Cinéma

Jimmy’s hall, la lutte irlandaise pour s’affranchir du dogme

Jimmy's HallUn film de Ken Loach
Date de sortie : 2 juillet 2014
Avec Barry Ward, Simone Kirby, Andrew Scott
Durée : 1h49

Synopsis :

1932 – Après un exil de 10 ans aux États-Unis, Jimmy Gralton rentre au pays pour aider sa mère à s’occuper de la ferme familiale.
L’Irlande qu’il retrouve, une dizaine d’années après la guerre civile, s’est dotée d’un nouveau gouvernement. Tous les espoirs sont permis…
Suite aux sollicitations des jeunes du Comté de Leitrim, Jimmy, malgré sa réticence à provoquer ses vieux ennemis comme l’Eglise ou les propriétaires terriens, décide de rouvrir le « Hall », un foyer ouvert à tous où l’on se retrouve pour danser, étudier, ou discuter. À nouveau, le succès est immédiat. Mais l’influence grandissante de Jimmy et ses idées progressistes ne sont toujours pas du goût de tout le monde au village. Les tensions refont surface.

Notre avis sur le film :

Ken Loach, huit ans après Le vent se lève et pour sa dernière réalisation, nous propose de replonger dans les heures sombres mais pourtant teintées d’espoir de l’Irlande. Empêtrée dans un dogme religieux maintenu par une toute-puissante Église représentée localement d’une main de fer par le Père Shéridan, cette Irlande des années 30 a une folle envie de liberté. Et celle-ci s’incarne en la personne de Jimmy Gralton, revenu au pays après 10 ans d’exil, pour aider sa mère à la ferme. Ses convictions vont rapidement reprendre le dessus, attisées par le vent de folie de la jeunesse pleine de fougue prompte à s’instruire, à discuter et à danser, loin des bancs de l’église. Mais c’est une véritable guerre de clans qui va se créer, l’une soutenue par l’État et l’Église, l’autre promue par des hommes et des femmes simples et soucieux de se dépêtrer de l’assouvissement du dogme catholique. C’est une véritable « chasse aux sorcières » qui s’ouvre, où les pères battent leurs filles et où le curé dénonce publiquement les partisans du Hall de Jimmy. En arrière-plan, on constate une fracture dans la société où certains se rendent compte qu’ils peuvent s’instruire et rester libres. Jimmy retrouve également Oonagh, son amour d’antan, mais ils comprennent plus que n’acceptent le fait que leur passion d’alors est belle et bien révolue, le temps ayant fait son œuvre. Ken Loach nous livre ainsi un dernier film rythmé par des confrontations physiques ou psychologiques, d’un pays arrivé à un tournant de son histoire, où le charisme de Jimmy aura permis une émancipation durable et la contestation nécessaire de préceptes séculaires dépassés.

The Last Face, l’amour face à la guerre

The Last Face - afficheUn film de Sean Penn
Date de sortie : 11 janvier 2017
Avec Charlize Theron, Javier Bardem, Adèle Exarchopoulos
Durée : 2h11

Synopsis :

Au Libéria, pays d’Afrique ravagé par la guerre, le docteur Miguel Leon, médecin humanitaire, et le docteur Wren Petersen, directrice d’une ONG, tombent passionnément amoureux l’un de l’autre.
S’ils sont tous les deux engagés corps et âme dans leur mission, ils n’en sont pas moins profondément divisés sur les politiques à adopter pour tenter de régler le conflit qui fait rage.
Ils devront surmonter leurs clivages et le chaos qui menace d’emporter le pays tout entier – sous peine de voir leur amour voler en éclats…

Notre avis sur le film :

