Littérature

Fleurs sauvages, un roman de Kimberley Freeman

Fleurs sauvages, de Kimberley Freeman

Un livre de Kimberley Freeman
Édition : Pocket
ISBN :978-2266264273
Note personnelle : 19 / 20

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Synopsis :

Glasgow, 1929. Beattie Blaxland avait des rêves. De grands rêves. Elle imaginait une vie faite de mode et d’étoffes. Ce dont elle n’avait jamais rêvé, en revanche, c’est de tomber enceinte de son amant, un homme marié, à la veille de son dix-neuvième anniversaire.
Londres, 2009. Emma Blaxland-Hunter vivait son rêve. Danseuse étoile au London Ballet, elle avait tout… jusqu’au jour où elle a tout perdu.
Des décennies les séparent, mais les deux femmes devront trouver la force de reconstruire leur vie. Un héritage les mènera à la campagne australienne de Wildflower Hill, là où chacun peut apprendre à se relever et découvrir ce qu’il veut vraiment.

Notre avis sur le roman :

 » Il y a deux sortes de femmes sur Terre, Beattie : celles qui font les choses et celles qui se laissent faire. « 
Voilà le genre de pépite qu’on n’attend pas. Une couverture un peu girly. Un résumé dévoilant un roman presque classique, confrontant deux époques, deux femmes d’une même famille, deux destins brisés. Et un pavé de près de 600 pages. Et pourtant, dès les premières pages, on s’attache à ces deux femmes et à tous les personnages secondaires hauts-en-couleurs, soient-ils détestables ou gentils et prévenants. Une fresque romanesque autour de l’amour et de la liberté, à des époques où les mentalités sont bien différentes. Le rapport hommes-femmes, la liberté, le racisme, la réussite, l’argent, le jeu, la foi… de nombreux thèmes sont abordés avec beaucoup de justesse et mettent en scène une Australie qui a socialement progressé à l’instar du reste du monde, mais reste toujours unique de par ses paysages immenses à couper le souffle, la brise chaude et étouffante des mois d’été, ses fermes perdues au milieu de nulle part, telle Wildflower Hill et ses milliers de moutons. On n’a pas envie de quitter Beattie et son lot de grands malheurs et de petits bonheurs si ce n’est pour retrouver Emma et voir comment elle va pouvoir se reconstruire après avoir perdu ce qui comptait le plus pour elle. Mais perd-on véritablement les choses ou sont-elles tout simplement rattachées à un moment, se transformant plus tard en un souvenir ? Et si la vie n’était au final qu’une succession de ces moments qu’il faut savoir apprécier et garder précieusement pour surmonter les épreuves qui surviennent inexorablement ? Une belle réflexion sur la vie et sur la force de se battre pour la rendre plus belle. Émerveillant !

Tout n’est pas perdu, un roman de Wendy Walker

Tout n'est pas perdu de Wendy Walker

Un livre de Wendy Walker
Édition : Sonatine
ISBN : 978-2355845154
Note personnelle : 14,5 / 20

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Synopsis :

Alan Forrester est thérapeute dans la petite ville cossue de Fairview, Connecticut. Un jour, il reçoit en consultation une jeune fille, Jenny Kramer, qui présente des troubles inquiétants. Celle-ci a reçu un traitement post-traumatique afin d’effacer le souvenir d’une abominable agression dont elle a été victime quelques mois plus tôt. Mais si son esprit l’a oubliée, sa mémoire émotionnelle est bel et bien marquée.
Bientôt tous les acteurs de ce drame se succèdent dans le cabinet d’Alan, confiant leurs pensées les plus intimes, laissant tomber le masque, et faisant apparaître les fissures et les secrets de la ville aux apparences si tranquille…

Notre avis sur le roman :

 » Quand j’ai entendu le récit du viol de Jenny Kramer, je n’aurais pu dire dans quelle mesure il était vrai. C’était une histoire qui avait été reconstituée à partir d’indices scientifiques, de déclarations de témoins, de profils psychologiques de criminels, et des bribes de souvenirs décousus et fragmentés qui restaient à Jenny après le traitement. « 
Un thriller prenant écrit à la première personne où le psychiatre narre ses longues discussions avec ses patients, et notamment ceux ayant reçu le « médicament de l’oubli » suite à un traumatisme. Jenny, une jeune fille ayant été violée à proximité de la maison où se tenait une fête, a-t-elle vraiment tout oublié ou ses souvenirs sont-ils juste enfouis dans les méandres d’une mémoire altérée ? Expliquant avec précision certains mécanismes de la mémoire, Alan explore les limites possibles de son intervention entre recouvrance et altération des souvenirs. Le récit est assez posé et l’intensité reste de fait quasiment identique du début à la fin. L’écriture est relativement fluide même lors de l’explication parfois un peu longue des mécanismes de la mémoire et du classement des souvenirs. Le roman tourne finalement peu autour du viol de Jenny mais on comprend qu’il est le déclencheur de l’effondrement progressif de secrets et de non-dits entre de nombreux protagonistes. Trouver un (son ?) agresseur devient une finalité vitale pour l’équilibre de toutes ces histoires qui s’enchevêtrent. On passe un bon moment avec ce livre mais on aurait peut-être apprécié davantage d’intensité dans la résolution de l’histoire et celle du dernier lien qui explique beaucoup de choses. À découvrir !

