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L’ombre du mal, un serial-killer dans l’ombre de Poe

L'ombre du mal - afficheUn film de James McTeigue
Date de sortie : 20 juin 2012
Avec John Cusack, Luke Evans, Alice Eve
Durée : 1h51

Synopsis :

Edgar Allan Poe n’aurait jamais imaginé qu’un de ses « admirateurs » serait assez fou pour recréer les horribles crimes nés de ses délires littéraires ; assez pervers pour l’obliger à devenir son biographe et à narrer par le menu ses sanglants exploits, mis en scène avec une précision diabolique ; assez cruel pour lui enlever la femme de sa vie et l’ensevelir en lui laissant tout juste quelques heures pour la sauver… Pour un écrivain, rien n’est plus troublant que de voir ses fictions prises au pied de la lettre, et ses personnages de fiction s’incarner dans le monde réel. Mais pour l’auteur des « Histoires extraordinaires », l’enjeu est de retrouver au plus vite son « double » démoniaque pour éviter de sombrer lui-même dans une folie sans retour…

Notre avis sur le film :

Un film intéressant certes, mais d’une intensité inégale. Lorsque le détective Fields découvre que le meurtre horrible d’une mère et à sa fille ressemble point pour point à une histoire du journal local, il fait appel à l’écrivain, le déjà célèbre Edgar Allan Poe. Ce dernier est d’abord suspecté puis innocenté lorsqu’un second meurtre tout aussi sordide survient. Le détective demande donc à Poe de l’aider dans ses recherches pour démasquer le serial killer qui s’inspire de ses histoires. Au moment où la promise de l’écrivain est enlevée, Poe comprend alors qu’il n’a d’autre choix que de mettre à profit ses talents pour la sauver. On découvre un John Cusack campant un Edgar Poe tourmenté, parfois violent et très porté sur la bouteille. Malgré tout, on n’arrive pas à le sentir complètement investi dans ce rôle qu’il surjoue parfois tant les tirades – en partie extraites des écrits de Poe – paraissent lues et non vécues. En somme, il se dégage une sorte de distance même dans certains moments critiques. Néanmoins, le film reste un bon thriller, prenant et intriguant. Côté réalisation, là encore, après un démarrage poussif, l’intensité ne monte pas crescendo jusqu’au dénouement mais plutôt sous forme linéaire d’étapes – meurtres, indices… – et on se demande bien quand Poe va finir par démasquer le tueur. Cette construction ajoute donc quelques longueurs inutiles et n’explique pas pour autant des revirements d’attitudes de la part de certains protagonistes, limitant ainsi leur crédibilité. Quelques scènes enfin, sont à déconseiller aux plus jeunes tant la violence des meurtres est montrée sans fard, fidèle à l’écriture de Poe. Divertissant tout de même !

Dans les forêts de Sibérie, seul face à la nature…

Dans les forêts de SibérieUn film de Safy Nebbou
Date de sortie : 15 juin 2016
Avec Raphaël Personnaz, Evgueni Sidikhine
Durée : 1h45

Synopsis :

Pour assouvir un besoin de liberté, Teddy décide de partir loin du bruit du monde, et s’installe seul dans une cabane, sur les rives gelées du lac Baïkal. Une nuit, perdu dans le blizzard, il est secouru par Aleksei, un Russe en cavale qui vit caché dans la forêt sibérienne depuis des années. Entre ces deux hommes que tout oppose, l’amitié va naître aussi soudaine qu’essentielle.

