Littérature

Everything everything, de Nicola Yoon, vivre sa vie plutôt que l’imaginer

Everything Everything, de Nicola Yoon

Un livre de Nicola Yoon
Édition : Bayard Jeunesse
ISBN : 978-2747052788
Note personnelle : 17 / 20

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Synopsis :

Ma maladie est aussi rare que célèbre, mais vous la connaissez sans doute sous le nom de « maladie de l’enfant-bulle ». En gros, je suis allergique au monde. Je viens d’avoir dix-huit ans, et je n’ai jamais mis un pied dehors. Un jour, un camion de déménagement arrive. Je regarde par la fenêtre et je le vois. Le fils des nouveaux voisins est grand, mince et habillé tout en noir. Il remarque que je l’observe, et nos yeux se croisent pour la première fois. Dans la vie, on ne peut pas tout prévoir, mais on peut prévoir certaines choses. Par exemple, je vais certainement tomber amoureuse de lui. Et ce sera certainement un désastre.

Notre avis sur le roman :

 » Je me dis que ce n’est pas grave de mentir à maman. Je me dis que je ne tomberai pas malade. Je me dis que l’amitié ne peut pas faire de mal. Et que Carla a raison : l’amour, ça ne peut pas me tuer. »
Très étonnant ce livre. Maddy vient juste d’avoir 18 ans mais elle ne connaît du monde extérieur que ce qu’elle en a lu dans les livres. Et pour cause : elle a la maladie de l’enfant-bulle, l’empêchant de sortir de chez elle. Elle reste donc dans sa chambre, juste accompagnée de sa mère et de son infirmière qui prennent soin d’elle. Toutes les premières fois que connaît une jeune fille pendant son adolescence, elle les a lues dans les livres sans les vivre. Elle parvient même à se détacher de l’envie de les vivre, sachant pertinemment qu’elle ne le pourra jamais. Et pourtant, l’arrivée d’un étrange jeune homme dans la maison d’à-côté va fissurer tout ce à quoi Maddy s’était rattachée jusqu’alors. Elle comprend qu’elle va éprouver pour la première fois ces sentiments si puissants qu’elle ne pourra les contenir. Mais a-t-elle vraiment la volonté cette fois de ne pas ressentir ces émotions si intenses qu’elle nomme maladie d’amour ?Pour lui, Maddy se sent prête à tout tenter, à tout expérimenter, à tout vivre. Elle va prendre des risques, quitte à mettre sa vie en péril. Mais si, au bout du chemin, l’attendait quelque chose de bien plus beau que ce qu’elle a pu imaginer ? Le récit de Nicola Yoon est limpide, construit autour de courts chapitres et ponctué de magnifiques illustrations (listes, dessins, rapports…). On vit le quotidien de Maddy, dans la peau d’une jeune fille de 18 ans, mais qui semble avoir quelques années de moins par sa méconnaissance des autres et du monde extérieur. Elle est foncièrement gentille, ne veut blesser personne, mais elle va se rendre compte que ce n’est pas toujours possible de tracer sa route vers le bonheur sans ébrécher personne. Maddy grandit tout simplement. Parviendra-elle à prendre son envol ? C’est ce que je vous souhaite de découvrir à la lecture de ce roman, époustouflant de sincérité et de simplicité. Rires et larmes, rebondissements, tout peut vous surprendre dans Everything Everything, sauf l’ennui.

Avant toi, de Jojo Moyes, a-t-on le droit de choisir sa mort ?

Avant toi, couverture

Un livre de Jojo Moyes
Édition : Milady
ISBN : 978-2811215576
Note personnelle : 19 / 20

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Synopsis :

Lou est une fille ordinaire qui mène une vie monotone dans un trou paumé de l’Angleterre dont elle n’est jamais sortie. Quand elle se retrouve au chômage, elle accepte un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. Malgré l’accueil glacial qu’il lui réserve, Lou va découvrir en lui un jeune homme exceptionnel, brillant dans les affaires, accro aux sensations fortes et voyageur invétéré. Mais depuis l’accident qui l’a rendu tétraplégique, Will veut mettre fin à ses jours. Lou n’a que quelques mois pour le faire changer d’avis.

Notre avis sur le roman :

« — Certaines erreurs… ont des conséquences plus graves que d’autres. Mais tu ne dois pas laisser cette nuit-là devenir ce qui te définit.
J’ai senti sa tête bouger contre la mienne.

