Cinéma

Ça, c’est vraiment flippant

Ça, film de 2017Un film de Andy Muschietti
Date de sortie : 20 septembre 2017
Avec Bill Skarsgård, Jaeden Lieberher, Finn Wolfhard
Durée : 2h15

Synopsis :

À Derry, dans le Maine, sept gamins ayant du mal à s’intégrer se sont regroupés au sein du « Club des Ratés ». Rejetés par leurs camarades, ils sont les cibles favorites des gros durs de l’école. Ils ont aussi en commun d’avoir éprouvé leur plus grande terreur face à un terrible prédateur métamorphe qu’ils appellent « Ça »…
Car depuis toujours, Derry est en proie à une créature qui émerge des égouts tous les 27 ans pour se nourrir des terreurs de ses victimes de choix : les enfants. Bien décidés à rester soudés, les Ratés tentent de surmonter leurs peurs pour enrayer un nouveau cycle meurtrier. Un cycle qui a commencé un jour de pluie lorsqu’un petit garçon poursuivant son bateau en papier s’est retrouvé face-à-face avec le Clown Grippe-Sou …

Notre avis sur le film :

Vraie surprise que cette nouvelle adaptation du roman à succès de Stephen King. L’angoisse du spectateur monte rapidement car, à Derry, une créature vient à nouveau de réapparaître du fin fond des égouts pour terrifier (et tuer au passage) les enfants qu’elle croise sur sa route. Et c’est le jeune Georgie, frêle garçon peu sûr de lui qui poursuit son bateau en papier le long du caniveau, qui croisera en premier Ça, cette créature à l’aspect d’un clown terrifiant. Après sa disparition, son frère, membre du Club des Losers, va tout tenter pour comprendre ce qui est arrivé à Georgie et empêcher ce clown de faire du mal à d’autres enfants. L’ambiance du film est oppressante et contrebalancée par la présence charismatique de ce groupe de « ratés » qui essaiera de surmonter ses peurs. A relever tout de même : la magnifique interprétation de Beverly qui, derrière son visage envoûtant, apporte toutes les nuances à ce superbe rôle. Tous les ingrédients sont réunis pour faire de Ça un film réussi, actuel, reprenant les réussites de ces dernières années, Stranger Things en tête. On attend la suite promise…

L’étudiante et Monsieur Henri, ensemble n’est-il pas mieux ?

L'étudiante et Monsieur HenriUn film de Ivan Calbérac
Date de sortie : 7 octobre 2015
Avec Claude Brasseur, Guillaume De Tonquédec, Noémie Schmidt
Durée : 1h35

Synopsis :

À cause de sa santé vacillante, Monsieur Henri ne peut plus vivre seul dans son appartement parisien. Particulièrement bougon, il finit néanmoins par accepter la proposition de son fils Paul de louer une chambre à une jeune étudiante. Loin de tomber sous le charme, Henri va se servir d’elle pour créer un véritable chaos familial…

Notre avis sur le film :

Cela aurait pu être un énième film ennuyeux sur la crise du logement à Paris, la vieillesse et ses travers ou les préjugés. Il n’en est rien et Ivan Calbérac nous sert un film drôle servi par des acteurs très justes : Claude Brasseur, en vieux monsieur bourru et souhaitant rester seul suite à la disparition tragique de son épouse de longues années auparavant ; Noémie Schmidt, en fraîche provinciale un peu paumée dont l’unique désir dans la vie est de ne pas faire les marchés comme ses parents ; Guillaume de Tonquédec, en fils coincé entre un métier peu passionnant et une épouse très vieille France et adepte des traditions. Tout ce beau monde va rapidement essayer de tirer son épingle du jeu, quitte à réaliser l’inconcevable. Les dialogues sont savoureux, les scènes s’enchaînent et malgré une fin assez convenue et prévisible, on s’amuse à voir évoluer les personnages dans leurs certitudes. Grognon n’a jamais rimé avec heureux, infidèle n’a jamais rimé avec libre et loin des parents n’a jamais rimé avec adulte. Chacun va apprendre de l’autre, trouver ses propres failles et tenter de les corriger pour avancer dans la vie. Pour quelques rires, quelques moments partagés au rythme des notes de piano, quelques espérances projetant un but dans la vie… Un petit moment de rire et de douceur !