Notre avis sur le film :

Librement adaptée du livre de Sylvain Tesson, le film de Safy Nebbou réussit le tour de force de faire entrer la Nature comme personnage à part entière : c’est elle qui fournit les principales péripéties, les rebondissements, c’est elle encore qui impose le rythme et dicte les émotions des hommes. C’est elle enfin qui a le dernier mot. Les vastes étendues gelées du lac Baïkal s’offrent à nos yeux émerveillés par tant de beautés et je savais, instinctivement, que ce film ne pourrait me décevoir. On retrouve un peu de Nicolas Vannier dans l’exaltation et le besoin de solitude qu’a Teddy en choisissant de s’isoler dans ce coin reculé, coupé du monde et du confort d’aujourd’hui (électricité, eau courante, chauffage…). Les conditions sont rudes mais il réussit à faire une véritable introspection sans se plaindre de son choix radical. Malgré l’esthétique des plans, on sent que le danger voire la mort rodent dans cet environnement hostile. Une erreur, un oubli, une distraction, et tout peut basculer. La Providence mettra Aleksei sur la route de Teddy et fera naître entre eux un lien indéfectible d’amitié et de respect. Une belle histoire, porté par un Raphaël Personnaz qui manque parfois un peu de conviction mais surtout par une Nature étincelante, des paysages de glace en perpétuel mouvement, en constant grondement. Au-delà de l’histoire, ce film est un véritable voyage aux confins de la Russie, là où la solitude et le froid se confrontent à l’accueil chaleureux du peuple russe. Et ce voyage vaut vraiment le coup !

Radin! Quand on aime, on ne compte pas, sauf…

Radin!Un film de Fred Cavayé
Date de sortie : 28 septembre 2016
Avec Dany Boon, Laurence Arné, Noémie Schmidt
Durée : 1h30

Synopsis :

François Gautier est radin ! Économiser le met en joie, payer lui provoque des suées. Sa vie est réglée dans l’unique but de ne jamais rien dépenser. Une vie qui va basculer en une seule journée : il tombe amoureux et découvre qu’il a une fille dont il ignorait l’existence. Obligé de mentir afin de cacher son terrible défaut, ce sera pour François le début des problèmes. Car mentir peut parfois coûter cher. Très cher…

Notre avis sur le film :

Nouvelle comédie avec un Dany Boon radin à l’extrême, où chaque centime compte, où son confident est son banquier, où tout est prétexte à économiser. Les situations comiques s’enchaînent et malgré tout, laissent un sentiment étrange tant on commence à voir le malaise sous-jacent de François Gautier, violoniste de son état, et sa coupure du monde et des autres nécessitée par cette volonté de ne rien dépenser. Alors, lorsque la nouvelle violoncelliste lui fait de douces avances et que sa fille de 17 ans dont il ne soupçonnait pas l’existence fait irruption dans sa vie, François redoute que ce ne soit là de véritables motifs de dépenses superflues. Il commence malgré lui à s’attacher à l’une et à l’autre mais n’arrive pas à combattre ses démons, quitte à laisser dire un mensonge énorme qui le fait voir comme quelqu’un d’économe mais très généreux avec les pauvres, à l’inverse de ce qu’il est vraiment. Dany Boon paraît un peu engoncé dans son rôle, surjouant parfois, à l’inverse de Laurence Arné et Noémie Schmidt qui parviennent vraiment à tirer cette comédie (parfois dramatique) vers le haut. La résolution est originale car finalement François Gautier devra essayer de donner quelque chose qui ne se compte pas et que tout le monde lui réclame, de l’attention et de l’amour. Une gentille comédie, parfois un peu poussive, mais armée de bons sentiments et d’un rythme sans temps mort. A voir !

Quand Dieu était un lapin, un roman de Sarah Winman

Quand Dieu était un lapin

Un livre de Sarah Winman
Édition : J’ai Lu
ISBN : 978-2290092958
Note personnelle : 12 / 20

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Synopsis :

Elly, fillette généreuse à l’imagination débordante, grandit dans l’Essex, au Royaume-Uni, dans les années 1980. Entourée d’une famille aimante et d’une meilleure amie qui n’a pas la langue dans sa poche, elle découvre les affres de l’adolescence. Drames, amours, déceptions, lâcheté, Elly peine parfois à affronter la vie adulte. Mais c’est sans compter sur un talent incroyable et une arme exceptionnelle : un lapin nommé Dieu, tout simplement.