— Toi, Louisa Clark, tu peux choisir qu’il n’en soit pas ainsi. »
Une écriture simple pour un sujet complexe dans lequel on n’arrive jamais vraiment à se positionner. La vie de Lou est somme toute assez triste, sans excentricité, sans ambition, sans folie. Le jour où elle perd son travail, elle est complètement perdue car elle se demande ce qu’elle va bien pouvoir faire de sa vie. Et quand on lui propose ce contrat pour assister un handicapé moteur, c’est avec réticence qu’elle se rend dans la grande maison près du château. L’accueil va être des plus froids et ce ne sont pas les maigres encouragements de ses proches qui vont lui réchauffer le cœur. Mais petit à petit, d’échecs en petites réussites, Lou va apprendre à connaître Will, à comprendre les raisons de sa colère envers le monde et ceux qui l’entoure. Elle essaie de lui montrer que plein de choses sont possibles dans un fauteuil roulant mais Will lui fait comprendre qu’il ne veut pas de cette vie-là, que sa vie d’avant lui manque, le sport, les voyages, les montées d’adrénaline lorsqu’il sautait en parachute… Lorsque Lou apprend qu’il a déjà tenté de se suicider et qu’il a planifié sa mort dans une clinique en Suisse avec l’approbation de sa mère, la jeune fille va vraiment tout faire pour qu’il change d’avis et se décide à vivre. Jojo Moyes nous pose une question cruciale : peut-on décider de mourir ? Peut-on laisser prendre cette décision à ceux qu’on aime ? Le roman est bien construit et permet au lecteur d’envisager les deux points de vue principaux (le pour et le contre) mais aussi des avis secondaires (celui d’une mère, celui d’un ami…). Somme toute, Lou va apprendre beaucoup sur elle-même au contact de Will, bien plus qu’elle n’aurait pu l’imaginer. Une histoire bouleversante, qui nous prend dès la première page et ne nous lâche qu’à la dernière, nous laissant dans une méditation sur les enseignements de leurs choix.

Un avion sans elle de Michel Bussi, mais qui est donc cette Libellule ?

Un avion sans elle

Un livre de Michel Bussi
Édition : Pocket
ISBN : 978-2266233897
Note personnelle : 17,5 / 20

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Synopsis :

Lyse-Rose ou Emilie ? Quelle est l’identité de l’unique rescapé d’un crash d’avion, un bébé de trois mois ? Deux familles, l’une riche, l’autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les médias, ont baptisée Libellule.
Dix-huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l’affaire, avant d’être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête.
Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu’à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, le lecteur est entraîné dans une course haletante, jusqu’à ce que les masques tombent.
Hasards et coïncidences ne sont-ils que les ricochets du destin ? Ou bien quelqu’un, depuis le début, manipule-t-il tous les acteurs de ce drame ?

Notre avis sur le roman :

 » Un plongeon de près de mille mètres en moins de dix secondes, presque à la verticale, avant de se stabiliser de nouveau. La plupart des passagers dormaient. Ils se réveillèrent brusquement avec la sensation terrifiante de s’être assoupis sur le fauteuil d’un manège de foire. »
On est très vite pris par cette histoire dramatique et on comprend qu’elle ne va pas être simple : dix-huit ans d’enquête pour trouver qui d’Émilie Vitral ou de Lyse-Rose de Carville a survécu au terrible crash du mont Terrible. Et malgré la ténacité du détective Crédule Grand-Duc et l’argent quasi-illimité de la famille de Carville, la vérité ne veut pas éclater. On en vient à se demander si l’un des protagonistes, connu ou inconnu, ne tire pas toutes les ficelles de ce drame. Le roman est très bien construit, Michel Bussi distille les indices et les fausses pistes au compte-goutte et maintient ainsi le suspense tout au long des 572 pages. Le récit du détective sonne presque comme un roman dans le roman. On ne s’ennuie pas et on se prend à aimer puis à détester chacune des familles, avant de se dire que tout n’est pas blanc ou noir, pour l’une comme pour l’autre. Mais le temps presse, Lily (comme on l’a appelée) s’apprête à commettre l’irréparable. La résolution est originale sans être tirée par les cheveux et met un point final à dix-huit ans de mystères, de mensonges et de trahisons. Haletant.

Invasion, de Robin Cook, et si un mystérieux virus se répandait sur Terre ?