Dès les premières secondes, on est prévenus : la violence de l’amour sera comparée à celle de la guerre. Et pas n’importe laquelle. Celle du Liberia et de la Sierra Leone où les enfants sont recrutés très jeunes pour combattre ou servir de boucliers humains aux rebelles. Sean Penn ne prend aucune pincette pour nous montrer la sanguinolente violence de cette tragédie. Les médecins soignent comme ils peuvent, parfois en devant choisir qui sauver. En revanche, la violence mentale de la guerre, ce qu’elle détruit de nos valeurs et de nos idéaux, de nos repères et de notre conscience, est juste touchée du doigt, comme si la force d’un amour entre un homme et une femme pouvait la limiter. L’endoctrinement, les violences faites aux femmes, les massacres, les décisions bureaucratiques sont évoqués comme des faits de guerre que doivent gérer nos deux protagonistes Charlize Theron et Javier Bardem qui peinent à donner une consistance au film. Leur amour ne sert en rien la cause du film, et l’inverse est aussi vraie, la guerre ne fait finalement pas paraître leur amour si différent. Le choix de Sean Penn n’est pas assez tranché et – heureusement ? -, les scènes de violence si réalistes captivent avec force morbidité le spectateur. Il n’en reste pas moins un film en demi-teinte où l’on espère davantage une happy end pour l’histoire d’amour que pour les enfants servant de chair à canon, comme si cette issue-là était inéluctable. A trop vouloir en faire, on manque parfois l’essentiel !

Miss Peregrine et les enfants particuliers, fantastique à souhait

Miss Peregrine et les enfants particuliersUn film de Tim Burton
Date de sortie : 5 octobre 2016
Avec Eva Green, Asa Butterfield, Samuel L. Jackson
Durée : 2h03

Synopsis :

À la mort de son grand-père, Jacob découvre les indices et l’existence d’un monde mystérieux qui le mène dans un lieu magique : la Maison de Miss Peregrine pour Enfants Particuliers. Mais le mystère et le danger s’amplifient quand il apprend à connaître les résidents, leurs étranges pouvoirs …  et leurs puissants ennemis. Finalement, Jacob découvre que seule sa propre « particularité » peut sauver ses nouveaux amis.

Notre avis sur le film :

Belle surprise que cette Miss Peregrine campée par une Eva Green impeccable, entourée des décors et mise en scène loufoques de Tim Burton. La photographie fait ressortir la beauté des décors et le jeu sans excès des différents jeunes acteurs les rend attachants. Aucun ne se démarque véritablement du lot mais ensemble, ils forment une troupe à la fois étrange et amusante. Le scénario est bien ficelé, la deuxième partie du film étant davantage dans l’action. Certaines idées ne sont en revanche pas très abouties : la relation père-fils, l’exclusion de « l’anormalité », la quête du pouvoir… Toutes sont touchées du bout des doigts et abandonnées au profit d’une histoire d’amour naissante que l’on ne cache pas puisqu’annoncée par une prophétie. Au final, on reste néanmoins captivé durant les 2 heures, accrochés à l’idée de sauver ces enfants dotés de pouvoirs originaux tout en les maintenant à l’écart de notre monde. Une belle fable dans un monde actuel où l’on exacerbe nos différences tout en ne respectant que la normalité.

Hooten and the Lady, l’aventure n’attend pas

Hooten and the LadyUne série créée par Tony Jordan, James Payne, Jeff Povey, Sarah Phelps
Date de diffusion : 2016
Avec Ophelia LovibondMichael LandesJessica Hynes

Durée : 8 épisodes de 45 minutes

Synopsis :

Hooten, aventurier anticonformiste, fait équipe avec l’historienne intrépide Alex Lindo-Parker pour voyager à travers le globe à la recherche de trésors cachés, du manuscrit de Bouddha à la tombe d’Alexandre le Grand.

Notre avis sur la série :

De l’Amazonie à l’Égypte, Hooten et l’historienne du British Museum Alex Lindo-Parker, Lady de son état, parcourent le monde à la recherche de trésors perdus, à la poursuite de mythes et légendes diverses. Il y a un peu d’Indiana Jones dans le personnage de Hooten : peur de rien, frôlant la mort à chaque seconde, toujours blagueur dans les situations délicates, bref un aventurier complet. Son duo improbable avec une Lady de Sa Majesté, détachée par le British Museum de Londres pour enquêter et rapporter au musée de fabuleuses pièces d’histoire, fonctionne admirablement. Ils font comme s’ils n’avaient pas besoin l’un de l’autre mais inexorablement, ils ne parviennent à résoudre les énigmes qu’ensemble. La vie personnelle des protagonistes empiète peu sur les enquêtes, juste ce qu’il faut pour saupoudrer de légèreté l’ensemble de la série. Chaque épisode est un nouveau voyage et on suit avec délice leurs pérégrinations en quête de trésors cachés, au détour d’un temple secret, au fond d’une grotte millénaire, derrière une porte dérobée. Musique entraînante, humour, action, tous les ingrédients sont réunis pour passer un bon moment et, même si la saison 2 ne verra jamais le jour, cette unique saison se termine sur une note originale faisant office de fin. Prêts pour l’aventure ?