Notre avis sur le roman :

 » Un monde étrange, qui dès la fin de la matinée avait provoqué de cruels murmures, et pourtant un monde qui m’intriguait, écrasant mon sens de la normalité avec la finalité d’un coup de grâce. Je l’ai regardée déployer un bonnet de pluie en plastique transparent autour de la masse de boucles frisées qui encadrait son visage. Je croyais qu’elle attendait la fin de l’averse, alors qu’en fait c’était moi qu’elle attendait. « 
Une lecture très étrange assurément et un avis pour le moins mitigé, voire controversé. Dans la première partie du livre, on découvre Elly, une petite fille presque comme les autres, espiègle, enjouée, entourée d’une famille et d’amis plus ou moins loufoques, qui va progressivement cheminer vers l’adolescence puis vers la vie d’adulte. Tout au long de ces années, elle va se chercher et chercher l’amour chez les autres : l’amour de ses parents, de son frère, de ses amis, de ses amants, de personnages (parfois des inconnus) qu’elle côtoie au quotidien, de son lapin enfin, nommé Dieu pour une raison enfantine d’indiscipline à la foi. C’est une véritable tranche de vie qui nous est contée par Sarah Winman, avec force de détails sur la psychologie des personnages et leur perception des autres et du monde. Néanmoins, j’ai trouvé les traits parfois un peu forcés, les événements arrivant comme un cheveu sur la soupe, presque trop exceptionnels pour être vrais. Et ce, surtout dans la seconde partie du livre où Elly est devenue plus adulte, avec des pensées certes plus complexes, mais normalement plus de sagesse pour les appréhender. Certaines longueurs alternent avec de menus rebondissements qui arrivent trop vite, sans qu’on puisse prendre conscience de leur importance, de leur gravité. Un roman néanmoins intéressant sur un registre de langage assez enlevé mais dont le fil du scénario est parfois difficile à suivre.

Souvenirs de Marnie, ma vie n’est pas celle que j’avais imaginée

Souvenirs de MarnieUn film de Hiromasa Yonebayashi
Date de sortie : 2015
Avec Kasumi Arimura, Sara Takatsuki, Nanako Matsushima
Durée : 1h44

Synopsis :

Anna, jeune fille solitaire, vit en ville avec ses parents adoptifs. Un été, elle est envoyée dans un petit village au nord d’Hokkaïdo. Dans une vieille demeure inhabitée, au cœur des marais, elle va se lier d’amitié avec l’étrange Marnie…

Notre avis sur le film :

Anna est une jeune fille renfermée sur elle-même et ses parents adoptifs ressentent son mal-être, sa difficulté à se faire des amis, son besoin de rester à l’écart. En outre, la vie citadine qu’elle doit mener n’est pas compatible avec son asthme ; elle va donc être envoyée à la campagne, au nord d’Hokkaïdo, chez un couple simple et charmant, toujours de bonne humeur. Là-bas, elle va faire la connaissance de Marnie, qui semble habiter la maison au bout du marais… Je dis semble car on n’arrive pas à savoir si Marnie existe réellement : par moments, elle est si réelle de par les aventures qu’elle vit avec Anna et à d’autres, sa maison se révèle abandonnée, sans vie, sans histoires. Anna pourrait-elle l’avoir inventée ? Le scénario est très subtile et l’on échafaude des plans pour tenter de comprendre qui est réellement Marnie, cette belle et énigmatique jeune fille blonde. On en profite néanmoins pour constater combien son amitié fait du bien à la farouche Anna : pour la première fois, une personne compte vraiment pour elle et la retrouver remplit son cœur de bonheur. Et surtout, on suit l’histoire d’Anna qui nous est dépeinte dans un décor somptueux, où chaque détail a sa place et ne touche jamais au superflu, d’une tomate cueillie dans le potager à un mystérieux journal auquel il manque des pages… Les couleurs et la qualité de l’animation donnent à ce film cette teinte si particulière, entre nostalgie, amitié et quête de sens, où tout s’imbrique merveilleusement bien jusqu’au dénouement, il faut le dire, inattendu, mais tellement plein de réalisme. Tout en introspection, ce film provoque en nous des réminiscences de notre enfance, ces moments que l’on aurait aimé vivre et ceux que l’on a vécus et qu’on a trouvé trop courts. Marnie est une ode à la vie, aux souvenirs et à la présence d’une réalité quotidienne dans laquelle il faut évoluer sans crainte. Savoir d’où l’on vient pour comprendre où l’on va. L’animation japonaise nous gratifie une fois encore d’un film magnifique, poussant à la réflexion, peut-être davantage destiné aux ados et aux adultes qu’aux enfants, mais toujours doté d’une justesse et d’une beauté étonnantes.