Invasion, roman de Robin Cook

Un livre de Robin Cook
Édition : Albin Michel
ISBN : 978-2226105189
Note personnelle : 17 / 20

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Synopsis :

Et si un virus inconnu se répandait sur Terre, tuant les plus faibles, laissant les survivants dans un état d’euphorie et soumis à une mystérieuse volonté supérieure…
Après Contagion, Cure fatale ou Phase terminale, Robin Cook, le grand maître du thriller médical, imagine un scénario très noir pour le futur de l’humanité : des millions d’êtres humains contaminés, et peu à peu transformés en une secte sous l’emprise d’un pouvoir mystérieux. Seuls quelques spécialistes de biologie, de médecine et d’informatique prennent conscience de la gravité de ce mal venu d’ailleurs. Ils vont réunir toutes leurs connaissances pour lutter contre un ennemi aussi invisible que redoutable. Mais leur combat est loin d’être gagné.

Notre avis sur le roman :

« Il fit un geste et les deux autres policiers se dirigèrent vers la construction délabrée et y entrèrent. Vince resta à l’extérieur et parcourut l’horizon des yeux. La chaleur était telle que l’air faisait onduler le paysage. Les deux policiers ressortirent rapidement, adressant un signe de dénégation à leur chef. Elle n’était pas là. Ils retournèrent vers l’hélicoptère. Elle était tout près. Il le sentait. Et d’ailleurs, aurait-elle pu aller bien loin, avec cette chaleur ? »
Le maître du thriller médical s’essaie ici à un genre nouveau, celui de la science-fiction, et force est de constater qu’il y parvient plutôt bien. L’histoire reste crédible et comme toujours, elle est très bien documentée du point de vue scientifique. Le début du roman pose rapidement les personnages dans leurs vies respectives, ne dévoilant que légèrement le lien qui va finir par les unir et leur permettre de lutter contre ce virus qui contamine à vitesse grand V tous les humains de la planète. Le rythme du roman est très soutenu et s’accélère encore vers le dénouement, emportant le lecteur dans un tourbillon de rebondissements. Le style de Robin Cook reste facile à lire et jamais les termes scientifiques ou médicaux ne sont un blocage à la compréhension. Un livre divertissant qui se lit d’une traite, ou presque.

Qui es-tu Alaska ? ou quand les ados recherchent un sens à leur vie

Qui es-tu Alaska ?

Un livre de John Green
Édition : Gallimard Jeunesse
ISBN : 978-2070695799
Note personnelle : 16,5 / 20

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Synopsis :

Miles Halter a seize ans mais n’a pas l’impression d’avoir vécu. Assoiffé d’expériences, il quitte le cocon familial pour le campus universitaire : ce sera le lieu de tous les possibles, de toutes les premières fois. Et de sa rencontre avec Alaska. La troublante, l’insaisissable Alaska Young, insoumise et fascinante.
Amitiés fortes, amour, transgression, quête de sens : un roman qui fait rire, et fondre en larmes l’instant d’après…

Notre avis sur le roman :

 » Elle a posé son livre et elle est sortie de son lit, enroulée dans son drap. Je lui ai trouvé l’air concerné. L’air de la fille que j’avais rencontré la veille, Celle qui avait déclaré que j’étais mignon et qui bouillonnait d’énergie, d’absurdité et d’intelligence. Et puis elle a éclaté de rire. »
Le livre commence comme un compte à rebours jusqu’à une certaine soirée qui marquera le début d’autre chose, d’une nouvelle existence entre souvenirs et regrets, entre nouvelles envies et regain d’espoir. Miles Halter, qui a pour passion de retenir les dernières paroles des gens célèbres, arrive sur le campus universitaire pour faire éclater sa soif d’aventures, son appétit de la vie. Il va y rencontrer Alaska, une jeune fille troublante qui le guidera sur ce chemin. John Green parvient à mêler les sentiments, à exacerber les personnalités pour en faire rien moins que des ados ordinaires avec leurs joies, leurs peurs, leurs envies et leurs erreurs. On immerge dans la vie du campus entre bêtises et bravade, défi des interdits et apprentissage de la vie, au gré des saisons de l’Alabama. John Green parvient à faire surgir les bonnes questions au bon moment : quel rôle jouons-nous sur Terre ? une seule vie peut-elle avoir un impact ? quel est la meilleure façon de mourir ? Des questions sombres qu’on a pu tous se poser un jour ou l’autre, dans notre quête de sens de la vie. On comprend assez vite le nœud de l’intrigue et c’est tant mieux car cela nous laisse tout loisir pour admirer l’évolution des relations et l’émergence d’une sensibilité à fleur de peau qui fait faire/dire les choses qu’on regrette. Bref, l’auteur arrive à poser des mots simples sur des sentiments et des relations compliqués, pour éclairer une période de notre vie dont on reste parfois nostalgique, mais dont on sait qu’elle n’a pas été la plus facile. La construction de l’être est à ce prix, ne fût-ce que pour devenir des adultes responsables et sages. Et aussi, peut-être, pour découvrir comment sortir de ce labyrinthe de souffrance.