Escape Room, le jeu ne fait que commencer

Affiche Escape RoomUn film de Will Wernick
Date de sortie : 22 décembre 2017
Avec Evan Williams, Annabelle Stephenson, Elisabeth Hower
Durée : 1h34

Synopsis :

Christen et Tyler se rendent au restaurant où les attendent leurs meilleurs amis pour fêter l’anniversaire de Tyler. Au cours du repas, les cadeaux sont déballés et Christen explique qu’elle a réservé un jeu bien spécial à ses amis pour l’événement : un escape room. Objectif : réussir à s’échapper d’une pièce en résolvant des énigmes dans un temps imparti.

Arrivés sur place, les six amis découvrent les subtilités du jeu et avancent, seuls ou à plusieurs, dans leurs quêtes d’indices pour se libérer. Mais au bout de quelque temps, ils comprennent que quelque chose ne tourne pas rond. Et si tout ceci n’était pas qu’un jeu ?

Notre avis sur le film :

Sur le papier, le scénario peut emballer les adeptes du genre qui, il est vrai, aurait pu être séduits par le décor du jeu de groupe à la mode, l’Escape Game. Hélas, une intro qui dévoile l’ambition du film, suivie d’un interminable dîner d’anniversaire, font vraiment perdre le fil au spectateur qui s’ennuie ferme pendant plus d’une demi-heure. Un peu plus tard, les protagonistes sont enfermés et doivent, seul ou à plusieurs, trouver les indices qui leur permettront de sortir de leur pièce. Tout l’intérêt du film va donc se résumer aux 40 dernières minutes, interprétés par une troupe d’acteurs peu inspirée, dans un jeu de relations pas très crédible. Cerise sur le gâteau, Christen, la demoiselle ayant réservé la soirée, va se retrouver enfermée dans une cage à regarder mourir ses amis, dans une inexplicable et inutile nudité. Même la résolution de l’histoire ne parvient pas à relever la pauvreté du scénario. Heureusement, il reste quelques scènes parfois angoissantes et sanguinolentes, un sentiment d’urgence que l’on avait malgré tout pressenti. Pas une référence du genre, un thriller un peu gore à regarder si l’on a une heure et demie à perdre.

Blindspot, la mémoire en tatouages

Blindspot, l'afficheUne série créée par Martin Gero
Date de diffusion : depuis 2015
Avec Jaimie Alexander, Sullivan Stapleton, Rob Brown

Durée : 23 épisodes en saison 1, 22 épisodes en saison 2, saison 3 en cours

Synopsis :

Une jeune femme amnésique est retrouvée totalement nue en plein milieu de Times Square à New York, recouverte de tatouages mystérieux, fraîchement réalisés. Un agent du FBI, chargé de l’enquête, suit les indices dispersés sur son corps, qui révèlent bientôt une conspiration de grande ampleur…

Notre avis sur la série :

La première saison était plutôt pas mal, la seconde s’avère vraiment réussie. Le scénario emmène le spectateur dans une course-poursuite à base d’espionnage, d’enquêtes et de tatouages. En effet, une jeune femme amnésique est retrouvée en plein Times Square, le corps recouvert de tatouages dont l’un présente le nom d’un des patrons du FBI New-Yorkais Kurt Weller. Hormis quelques invraisemblances – notamment l’intégration rapide de Jane au FBI et la confiance aveugle de Weller à son égard -, le scénario est bien monté et aborde dans la saison 1 la résolution de certains tatouages permettant d’éviter meurtres et attentats divers. La saison 2 pousse l’investigation sur une menace de plus grande ampleur révélant ainsi le pourquoi de la présence de Jane et la raison de ses tatouages. Beaucoup d’action, de rebondissements, un scénario clairement bien pensé à l’avance et pas épisode par épisode, telle est la recette de Blindspot, portée par une Jaimie Alexander charismatique mais dont la noirceur originelle laisse très (trop ?) vite la place à un agent spécial aux actions et pensées conformistes. On s’attache très vite à tous les personnages mais on regrette presque que tous s’en sortent systématiquement sans – presque – une égratignure tandis que bon nombre de leurs collègues inconnus se font dessouder gaiement. La série est néanmoins vraiment prenante et, malgré la petite ouverture à la fin de la saison 2, on se demande quelle intrigue pourra être développée dans cette nouvelle saison. Les paris sont ouverts mais gageons qu’elle sera aussi réussie que la précédente. Affaire à suivre !