L’amour, le Japon, les sushis et moi, un roman de N.M. Zimmermann

L'amour, le Japon, les sushis et moi

Un livre de N.M. Zimmermann
Édition : Albin Michel
ISBN : 978-2226329387
Note personnelle : 17,5 / 20

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Synopsis :

Lucrèce déménage au Japon : sa mère a obtenu le poste de ses rêves là-bas, et il ne reste plus qu’à prendre l’avion, petit frère bizarre et chien paillasson sous le bras ! Lucrèce n’y voit pas d’inconvénient : après tout, quand on a 15 ans et qu’on est hyperconnecté, aller vivre à l’autre bout du monde n’a rien d’effrayant, pas vrai ? Mais entre le choc culturel et les difficultés d’adaptation, l’acclimatation n’est pas aussi facile que prévue. Tandis que sa mère s’enthousiasme pour tout et que son petit frère joue le bourreau des c urs à la garderie, Lucrèce peine à trouver sa place. Elle ne parvient pas à se faire des amis et le club des amateurs de sushis auquel elle s’est inscrite ne tient pas vraiment ses promesses. Mais lorsqu’elle découvre, dans le local poubelle de son immeuble, un sac rempli de partitions de grande valeur, c’est le début pour Lucrèce d’une enquête qui pourrait bien se terminer par une histoire d’amour…

Notre avis sur le roman :

 » L’amitié, c’est fragile. Il faut que tu te prépares à ce que la colle ne tienne pas, ou à ce que l’amitié qu’ils renouent soit différente de celle qu’ils avaient avant. Et aussi que tu penses à ce que ton besoin de fourrer ton nez dans leur histoire signifie. « 
Lorsque sa mère lui annonce qu’il va falloir déménager au Japon très bientôt, Lucrèce est plutôt contente. Elle baigne depuis toute petite dans la culture japonais et parle plutôt bien la langue. Mais ses débuts à Nagoya sont plus difficiles qu’elle n’aurait pu l’imaginer. De nombreuses coutumes sont à appréhender et l’attitude des Japonais à son égard oscille entre curiosité, bienveillance et dédain. Après avoir intégré le lycée, elle doit choisir un club comme chaque lycéen : elle opte finalement pour le Club des amateurs de sushis, un club fantôme qui n’a d’amateur que le nom. Mais le caractère déterminé de Lucrère – qui lui joue parfois des tours – va l’amener à dépasser ses propres appréhensions et à se mêler d’affaires qui ne la concernent pas. C’est définitivement un bon moment passé en compagnie de cette jeune fille, de son frère tempétueux et de sa mère, originale, curieuse de tout et toujours tournée vers autrui et l’apprentissage. Le récit est conté sous un format « tranche de vie » et rempli de situations à la fois simples et prévisibles, mais toujours avec une bonne dose d’humour. Une suite pourrait presque être envisagée. La couverture et le titre du roman l’oriente vers un univers très girly mais il y a plein d’autres choses à prendre dans ce livre, bourré de coutumes et d’habitudes de vie japonaise. La love story est finalement assez discrète et ne prend pas toute l’ampleur du récit. En résumé, un livre drôle et intéressant, une écriture facile et fluide pour un voyage au pays du Soleil Levant.

