Facebook, de la révolution attendue à l’inutilité sociale…

Facebook est inutileCréé en 2004 par Mark Zuckerberg, Facebook part d’une idée géniale, celle de mettre en relation la Terre entière via un site gratuit, ouvert à tous et permettant de partager et de communiquer sur sa vie, ses passions, ses expériences. Il aspire à devenir un véritable lien entre les gens, tous alignés sur un même rang – celui d' »amis » – et annihiler distance spatiale et temporelle. Ainsi, vous pouvez sans problème retrouver un camarade de classe perdu de vue depuis 20 ans et parti s’établir à Sydney.

Pourtant, plus de dix ans plus tard et malgré les centaines de millions d’utilisateurs, force est de constater que la révolution sociale n’a pas eu lieu. En tout cas, pas avec Facebook. Même si le réseau social a su insuffler une dynamique d’échange et de partage sur le web, il est aujourd’hui principalement tourné vers trois utilisations majeures : le partage d’un quotidien trop souvent monotone voire sans intérêt si vous connaissez peu la personne (photos de bébés, de plats exquis ou de soirées arrosées), l’auto-promotion (recherche d’emploi, mise en avant d’un site web, vente d’occasion) et, malheureusement, la mise en relation de personnes dans des objectifs peu louables. Et au-delà de ses utilisations majeures, on retrouve en sus publicités et publications non sollicitées et intempestives telles que l’atteinte par Untel du niveau 120 de Candy Crush.

Bref, Facebook semble avoir perdu sa raison d’être et nombre d’autres réseaux sociaux ont su affirmer leur différence de ce généraliste aujourd’hui devenu une énorme machine à fric prête à monnayer la moindre information de ses utilisateurs, se tenant toujours plus loin de leurs préoccupations : le désintérêt marquerait-il un tournant ? Peut-être, car aujourd’hui, on constate un engouement certain pour les réseaux sociaux dits « thématiques », un retour aux sources où l’on ne parle que de ce qui vous intéresse : les voyages, la cuisine, l’art… Twitter quant à lui a su s’imposer comme nouveau généraliste de l’actualité et comme celle-ci est par essence sans cesse nouvelle et digne d’intérêt, Twitter s’est imposé sur un créneau véritablement porteur et durable.

Facebook est également devenu un frein à l’expression et au partage à cause de sa simplicité de classement en « amis » : ainsi, vous ne posterez pas la photo de vos dernières vacances en maillot de bain car vous avez été obligé(e) d’accepter votre patron comme « ami » pour ne pas le froisser. Donc finalement, retour au bon vieux mail pour envoyer les photos à toute la famille. De même, on n’expose pas son point de vue sur Facebook car parler politique – ou encore pire, religion -, c’est l’assurance d’une déferlante sans commune mesure de propos déplacés, à l’encontre de la sacro-sainte liberté d’expression. Donc on ne parle de rien, on garde ses opinions pour soi.

La gestion de la confidentialité – faisant des émules partout dans le monde – et l’ajout dissimulé de nouveaux types de publicités ne rendent pas service à Facebook. Alors qu’il s’agit d’expliquer que le gratuit se paie par la pub ! La transparence est parfois la clé mais surtout, même si Facebook a encore de beaux jours devant lui, il est nécessaire qu’il retrouve cette dynamique d’innovation qui lui rendra son intérêt et surtout, sa légitimité.

Une minute sur Facebook

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