Lucy in the sky, la difficile transition de l’adolescence à l’âge adulte

Lucy in the sky

Un livre de Pete Fromm
Édition : GALLMEISTER
ISBN : 9782351780886
Note personnelle : 16 / 20

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Synopsis :

Lucy Diamond, quatorze ans, file à toute allure vers l’âge adulte. Prise entre l’urgence de vivre et la crainte de devoir abandonner ses manières de garçon manqué, Lucy se cherche et joue avec l’amour. Elle découvre par la même occasion que le mariage de ses parents n’est pas aussi solide qu’enfant, elle l’a cru. Son père, bûcheron, est toujours absent. Sa mère, encore jeune, rêve d’une autre vie. Et Lucy entre eux semble soudain un ciment bien fragile. Armée d’une solide dose de culot, elle s’apprête à sortir pour toujours de l’enfance et à décider qui elle est. Quitte à remettre en question l’équilibre de sa vie et à en faire voir de toutes les couleurs à ceux qui l’aiment.
Dans un Montana balayé par les vents, c’est la peur au ventre et la joie au cœur que Lucy, pleine de vie, se lance à corps perdu dans des aventures inoubliables.

Notre avis sur le roman :

 » A présent, c’était l’été, l’air était lourd et sentait la verdure, le soleil était presque à la verticale des Highwoods, le ciel en était tout blanchi, mais Papa n’était toujours pas parti.
Quand ils se faufilèrent enfin hors de la maison, j’étais encore suspendue à sa portière comme un genre de décoration. Même si Maman riait, appuyée à lui, ses jambes comme des éclairs meurtriers à travers la fente de sa jupe courte, Papa me regardait, son habituel sourire signifiant « Qu’est-ce qui va bien pouvoir nous tomber dessus après ça ? » disparu. Il souriait à peine, l’air presque triste, et je sus que Maman avait cafté. »

Le temps des grands changements, des découvertes, des premières fois, des premières expériences. Lucy, ballottée entre un père continuellement absent et une mère avec des désirs d’ailleurs, prend la vie comme elle vient dans sa petite ville natale d’Alabama. L’écriture de Pete Fromm est mordante, parfois drôle, souvent teintée d’un doux mélange de mélancolie et d’espoir. Il retrace avec justesse la rupture des derniers liens qui attachent encore Lucy à l’enfance, par la découverte de l’amour, de la liberté mais aussi des responsabilités et des soucis quotidiens. L’amour tient le rôle principal de ce roman, que ce soit avec Kenny, son ami d’enfance, avec son père, à qui elle pardonne de moins en moins ses absences ou sa mère, à qui elle reproche sa trop grande ambition de changement. Mais elle apprendra que c’est aussi ça grandir, ne pas s’attacher à une situation mais en tirer partie pour un avenir meilleur. Peu sûre des sentiments des autres mais surtout des siens, elle en fait voir de toutes les couleurs à son entourage. Une balade poétique dans la vie de cette jeune fille qui devient femme, qui hésite, regrette parfois, sans jamais se départir de sa formidable envie d’aller de l’avant. Touchant !

Schroder, de Amity Gaige, un père entre amour et mensonges

Schroder, Amity Gaige

Un livre de Amity Gaige
Édition : 10×18
ISBN : 9782264064899
Note personnelle : 13 / 20

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Synopsis :

Son procès approche, il écrit à son ex-femme pour expliquer ses actes. Lui dire qu’il est un bon père, qu’il n’a jamais voulu enlever leur fille, Meadow. Que leur road-trip n’avait qu’un but : voler quelques heures de bonheur. Avant de déraper… forçant cet homme acculé à révéler ce qu’il avait tu pendant trente ans. Quels secrets cache son passé ? Qui est vraiment Erik Schroder ? Troublant, haletant, bouleversant. Avec une rare délicatesse, Amity Gaige offre une brillante méditation sur l’amour et la paternité, les lois du mensonge, et l’invention de soi.