Harry Potter et l’Enfant Maudit, de J.K Rowling : la huitième histoire

Harry Potter et l'enfant maudit

Un livre de J.K Rowling
Édition : Gallimard Jeunesse
ISBN : 978-2075074209
Note personnelle : 15,5 / 20

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Synopsis :

Être Harry Potter n’a jamais été facile et ne l’est pas davantage depuis qu’il est un employé surmené du Ministère de la Magie, marié et père de trois enfants. Tandis que Harry se débat avec un passé qui refuse de le laisser en paix, son plus jeune fils, Albus, doit lutter avec le poids d’un héritage familial dont il n’a jamais voulu. Le destin vient fusionner passé et présent. Père et fils se retrouvent face à une dure vérité : parfois, les ténèbres surviennent des endroits les plus inattendus.

Notre avis sur le roman :

 » Harry, resté seul, range ses affaires dans son sac. Il sort à son tour du bureau et s’avance le long d’un couloir. On dirait qu’il porte le poids du monde sur sur ses épaules. »
Même si le septième tome avait laissé une impression pareille à un ami que l’on quitte après de grandes aventures, il signifiait la fin d’une histoire, d’une époque presque. Ce nouvel opus mettant en scène, entre autres, le fils du célèbre sorcier, laisse une impression étrange. Il se pose comme une suite puisqu’on retrouve les protagonistes là où les a laissés, sur la fameuse voie 9 3/4. Mais le passage du format roman au format pièce de théâtre fait perdre sa magie à cette histoire. Peut-être ne pas la relier au dernier tome pour montrer la rupture aurait facilité le passage de la saga romanesque à cette nouvelle histoire. D’abord éditée pour les fans, cette pièce de théâtre au succès phénoménal à Londres, risque en fait de les décevoir. On retrouve certes tous les personnages que l’on adore mais le scénario est beaucoup trop simpliste. Comment – attention spoilers – deux ados pourraient-ils changer le monde pour lequel de nombreux sorciers se sont battus et sont morts dans une bataille épique avec un simple retourneur de temps ? C’est un peu comme si on laissait trainer les codes de l’arme nucléaire sur la table de la cuisine… Le format pièce de théâtre change également radicalement la perception de l’environnement de l’histoire : il ne nous est plus raconté (les didascalies sont peu nombreuses), laissant d’un côté libre cours à notre imagination, mais de l’autre une impression de pauvreté dans les sentiments des personnages. Les conflits, les amitiés, les amours ne parviennent plus à nous tenir en haleine. La résolution est elle aussi un peu étrange et contraire à ce qu’on imaginait du plus grand mage noir de tous les temps qui aurait finalement succombé à une tentation très humaine. Toutefois, on retrouve quand même avec plaisir la plume de J.K. Rowling, un monde qui aura bercé notre enfance et notre adolescence. Finalement, un livre dont on n’avait pas besoin mais qui fait tout de même bien plaisir !

Love’s unending legacy, l’amour plus fort que la loi

Love's unending legacyUn téléfilm de Mark Griffiths
Date de sortie : 2007
Avec Erin Cottrell, Victor Browne, Holliston Coleman
Durée : 1h26

Synopsis :

Après avoir perdu son mari, alors shérif de la ville, Missie LaHaye se rapproche de sa famille et trouve avec son fils Mattie le réconfort d’une jolie petite maison proche de celle de ses parents et un poste d’institutrice. Un jour, sur la route de l’école, elle s’arrête à l’église où des enfants de l’orphelinat voisin sont adoptés par des familles pouvant leur apporter un toit, un repas et une éducation. Mais plutôt qu’un enfant à choyer, M. et Mme Pettises sont venus pour trouver un travailleur qu’ils n’auraient pas besoin de payer. Il reste alors deux enfants : Belinda, 14 ans et Jacob, 9 ans. Belinda ne voulant pas se laisser faire, les Pettises prennent Jacob avec eux. Belinda est alors adoptée in extremis par l’institutrice, cette dernière ne sachant pas que Belinda est en réalité la sœur de Jacob.

