeth Winstead, John Goodman, John Gallagher Jr.
Durée :1h43

Synopsis :

Une jeune femme se réveille dans une cave après un accident de voiture. Ne sachant pas comment elle a atterri dans cet endroit, elle pense tout d’abord avoir été kidnappée. Son gardien tente de la rassurer en lui disant qu’il lui a sauvé la vie après une attaque chimique d’envergure. En l’absence de certitude, elle décide de s’échapper…

Notre avis sur le film :

Michelle se réveille légèrement blessée sur un matelas dans un bunker, attachée à un tuyau. Elle se souvient de son accident de voiture et pense avoir été enlevée. Mais son gardien lui révèle alors qu’il l’a sauvée d’une attaque massive : il ne resterait plus aucun survivant à la surface. Michelle doute, et face au caractère paranoïaque de celui qui prétend l’avoir sauvée, elle va chercher à s’échapper. John Goodman est absolument magistral dans son rôle de maître des lieux angoissant et parano. Tout l’intérêt du film réside donc dans ce huis-clos sous tension entre les trois protagonistes, Michelle, Howard, le propriétaire du bunker, et Emmett, qui a réussi à forcer l’entrée juste avant que Howard ne scelle la porte. Chacun semble avoir ses secrets, une histoire cachée, et on n’arrive pas vraiment à savoir si on doit avoir de la sympathie pour l’un ou l’autre des personnages. Seule Michelle fait un peu exception, même si l’on pourrait – peut-être – lui reprocher d’être bien peu reconnaissante d’avoir été sauvée d’une mort atroce. Et lorsque l’inertie guette, lorsque la tension n’est plus maîtrisable, Dan Trachtenberg nous livre une scène d’action débouchant sur un final grandiose et inattendu. Un long-métrage angoissant, parfaitement maîtrisé et sans temps mort, où le danger est partout, surtout là où ne l’attend pas.