Notre avis sur le roman :

« Je m’étais habitué au silence entre nous, Laura. Je savais qu’il était cruel de ne pas te téléphoner, de ne pas te dire que Meadow allait bien, que les choses n’allaient pas aussi mal que tu le pensais. Mais j’étais habitué à ton absence, et nous étions déjà tous les deux habitués à la cruauté. Je parle de la cruauté désinvolte des gens qui démantèlent leur vie commune ». Une véritable confession que le récit de ce père qui a fait de mauvais choix, à différents moments de sa vie par soif de liberté, de changement ou par un besoin désespéré d’être avec sa fille Meadow qu’il aime plus que tout. Il va révéler tous les secrets enfouis qui entourent sa vie et qui aujourd’hui remontent à la surface malgré lui. Le thème du divorce et du droit de garde est ici traité d’une manière originale, à travers la vision du père qui comprend – un peu – pourquoi sa relation avec son ex-femme a capoté, mais qui ne supporte pas l’idée de ne plus voir sa fille quand il le souhaite. Lorsqu’il part avec elle, il sait malgré lui que les conséquences seront tragiques mais que, même s’il est son père, même s’il l’aime plus que tout, même s’il n’a jamais voulu que son bien, capter ses quelques instants de bonheur avec Meadow, juste tous les deux, était plus fort que lui. Une jolie réflexion que ce livre, parfois philosophique, sur le sens de la vie lorsqu’elle prend une tournure que vous ne souhaitez pas.

Rémission de Robin Cook, entre science, mafia et multinationales

Rémission Robin Cook

Un livre de Robin Cook
Édition : Le Livre de Poche
ISBN : 9782253175766
Note personnelle : 16 / 20

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Synopsis :

Pourquoi un chercheur japonais, spécialiste en médecine régénérative, se retrouve-t-il sur la table d’une morgue de New York ? Qui l’a entraîné aux États-Unis ? Les enjeux de sa découverte se chiffrent en milliards de dollars. De quoi susciter bien des jalousies… Robin Cook, le maître du thriller médical, entraîne les médecins légistes Laurie Montgomery et Jack Stapleton dans une nouvelle enquête où mafias japonaise et américaine et multinationales sans scrupules rivalisent de noirceur.

Notre avis sur le roman :

« Laurie raccrocha et laissa son regard glisser sur la table, remarquant à nouveau qu’il ne s’y trouvait aucun post-it pour lui rappeler toutes les choses qu’elle avait à faire d’habitude. » On retrouve avec le plus grand plaisir le duo de choc Laurie Montgomery et Jack Stapleton, maintenant parents d’un petit garçon, dans cette énigme à laquelle Laurie va s’accrocher : un homme, sans papier, apparemment décédé de mort naturelle, se trouve être le premier cas auquel est confronté Laurie lors de son retour de congé maternité. Moins orienté médecine que la plupart de ses précédents thrillers, ce Robin Cook est malgré tout très prenant. De nombreux personnages interviennent, toujours habilement amenés et décrits avec juste ce qu’il faut de détails. Les différentes scènes de l’intrigue se comprennent aisément et s’entrecroisent jusqu’au dénouement final. Une construction assez classique mais on ne voit pas passer les 600 pages. Pour les fans de Robin Cook et pour tous ceux que le mélange entre médecine et gros sous passionnent !

Puzzle, de Franck Thilliez, jusqu’où irez-vous pour gagner ?

Franck Thilliez, puzzle

Un livre de Franck Thilliez
Édition : Pocket
ISBN : 9782266246446
Note personnelle : 17 / 20

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Synopsis :

Ilan et Chloé sont spécialistes des chasses au trésor. Longtemps, ils ont rêvé de participer au jeu ultime, celui dont on ne connaît que le nom : Paranoïa. Le jour venu, ils reçoivent la règle numéro 1 : Quoi qu’il arrive, rien de ce que vous allez vivre n’est la réalité. Il s’agit d’un jeu. Suivie, un peu plus tard, de la règle numéro 2 : L’un d’entre vous va mourir. Et quand les joueurs trouvent un premier cadavre, jeu et réalité commencent à se confondre. Paranoïa peut alors réellement commencer…