War dogs, un mal nécessaire ?

War DogsUn film de Todd Phillips
Date de sortie : 14 septembre 2016
Avec Miles Teller, Jonah Hill, Ana de Armas
Durée : 1h55

Synopsis :

Deux copains âgés d’une vingtaine d’années vivant à Miami Beach à l’époque de la guerre en Irak, profitent d’un dispositif méconnu du gouvernement fédéral, permettant à de petites entreprises de répondre à des appels d’offres de l’armée américaine. Si leurs débuts sont modestes, ils ne tardent pas à empocher de grosses sommes d’argent et à mener la grande vie. Mais les deux amis sont totalement dépassés par les événements lorsqu’ils décrochent un contrat de 300 millions de dollars destiné à armer les soldats afghans. Car, pour honorer leurs obligations, ils doivent entrer en contact avec des individus très peu recommandables… dont certains font partie du gouvernement américain…

Notre avis sur le film :

Long-métrage inspiré de l’histoire vraie d’Efraim Divelori et David Packouz, War dogs nous entraîne dans le business de l’armement américain et de la guerre. Ayant découvert une faille dans le processus d’appel d’offres de l’armée américaine, les deux compères vont réussir à gagner rapidement beaucoup d’argent. Mais lorsqu’ils parviennent à se positionner sur un appel d’offres à 300 millions de dollars, les enjeux ne sont plus les mêmes. Jonah Hill est véritablement l’acteur qui hisse ce film au rang de divertissement dramatique, tant son talent comique et ses éclats de rire s’opposent au drame de la situation et de la guerre. Miles Teller (David Packouz dans le film) est quant à lui tiraillé entre cette ambition de gains rapides pour gâter sa petite famille et sa morale de ne pas contribuer aux guerres. D’un bout à l’autre, le film est divertissant et même si la fin semble inexorable, leur parcours en quête du rêve américain totalement crédible, certaines scènes carrément jouissives comme la traversée du désert irakien. Un bon moment de cinéma, porté par une réalisation classique mais enlevée.

Mary, une petite fille presque comme les autres

MaryUn film de Marc Webb
Date de sortie : 13 septembre 2017
Avec Chris Evans, Mckenna Grace, Lindsay Duncan
Durée : 1h41

Synopsis :

Après le suicide de sa mère alors qu’elle n’était qu’un bébé, Mary Alder se voit confiée à son oncle, Frank. Dès son 1er jour d’école, sa maîtresse, Bonnie, découvre que l’enfant est un génie, étant capable de résoudre des problèmes de mathématique très complexes et bien trop avancés pour une enfant de 7 ans. Commence alors une bataille juridique pour la garde de l’enfant, menée par sa grand-mère maternelle. Frank, opposé à l’idée que sa nièce soit envoyée dans une école pour génies, se bat pour en conserver la garde.

Notre avis sur le film :

On retrouve ici Captain America (Chris Evans) dans un registre bien différent, celui d’un homme qui a promis à sa sœur de prendre soin de sa fille. Mais lorsque cette dernière commence à montrer des capacités impressionnantes pour une enfant de son âge, notamment en mathématiques, le dilemme intervient. Doit-il laisser Mary poursuivre sa scolarité dans une école classique et avoir une enfance normale ou doit-il lui permettre de développer très jeune ses extraordinaires capacités en l’envoyant dans une école pour surdoués ? La grand-mère maternelle, n’ayant jamais admis que le suicide de sa fille pouvait être de près ou de loin lié aux mathématiques, penche pour la seconde option et essaye d’obtenir la garde de Mary. L’originalité du scénario repose sur cette complicité père-fille alors même qu’ils ne le sont pas. Taciturne, Frank ne montre pas volontiers ses émotions même s’il sait avoir raison quant à l’avenir de la jeune fille. Cette dernière incarne parfaitement la dualité de son existence, entre la volonté d’être une petite fille comme les autres mais pas vraiment sociable, et cette envie insatiable de résoudre des problèmes plus compliqués les uns que les autres. Chacun devra trouver son équilibre mais quand la justice vient mettre son nez dans les affaires de familles, c’est rarement pour les simplifier. Un film attachant, avec un potentiel pas totalement exploité mais un scénario bien ficelé, un jeu juste pour une morale somme toute assez prosaïque.

