Je suis Charlie, au nom de ma liberté

Charlie Hebdo, dessin de CharbLes récents attentats parisiens ont plongé la France dans l’effroi. Comme pour le 11 septembre, le monde se veut solidaire pour combattre le terrorisme d’une main de fer. Depuis de nombreuses années, l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo était la cible de violences verbales et physiques, comme en témoigne par exemple l’incendie de leurs locaux en novembre 2011 suite à la publication de caricatures du prophète Mahomet. Pourtant, à l’époque, les hommes et femmes bien pensants de notre pays, relayés par les médias, avaient jugé que Charlie Hebdo allait peut-être un peu loin, jetant de l’huile sur le feu, débattant parfois de la juste liberté d’expression de la presse.
Pourtant, malgré cette incompréhension, Charlie Hebdo a continué ce qu’on peut aujourd’hui qualifier de combat pour dénoncer – « avec férocité mais sans méchanceté » comme le journal aime à se décrire – les petits travers, les aberrations et les gros mensonges de notre société. Nicolas Sarkozy, François Hollande et les autres ont été maintes fois moqué par les caricaturistes Cabu, Wolinski, Tignous, Honoré ou encore Charb, le directeur de la publication. Charlie Hebdo n’avait que faire de la bienséance et chacun de ses articles, chacun de ses dessins avaient pour but de faire réagir : dénoncer par l’humour, souvent acerbe, mais très souvent véridique.
La déferlante qui a envahi les rues et les réseaux sociaux montre que tout un chacun sait se mobiliser lorsqu’un événement grave survient. Au-delà d’une solidarité sans faille d’un pays aux abois, uni comme jamais derrière le désormais célèbre « je suis Charlie », c’est surtout le témoignage d’une reconnaissance à la presse et à la liberté d’expression. Et même si l’on entend quelques notes dissonantes qui inévitablement devaient survenir, il faut garder à l’esprit cette formidable unité derrière la presse et la police de notre pays. En témoignent les rassemblements spontanés partout dans le monde, l’affichage du soutien au journal sur les réseaux sociaux, les fonds trouvés pour sortir 1 million d’exemplaires du prochain Charlie Hebdo… Parler fait du bien, cela extériorise la peine et la colère qui nous ont envahies ce jeudi 7 janvier quand, vers midi, on a appris la mort de journalistes et dessinateurs hors pair. Le fanatisme a eu leur vie, il n’aura pas les valeurs qu’ils nous transmettaient depuis toutes ces années. Non, Charlie n’est pas mort !

Je suis Charlie

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