Baywatch, Alerte à Malibu, le film

Baywatch, alerte à MalibuUn film de Seth Gordon
Date de sortie : 21 juin 2017
Avec Dwayne Johnson, Zac Efron, Alexandra Daddario
Durée : 2h02

Synopsis :

Le légendaire sauveteur Mitch Buchannon est contraint de s’associer à une nouvelle recrue, Matt Brody, aussi ambitieux que tête brûlée ! Ensemble, ils vont tenter de déjouer un complot criminel qui menace l’avenir de la Baie…

Notre avis sur le film :

L’association conflictuelle de Dwayne Johnson et de Zac Efron fonctionne plutôt bien et l’un comme l’autre assument plutôt bien l’esprit parodique du film inspiré de la série à succès des années 80. Les blagues sont clairement en-dessous de la ceinture (ou au niveau du décolleté), et renforcées par les ralentis et les gros plans assumés. Il n’en reste pas moins une certaine pauvreté scénaristique avec des rebondissements prévisibles. Entre bimbos et gars bodybuildés, on passe certes un bon moment visuel, au rythme d’une musique de soirée de plage tout en basse, mais on ne garde au final qu’un souvenir vague du reste du film et de l’histoire qu’il raconte. Bref le film reste divertissant mais ne restera clairement pas dans les mémoires.

Baby Daddy, quand l’inattendu chamboule ta vie

Baby DaddyUne série en 6 saisons de Dan Berendsen
Date de sortie : 23 septembre 2015
Avec Jean-Luc Bilodeau, Derek Theler, Melissa Peterman
Durée : 100 épisodes de 22 minutes

Synopsis :

Ben, une vingtaine d’années, découvre à sa grande surprise qu’il est papa lorsque son ex petite-amie dépose leur progéniture devant sa porte. Le jeune homme décide alors d’élever l’enfant avec l’aide de sa mère, de son frère, de son meilleur ami et d’une amie très proche, amoureuse de lui en secret.

Notre avis sur la série :

« It’s amazing how the unexpected, can take your life and change direction! » Lorsqu’on sonne à la porte de son appartement, Ben s’attendait sûrement à trouver l’une de ses nombreuses conquêtes. Pourtant, c’est un bébé bien sage dans son couffin, une petite fille prénommée Emma et qui s’avère être la sienne, déposée là par la mère de l’enfant pas prête à abandonner ses rêves pour la maternité. Avec l’aide de son frère, de son meilleur ami Tucker, de Riley, une amie d’enfance, mais également de sa fantasque mère, Ben va prendre soin et élever la petite fille. Une véritable comédie familiale où le jeune papa devra apprendre à faire passer sa fille avant lui, où les histoires de famille provoqueront moult rebondissements dans leur quotidien, où les petites et grandes histoires d’amour n’arriveront pas à changer qui ils sont mais bousculeront bel et bien leurs vies. A commencer par l’amour inconditionnel que chacun portera à Emma et s’émerveillera de ses premiers pas, ses premiers mots, ses premières bêtises. Le scénario ne s’essouffle pas au cours des 6 saisons, porté par un casting exceptionnel, Bonnie Wheeler en tête (Melissa Peterman). On vit avec eux leurs joies et leurs peines, leurs réussites et leurs échecs, bref une tranche de vie dans laquelle Emma s’intègre bien vite. Au final, une comédie vraiment très drôle autour de la famille et de la chance qu’on a d’en faire partie, que l’on s’appelle Wheeler ou pas. Hilarant !

Everest, quand l’exploit d’une vie devient le dernier

Everest, le filmUn film de Baltasar Kormákur
Date de sortie : 23 septembre 2015
Avec Jason Clarke, Jake Gyllenhaal, Josh Brolin
Durée : 2h02

Synopsis :

Inspiré d’une désastreuse tentative d’ascension de la plus haute montagne du monde, Everest suit deux expéditions distinctes confrontées aux plus violentes tempêtes de neige que l’homme ait connues. Luttant contre l’extrême sévérité des éléments, le courage des grimpeurs est mis à l’épreuve par des obstacles toujours plus difficiles à surmonter alors que leur rêve de toute une vie se transforme en un combat acharné pour leur salut.