Raid dingue, la motivation ne fait pas tout

Raid dingue, un film de Dany BoonUn film de Dany Boon
Date de sortie : 1 février 2017
Avec Alice Pol, Dany Boon, Michel Blanc
Durée : 1h50

Synopsis :

Johanna Pasquali est une fliquette pas comme les autres. Distraite, rêveuse et maladroite, elle est sympathique mais totalement nulle. Dotée pourtant de réelles compétences, sa maladresse fait d’elle une menace pour les criminels, le grand public et ses collègues. Elle s’entraîne pourtant sans relâche pendant son temps libre pour réaliser son rêve : être la première femme à intégrer le groupe d’élite du RAID.
Acceptée au centre de formation du RAID pour des raisons obscures et politiques, elle se retrouve alors dans les pattes de l’agent Eugène Froissard (dit Poissard), le plus misogyne des agents du RAID. Ce duo improbable se voit chargé d’arrêter le redoutable Gang des Léopards, responsable de gros braquages dans les rues de la capitale.

Notre avis sur le film :

Comme dans Supercondriaque, l’un de ses précédents films, Dany Boon, toujours aussi amusant, trouve en Alice Pol un alter-ego dont le talent comique s’affirme de plus en plus et rappelle l’énergie et la drôlerie de Valérie Lemercier. Complètement obsédée par sa réussite dans le métier de policier, Johanna Pasquali se donne à fond sur son temps libre pour s’entraîner et être au top afin d’intégrer, un jour, la prestigieuse équipe du RAID. Son père, ministre de la Défense, n’est pas totalement étranger à cette intégration surprise au RAID et Johanna se retrouve dans un monde d’hommes qui ne lui fait pas peur mais où elle est bien décidée à faire ses preuves, quitte à en faire plus que les autres. Sa maladresse et les quiproquos engendrés ne sont pas sans rappeler l’attachant Coluche dans l’Inspecteur la Bavure. En quelques années, Alice Pol s’impose de plus en plus comme un choix évident dans les premiers rôles, faisant même passer au second plan le jeu toujours désopilant de Dany Boon (enfin on aime ou on n’aime pas). Une comédie bien sympathique qui aborde avec légèreté mais force critique la misogynie ambiante, les magouilles politiques, la réussite par la volonté, les préjugés de l’aristocratie, la reconnaissance au mérite. Un bon moment assurément !

Le cœur en braille, un film à voir avec le cœur

Le cœur en brailleUn film de Michel Boujenah
Date de sortie : 28 décembre 2016
Avec Alix Vaillot, Jean-Stan du Pac, Charles Berling
Durée : 1h25

Synopsis :

Marie est une adolescente passionnée de violoncelle et très douée à l’école. Victor est un garçon sympathique, dynamique, mais qui connaît quelques difficultés scolaires. Ignorant que Marie est en train de perdre la vue, Victor tombe amoureux d’elle. Et petit à petit, à sa grande surprise, Marie se met à l’aider… Lorsque Marie lui révèle son secret, un pacte est conclu entre les deux adolescents : Victor l’aide à cacher son état afin qu’elle puisse passer le concours d’entrée au conservatoire. Une amitié indéfectible va naître de ce duo improbable, prêt à tout pour faire front face au reste du monde.

Notre avis sur le film :

Des ados, un handicap, des bons sentiments ? Une impression de déjà-vu ? En effet, et pourtant ! La performance des jeunes acteurs et leur sincérité nous touchent et nous embarquent dans cette histoire à la fois légère et triste puisqu’on comprend vite qu’inexorablement la jeune Marie va perdre la vue. Ils vont s’entraider coûte que coûte et tirer parti de cette situation qu’ils ont fini par accepter. La relation père-fils est aussi abordée avec justesse, quand l’adulte ment à l’enfant car il n’arrive pas lui-même à accepter la dure réalité. Ce film n’est donc pas une révolution du genre mais il aborde avec sensibilité les prémices de l’adolescence, les premiers émois, les premières peines aussi, tout ce qui formera l’adulte que nous serons plus tard. Car c’est parfois de l’obscurité que surgit la lumière… et avec elle, le bonheur !