Quand Dieu était un lapin, un roman de Sarah Winman

Quand Dieu était un lapin

Un livre de Sarah Winman
Édition : J’ai Lu
ISBN : 978-2290092958
Note personnelle : 12 / 20

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Synopsis :

Elly, fillette généreuse à l’imagination débordante, grandit dans l’Essex, au Royaume-Uni, dans les années 1980. Entourée d’une famille aimante et d’une meilleure amie qui n’a pas la langue dans sa poche, elle découvre les affres de l’adolescence. Drames, amours, déceptions, lâcheté, Elly peine parfois à affronter la vie adulte. Mais c’est sans compter sur un talent incroyable et une arme exceptionnelle : un lapin nommé Dieu, tout simplement.

Notre avis sur le roman :

 » Un monde étrange, qui dès la fin de la matinée avait provoqué de cruels murmures, et pourtant un monde qui m’intriguait, écrasant mon sens de la normalité avec la finalité d’un coup de grâce. Je l’ai regardée déployer un bonnet de pluie en plastique transparent autour de la masse de boucles frisées qui encadrait son visage. Je croyais qu’elle attendait la fin de l’averse, alors qu’en fait c’était moi qu’elle attendait. « 
Une lecture très étrange assurément et un avis pour le moins mitigé, voire controversé. Dans la première partie du livre, on découvre Elly, une petite fille presque comme les autres, espiègle, enjouée, entourée d’une famille et d’amis plus ou moins loufoques, qui va progressivement cheminer vers l’adolescence puis vers la vie d’adulte. Tout au long de ces années, elle va se chercher et chercher l’amour chez les autres : l’amour de ses parents, de son frère, de ses amis, de ses amants, de personnages (parfois des inconnus) qu’elle côtoie au quotidien, de son lapin enfin, nommé Dieu pour une raison enfantine d’indiscipline à la foi. C’est une véritable tranche de vie qui nous est contée par Sarah Winman, avec force de détails sur la psychologie des personnages et leur perception des autres et du monde. Néanmoins, j’ai trouvé les traits parfois un peu forcés, les événements arrivant comme un cheveu sur la soupe, presque trop exceptionnels pour être vrais. Et ce, surtout dans la seconde partie du livre où Elly est devenue plus adulte, avec des pensées certes plus complexes, mais normalement plus de sagesse pour les appréhender. Certaines longueurs alternent avec de menus rebondissements qui arrivent trop vite, sans qu’on puisse prendre conscience de leur importance, de leur gravité. Un roman néanmoins intéressant sur un registre de langage assez enlevé mais dont le fil du scénario est parfois difficile à suivre.

L’amour, le Japon, les sushis et moi, un roman de N.M. Zimmermann

L'amour, le Japon, les sushis et moi

Un livre de N.M. Zimmermann
Édition : Albin Michel
ISBN : 978-2226329387
Note personnelle : 17,5 / 20

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Synopsis :

Lucrèce déménage au Japon : sa mère a obtenu le poste de ses rêves là-bas, et il ne reste plus qu’à prendre l’avion, petit frère bizarre et chien paillasson sous le bras ! Lucrèce n’y voit pas d’inconvénient : après tout, quand on a 15 ans et qu’on est hyperconnecté, aller vivre à l’autre bout du monde n’a rien d’effrayant, pas vrai ? Mais entre le choc culturel et les difficultés d’adaptation, l’acclimatation n’est pas aussi facile que prévue. Tandis que sa mère s’enthousiasme pour tout et que son petit frère joue le bourreau des c urs à la garderie, Lucrèce peine à trouver sa place. Elle ne parvient pas à se faire des amis et le club des amateurs de sushis auquel elle s’est inscrite ne tient pas vraiment ses promesses. Mais lorsqu’elle découvre, dans le local poubelle de son immeuble, un sac rempli de partitions de grande valeur, c’est le début pour Lucrèce d’une enquête qui pourrait bien se terminer par une histoire d’amour…

Notre avis sur le roman :