Notre avis sur le film :

Film de la Hallmark Channel basé sur le livre de Janette Oke, Love’s unending legacy dépeint l’Amérique rurale où le travail et l’éducation sont des valeurs convoitées mais pas à la portée de tous. Pour l’éducation, c’est le cas de ces orphelins rassemblés dans cette église, dans laquelle s’arrête – juste pour voir – la jeune veuve Missie LaHaye, l’institutrice du village. Lorsque vient le tour de Belinda et de Jacob et dès lors qu’il ne reste qu’une famille adoptante, chacun sait qu’un enfant devra retourner à l’orphelinat, à moins que Missie ne le prenne sous son aile. Ce sera le cas de la rebelle Belinda, juste désireuse d’avoir temporairement un toit avant de pouvoir retrouver son père à New York. Et, on l’apprendra plus tard, de veiller sur Jacob, son propre frère. Ce dernier, « adopté » par les Pettises qui sont à la recherche d’un travailleur de ferme économique, va être brimé, frappé et affamé jusqu’à ce que la situation arrive aux oreilles de Missie et du ténébreux shérif, Zach Tyler. Mais la loi est du côté des Pettises, leur emprise empêchant le jeune garçon de raconter la vérité… Les paysages, la musique et le jeu des acteurs en font un téléfilm sans surprise mais agréable à regarder. On devine aisément le scénario mais il est intéressant de voir le parti pris de l’enseignement des valeurs – chrétiennes – qui est ici prépondérant, mais également du bien-être et de la stabilité qu’elles entraînent dans la société. Bien sûr, le tableau peut paraître un peu idyllique, mais même si cela n’empêche pas la bêtise, la méchanceté voire la cruauté, ce bien-être et cet amour entre les gens permettent d’apaiser les tourments et d’avancer dans la vie, quand bien même celle-ci se serait montrée dure envers vous. Bref, une touche d’espoir juste avant les fêtes de Noël, on n’en a jamais assez, comme des sourires et des bons sentiments qui nous permettent de nous évader, une heure et demie durant, dans les beaux paysages vallonnés de l’Amérique rurale.

Les animaux fantastiques, le monde merveilleux de J.K. Rowling

Les animaux fantastiquesUn film de David Yates
Date de sortie : 16 novembre 2016
Avec Eddie Redmayne, Katherine Waterston, Dan Fogler
Durée : 2h13

Synopsis :

New York, 1926. Le monde des sorciers est en grand danger. Une force mystérieuse sème le chaos dans les rues de la ville. Ignorant tout du conflit qui couve, Norbert Dragonneau débarque à New York au terme d’un périple à travers le monde : il a répertorié un bestiaire extraordinaire de créatures fantastiques dont certaines sont dissimulées dans les recoins magiques de sa sacoche en cuir – en apparence – banale. Mais quand Jacob Kowalski, Non-Maj’ (ou Moldu) qui ne se doute de rien, libère accidentellement quelques créatures dans les rues de la ville, la catastrophe est imminente.