Time Lapse, et si vous parveniez à photographier l’avenir ?

Time LapseUn film de Bradley King (II)
Date de sortie : 13 juillet 2016
Avec Danielle Panabaker, Matt O’Leary, Sharon Maughan
Durée : 1h44

Synopsis :

Finn, Callie et Jasper, trois jeunes colocataires, découvrent le cadavre de leur voisin scientifique. En inspectant sa maison, ils tombent sur une mystérieuse machine qui semble chaque jour photographier leur propre salon 24h à l’avance. Excités par l’idée de pouvoir visualiser leur avenir, ils décident de tirer profit de cette découverte et de l’utiliser à des fins personnelles. Mais, leur soudaine réussite finit par éveiller les soupçons et le trio se retrouve très vite plongé dans une spirale infernale. Parviendront-ils à en sortir indemnes ?

Notre avis sur le film :

Encore un film qui exploite le scénario du voyage dans le temps, ou tout au moins qui permet de connaître son avenir proche. C’est comme ça que trois jeunes gens tombent sur cet énorme appareil photo capable de prendre des photos de leur salon montrant ce qu’il s’y passera dans 24h. Mais dès lors qu’ils ont vu le potentiel de cette machine, ils vont l’utiliser à des fins personnelles, essentiellement pour s’enrichir, sans se douter des jalousies qui vont aller de paire avec cette chance soudaine. Les personnages secondaires sont à l’image des personnages principaux, un peu fades et engoncés dans leurs rôles respectifs. On comprend très vite que, jour après jour, photo après photo, l’appât du gain et l’envie de connaître l’avenir seront les plus forts et finiront par tout détruire. C’est le genre d’histoire qui ne peut pas se terminer en happy end. Pourtant, et malgré une construction linéaire un peu étrange pour un voyage dans le temps, on se prend au jeu et on veut savoir comment ça va mal finir. Sans être haletant, le suspense se maintient jusqu’au bout et sa fin dotée d’une pirouette assez originale. La manipulation du temps n’est jamais sans conséquence.

La Belle et la Bête, et la magie renaît…

La Belle et la Bête - afficheUn film de Bill Condon
Date de sortie : 22 mars 2017
Avec Emma Watson, Dan Stevens, Luke Evans
Durée : 2h09

Synopsis :

Fin du XVIIIe siècle, dans un petit village français. Belle, jeune fille rêveuse et passionnée de littérature, vit avec son père, un vieil inventeur farfelu. S’étant perdu une nuit dans la fôret, ce dernier se réfugie au château de la Bête, qui le jette au cachot. Ne pouvant supporter de voir son père emprisonné, Belle accepte alors de prendre sa place, ignorant que sous le masque du monstre se cache un Prince Charmant tremblant d’amour pour elle, mais victime d’une terrible malédiction.

Notre avis sur le film :

Il en faut du génie pour réussir à passionner et émouvoir sur cette histoire que l’on connaît par cœur et que la version animée de 1991 avait transcendé. De plus, la version de Christophe Gans en 2014 nous avait franchement échaudé de transposer en film cette merveille de l’animation Disney. Et pourtant, c’est encore une fois la firme aux oreilles de Mickey qui réussit ce tour de force de faire un film parfait à tous points de vue. Le choix des acteurs est on ne peut plus adéquat : de la Belle Emma Watson, qui est non seulement ravissante mais également une jeune femme libre, cultivée et indépendante, au détestable Gaston interprété par Luke Evans qui surprend et incarne le parfait séducteur macho qui ne comprend pas que le physique et la richesse ne suffisent pas à Belle. Les personnages secondaires, tellement importants dans ce film, sont eux aussi admirablement choisis et investis de leur rôle. Visuellement, cette nouvelle adaptation est un enchantement et dès les premiers paysages, la magie renaît. On retrouve avec plaisir les chansons qui ont fait son succès mais aussi quelques nouveautés. La fidélité au film d’animation est quasiment sans faille (jusque dans les costumes), les seuls petits écarts étant de vrais bénéfices pour le film. Alors un grand coup de chapeau à Disney qui, après Le Livre de la jungle, parvient à transposer dans le monde réel cette fable intemporelle de prince et de princesse, et à ranimer la flamme nostalgique de nos souvenirs d’enfants. Bravo !