Notre avis sur le film :

Gravir le Toit du Monde revêt l’exploit ultime dans l’esprit des montagnards les plus chevronnés. Basé sur des faits réels, Baltasar Kormákur nous emmène à le conquête de cette montagne himalayenne indomptable. Loin des clichés des films catastrophes hollywoodiens habituels, Everest nous place devant cette réalité que chaque alpiniste connaît avant d’entreprendre ce périlleux périple jusqu’à plus de 8800 m : la mort guette à chaque détour de chemin. Le manque d’oxygène, le mal des montagnes, les crevasses, la mauvaise météo, le froid, les occasions de ne pas revenir ne manquent pas. Et pourtant l’envie de grimper est la plus forte. Malgré l’entraide de ces hommes et de ces femmes contre les éléments qui se déchaînent, la montagne reste reine et surtout la plus forte. C’est cela que dépeint le réalisateur dans un film de 2h presque sans temps mort : les hommes sont bien faibles face à elle, loin de tout confort et de toute technologie moderne. Chaque mauvais choix est pénalisé de la plus radicale manière qui soit. Mais c’est sans regret car, comme nous l’avons dit, chacun savait dans quoi il s’engageait : repousser ses limites sans franchir la ligne jaune. Reste alors la majesté de la montagne, des plans immaculés où le sentiment de danger s’envole le temps d’un instant, une beauté à toute épreuve pour laquelle certains sont prêts à risquer leur vie. Une véritable épopée, une leçon de vie et… de mort.

Garder le sourire, au-delà de la maladie

Garder le sourire, Kiss & cryUn film de Sean Cisterna
Date de sortie : 31 août 2017
Avec Luke Bilyk, Sarah Fisher, Sergio Di Zio
Durée : 1h35

Synopsis :

Carley Allison, 17 ans, est une patineuse hors pair et une chanteuse en devenir lorsqu’elle apprend être atteinte d’une très rare tumeur cancéreuse sur la trachée. Dotée d’une incroyable joie de vivre, Carley commence alors un dur combat contre la maladie, entourée de sa famille et de son petit ami.

Notre avis sur le film :

Kiss and cry de son titre original est basé sur l’histoire vraie de Carley Allison, une jeune patineuse prometteuse de 17 ans. Alors que tout sourit à la jeune fille, on va lui diagnostiquer un cancer très rare de la trachée. Ni la souffrance, ni le respirateur artificiel, ni les séances de chimiothérapie, ni les perspectives pessimistes des pronostics ne vont entamer durablement son moral et sa confiance en la vie. Elle va choisir de profiter des moments de bonheur qui lui sont offerts malgré tout, l’amour et l’amitié, la joie de chanter l’hymne national à l’ouverture d’un match de hockey, une vie presque normale malgré la maladie. Une leçon de courage, une leçon sur l’envie de se battre, une leçon sur le choix, celui de toujours voir le verre à moitié plein. Cette irrépressible force d’avancer et d’aimer est incarnée dans un film d’une absolue justesse par Sarah Fisher, l’amie de Carley Allison dans la vie. Un hommage à cette forte jeune fille qui n’a jamais baissé les bras et un titre très juste, référence au banc où les athlètes attendent la note des juges. Une belle ode à la relativité des choses et à ce besoin urgent de profiter de ce que nous avons. Carpe diem

Jimmy’s hall, la lutte irlandaise pour s’affranchir du dogme

Jimmy's HallUn film de Ken Loach
Date de sortie : 2 juillet 2014
Avec Barry Ward, Simone Kirby, Andrew Scott
Durée : 1h49

Synopsis :

1932 – Après un exil de 10 ans aux États-Unis, Jimmy Gralton rentre au pays pour aider sa mère à s’occuper de la ferme familiale.
L’Irlande qu’il retrouve, une dizaine d’années après la guerre civile, s’est dotée d’un nouveau gouvernement. Tous les espoirs sont permis…
Suite aux sollicitations des jeunes du Comté de Leitrim, Jimmy, malgré sa réticence à provoquer ses vieux ennemis comme l’Eglise ou les propriétaires terriens, décide de rouvrir le « Hall », un foyer ouvert à tous où l’on se retrouve pour danser, étudier, ou discuter. À nouveau, le succès est immédiat. Mais l’influence grandissante de Jimmy et ses idées progressistes ne sont toujours pas du goût de tout le monde au village. Les tensions refont surface.