Notre avis sur le film :

Le pari était osé mais qui mieux que J.K. Rowling pouvait nous replonger dans l’univers magique du célèbre Harry Potter ? Pourtant, l’action se déroule bien avant la naissance de ce dernier, aux États-Unis, où les Moldus sont appelés Non-Maj’ et où une guerre couve entre les deux mondes. Peu au fait de cela, Norbert Dragonneau, de retour d’un voyage à travers le monde, débarque à New York la valise remplie d’un fabuleux bestiaire d’animaux fantastiques, parfois attachants, parfois espiègles, souvent dangereux, mais toujours d’une incroyable originalité. La 3D est très réussie et renforce l’impression magique, notamment quand Norbert montre à Jacob, Non-Maj’ accidentellement rencontré par un fortuit échange de valises, les différentes créatures qu’il a pu ramener de ses voyages. Eddy Redmayne – oscarisé pour son rôle dans Une Merveilleuse Histoire Du Temps – campe donc un Norbert Dragonneau très attachant, timide et souvent dans la lune. Il donne la réplique à un Dan Fogler décontenancé mais prêt pour l’aventure, drôle et charmeur, passionné par l’histoire dans laquelle il a été emmené malgré lui. Les fans des aventures de Harry Potter trouveront de nombreux clins d’œil à des personnages, à des symboles, à des mystères… parfois inutiles mais qui permettent d’intégrer ce premier film (d’une série de cinq – pour l’instant) comme un véritable préquel à celui de la saga au succès planétaire. J.K. Rowling a même laissé entendre que les deux sagas pourraient se rejoindre. En tout cas, nous attendons avec impatience 2018 pour la suite de ce premier opus très réussi, nous envoyant dans un monde magique crédible, d’une imagination débridée, avec un scénario peu prévisible (à quelques exceptions près) et donc rempli de rebondissements étonnants. À découvrir !

Stranger Things, back to 80’s

Stranger thingsUne série créée par Matt Duffer, Ross Duffer
Date de diffusion : 2016
Avec Noah Schnapp, Dacre Montgomery, Sadie Sink
Durée : 8 épisodes de 45 minutes

Synopsis :

A Hawkins, en 1983 dans l’Indiana. Lorsque Will Byers disparaît de son domicile, ses amis se lancent dans une recherche semée d’embûches pour le retrouver. Dans leur quête de réponses, les garçons rencontrent une étrange jeune fille en fuite. Les garçons se lient d’amitié avec la demoiselle tatouée du chiffre « 11 » sur son poignet et au crâne rasé et découvrent petit à petit les détails sur son inquiétante situation. Elle est peut-être la clé de tous les mystères qui se cachent dans cette petite ville en apparence tranquille…

Notre avis sur la série :

Stranger Things s’impose d’emblée comme une série originale recréant à la perfection l’atmosphère des années 1980. Il y a un peu de tout dans cette série : des Goonies, du Shining, du E.T., voire même du Super 8 et du The Thing. La B.O. s’associe à un scénario très bien construit, véritable film découpé en 8 épisodes quasiment d’égale intensité, qui mélange habilement les genres : aventure, drame, thriller, romance, horreur… C’est enfin une série qui sait où elle va et qui répond aux questions qu’elle pose, si surnaturelles qu’elles soient. On adhère immédiatement aux personnages : un groupe de garçons sur leur vélo, un peu froussards mais toujours à la recherche d’aventures, les premiers émois d’une ado qui ne sait pas trop où la mèneront ses choix, une mère surprotectrice qui passe rapidement pour la folle de service, les parents soit-disant modèles mais totalement étrangers à la vie de leurs enfants, le chef de la police taciturne et marqué par une indicible douleur… et surtout, Eleven, la jeune fille au crâne rasé qui crève littéralement l’écran par sa prestation d’une intensité magistrale, telle le fut il y a bien des années déjà, une certaine Natalie Portman. Stranger Things ne laisse jamais le spectateur sur sa fin, va véritablement au fond des choses et met en scène les événements sans jamais atténuer le suspense. Les effets spéciaux sont savamment dosés et parfaitement réalisés dans une ambiance toujours sombre et inquiétante. On replonge donc avec tendresse et nostalgie dans cette série qui saura nous faire rire et frissonner de peur l’instant d’après. Espérons qu’une saison 2 aussi réussie viendra nous enchanter en 2017.