Notre avis sur le roman :

 » Ici-bas c’est le Chaos mais au sommet tu trouveras l’équilibre. Là sont toutes les réponses. «  Frank Thilliez propose aux lecteurs de ce roman un jeu un peu particulier : tous les aficionados du jeu en parlent, personne ne révèle quoi que ce soit sur sa propre quête, ni comment on joue, ni même comment on peut être sélectionné. Seuls deux éléments sont connus de tous : le nom du jeu, Paranoïa, et la grosse somme d’argent promise au vainqueur. En tant que lecteur, on s’identifie très vite à Ilan, et on essaye avec lui d’y voir plus clair dans les indices glanés ici et là. On s’interroge sur les véritables motivations des autres joueurs mais également de Hadès, le soi-disant organisateur. Thilliez arrive à créer un huis-clos infernal où chaque heure semble durer des jours tant les événements dramatiques se succèdent. Ilan parviendra-t-il à résoudre l’intrigue et, dans le même temps, à remettre en ordre les pièces du puzzle de sa mémoire dont une partie semble avoir été effacée ?
Le style de Thilliez est sans fioritures, très souvent dans l’action. Les descriptions ne sont là que pour poser le cadre. On regrette parfois un manque d’analyse psychologique des personnages : on est dans leur comportement immédiat, et l’auteur analyse peu les psychismes de ses personnages pourtant si intéressants. Peut-être est-ce pour donner un certain rythme à son récit, et si c’est le cas, c’est très réussi car on ne s’ennuie pas une seconde. A lire certaines critiques, le dénouement paraissait évident : il n’en était rien pour moi et je l’ai trouvé assez inattendu. Cette première lecture de Thilliez est donc très positive et m’encourage à inscrire dans ma PAL des thrillers de cet auteur français que je serais désormais bien triste de ne pas connaître.

La Petite Princesse Sara, un classique de notre enfance revisité

La petite princesse Sara

Un livre de Frances Hodgson Burnett
Dessins : Azuki Nunobukuro
Édition : nobi nobi!
ISBN : 9782918857600
Note personnelle : 18 / 20

Synopsis :

Sara Crewe est une enfant de sept ans placée dans un pensionnat à Londres par son père, riche homme d’affaires aux Indes. Passionnée de contes et légendes, Sara saura se faire aimer par ses talents de conteuse. Son monde bascule à la mort de son père après sa faillite. L’horrible directrice, Miss Minchin fera alors d’elle une domestique et n’aura de cesse de la tourmenter et de l’exploiter… Sara réussira-t-elle à tenir la promesse faite à son père de devenir une princesse malgré toutes les épreuves qu’elle devra endurer ?

Notre avis sur le roman :

Qui ne se souvient de l’histoire si triste de Sara Crewe, petite fille devenue orpheline et pauvre à la suite d’un coup du destin ? Elle aurait pu être secourue, assistée, mais elle s’est retrouvée entre les griffes de l’ignoble Miss Minchin. Celle-ci lui voue d’un côté une haine féroce et, de l’autre, ne peut se résoudre à l’abandonner de peur de ternir la réputation de son école de jeunes filles si cela venait à se savoir. A la mort de son père, Sara va donc être non seulement obligée de travailler, mais également de subir les brimades et les mauvais traitements de la directrice. Pourtant, ce qui conquiert immédiatement le lecteur, c’est la force et la grandeur d’âme de la fillette : elle a promis à son père de tout faire pour devenir une princesse et, malgré les mauvaises surprises que la vie lui a réservée, elle compte bien y parvenir, entourée de ses amies et de son inséparable poupée, Émilie. Les dessins d’Azuki Nunobukuro sont typés shojô et rappellent très vite le dessin animé de notre enfance. J’avais très peur que l’histoire soit simplifiée à l’extrême et ne perde son intensité dramatique ou les valeurs que le roman de Burnett promeut. Mais il n’en est rien : cet ouvrage est un résumé parfait où chaque détail est synthétisé et rendu avec force, et où le dessin exacerbe l’intensité des émotions des personnages. On replonge avec un plaisir non dissimulé dans cette histoire intemporelle où Sara, par sa culture, sa beauté et sa maturité étonnante pour son âge, vient encore émouvoir l’enfant qui sommeille en nous. Fabuleux !