Notre avis sur le film :

Ken Loach, huit ans après Le vent se lève et pour sa dernière réalisation, nous propose de replonger dans les heures sombres mais pourtant teintées d’espoir de l’Irlande. Empêtrée dans un dogme religieux maintenu par une toute-puissante Église représentée localement d’une main de fer par le Père Shéridan, cette Irlande des années 30 a une folle envie de liberté. Et celle-ci s’incarne en la personne de Jimmy Gralton, revenu au pays après 10 ans d’exil, pour aider sa mère à la ferme. Ses convictions vont rapidement reprendre le dessus, attisées par le vent de folie de la jeunesse pleine de fougue prompte à s’instruire, à discuter et à danser, loin des bancs de l’église. Mais c’est une véritable guerre de clans qui va se créer, l’une soutenue par l’État et l’Église, l’autre promue par des hommes et des femmes simples et soucieux de se dépêtrer de l’assouvissement du dogme catholique. C’est une véritable « chasse aux sorcières » qui s’ouvre, où les pères battent leurs filles et où le curé dénonce publiquement les partisans du Hall de Jimmy. En arrière-plan, on constate une fracture dans la société où certains se rendent compte qu’ils peuvent s’instruire et rester libres. Jimmy retrouve également Oonagh, son amour d’antan, mais ils comprennent plus que n’acceptent le fait que leur passion d’alors est belle et bien révolue, le temps ayant fait son œuvre. Ken Loach nous livre ainsi un dernier film rythmé par des confrontations physiques ou psychologiques, d’un pays arrivé à un tournant de son histoire, où le charisme de Jimmy aura permis une émancipation durable et la contestation nécessaire de préceptes séculaires dépassés.

The Last Face, l’amour face à la guerre

The Last Face - afficheUn film de Sean Penn
Date de sortie : 11 janvier 2017
Avec Charlize Theron, Javier Bardem, Adèle Exarchopoulos
Durée : 2h11

Synopsis :

Au Libéria, pays d’Afrique ravagé par la guerre, le docteur Miguel Leon, médecin humanitaire, et le docteur Wren Petersen, directrice d’une ONG, tombent passionnément amoureux l’un de l’autre.
S’ils sont tous les deux engagés corps et âme dans leur mission, ils n’en sont pas moins profondément divisés sur les politiques à adopter pour tenter de régler le conflit qui fait rage.
Ils devront surmonter leurs clivages et le chaos qui menace d’emporter le pays tout entier – sous peine de voir leur amour voler en éclats…

Notre avis sur le film :

Dès les premières secondes, on est prévenus : la violence de l’amour sera comparée à celle de la guerre. Et pas n’importe laquelle. Celle du Liberia et de la Sierra Leone où les enfants sont recrutés très jeunes pour combattre ou servir de boucliers humains aux rebelles. Sean Penn ne prend aucune pincette pour nous montrer la sanguinolente violence de cette tragédie. Les médecins soignent comme ils peuvent, parfois en devant choisir qui sauver. En revanche, la violence mentale de la guerre, ce qu’elle détruit de nos valeurs et de nos idéaux, de nos repères et de notre conscience, est juste touchée du doigt, comme si la force d’un amour entre un homme et une femme pouvait la limiter. L’endoctrinement, les violences faites aux femmes, les massacres, les décisions bureaucratiques sont évoqués comme des faits de guerre que doivent gérer nos deux protagonistes Charlize Theron et Javier Bardem qui peinent à donner une consistance au film. Leur amour ne sert en rien la cause du film, et l’inverse est aussi vraie, la guerre ne fait finalement pas paraître leur amour si différent. Le choix de Sean Penn n’est pas assez tranché et – heureusement ? -, les scènes de violence si réalistes captivent avec force morbidité le spectateur. Il n’en reste pas moins un film en demi-teinte où l’on espère davantage une happy end pour l’histoire d’amour que pour les enfants servant de chair à canon, comme si cette issue-là était inéluctable. A trop vouloir en faire, on manque parfois l’essentiel !