 » L’amitié, c’est fragile. Il faut que tu te prépares à ce que la colle ne tienne pas, ou à ce que l’amitié qu’ils renouent soit différente de celle qu’ils avaient avant. Et aussi que tu penses à ce que ton besoin de fourrer ton nez dans leur histoire signifie. « 
Lorsque sa mère lui annonce qu’il va falloir déménager au Japon très bientôt, Lucrèce est plutôt contente. Elle baigne depuis toute petite dans la culture japonais et parle plutôt bien la langue. Mais ses débuts à Nagoya sont plus difficiles qu’elle n’aurait pu l’imaginer. De nombreuses coutumes sont à appréhender et l’attitude des Japonais à son égard oscille entre curiosité, bienveillance et dédain. Après avoir intégré le lycée, elle doit choisir un club comme chaque lycéen : elle opte finalement pour le Club des amateurs de sushis, un club fantôme qui n’a d’amateur que le nom. Mais le caractère déterminé de Lucrère – qui lui joue parfois des tours – va l’amener à dépasser ses propres appréhensions et à se mêler d’affaires qui ne la concernent pas. C’est définitivement un bon moment passé en compagnie de cette jeune fille, de son frère tempétueux et de sa mère, originale, curieuse de tout et toujours tournée vers autrui et l’apprentissage. Le récit est conté sous un format « tranche de vie » et rempli de situations à la fois simples et prévisibles, mais toujours avec une bonne dose d’humour. Une suite pourrait presque être envisagée. La couverture et le titre du roman l’oriente vers un univers très girly mais il y a plein d’autres choses à prendre dans ce livre, bourré de coutumes et d’habitudes de vie japonaise. La love story est finalement assez discrète et ne prend pas toute l’ampleur du récit. En résumé, un livre drôle et intéressant, une écriture facile et fluide pour un voyage au pays du Soleil Levant.

Harry Potter et l’Enfant Maudit, de J.K Rowling : la huitième histoire

Harry Potter et l'enfant maudit

Un livre de J.K Rowling
Édition : Gallimard Jeunesse
ISBN : 978-2075074209
Note personnelle : 15,5 / 20

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Synopsis :

Être Harry Potter n’a jamais été facile et ne l’est pas davantage depuis qu’il est un employé surmené du Ministère de la Magie, marié et père de trois enfants. Tandis que Harry se débat avec un passé qui refuse de le laisser en paix, son plus jeune fils, Albus, doit lutter avec le poids d’un héritage familial dont il n’a jamais voulu. Le destin vient fusionner passé et présent. Père et fils se retrouvent face à une dure vérité : parfois, les ténèbres surviennent des endroits les plus inattendus.

Notre avis sur le roman :

 » Harry, resté seul, range ses affaires dans son sac. Il sort à son tour du bureau et s’avance le long d’un couloir. On dirait qu’il porte le poids du monde sur sur ses épaules. »
Même si le septième tome avait laissé une impression pareille à un ami que l’on quitte après de grandes aventures, il signifiait la fin d’une histoire, d’une époque presque. Ce nouvel opus mettant en scène, entre autres, le fils du célèbre sorcier, laisse une impression étrange. Il se pose comme une suite puisqu’on retrouve les protagonistes là où les a laissés, sur la fameuse voie 9 3/4. Mais le passage du format roman au format pièce de théâtre fait perdre sa magie à cette histoire. Peut-être ne pas la relier au dernier tome pour montrer la rupture aurait facilité le passage de la saga romanesque à cette nouvelle histoire. D’abord éditée pour les fans, cette pièce de théâtre au succès phénoménal à Londres, risque en fait de les décevoir. On retrouve certes tous les personnages que l’on adore mais le scénario est beaucoup trop simpliste. Comment – attention spoilers – deux ados pourraient-ils changer le monde pour lequel de nombreux sorciers se sont battus et sont morts dans une bataille épique avec un simple retourneur de temps ? C’est un peu comme si on laissait trainer les codes de l’arme nucléaire sur la table de la cuisine… Le format pièce de théâtre change également radicalement la perception de l’environnement de l’histoire : il ne nous est plus raconté (les didascalies sont peu nombreuses), laissant d’un côté libre cours à notre imagination, mais de l’autre une impression de pauvreté dans les sentiments des personnages. Les conflits, les amitiés, les amours ne parviennent plus à nous tenir en haleine. La résolution est elle aussi un peu étrange et contraire à ce qu’on imaginait du plus grand mage noir de tous les temps qui aurait finalement succombé à une tentation très humaine. Toutefois, on retrouve quand même avec plaisir la plume de J.K. Rowling, un monde qui aura bercé notre enfance et notre adolescence. Finalement, un livre dont on n’avait pas besoin mais qui fait tout de même bien plaisir !

Everything everything, de Nicola Yoon, vivre sa vie plutôt que l’imaginer

Everything Everything, de Nicola Yoon

Un livre de Nicola Yoon
Édition : Bayard Jeunesse
ISBN : 978-2747052788
Note personnelle : 17 / 20

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Synopsis :

Ma maladie est aussi rare que célèbre, mais vous la connaissez sans doute sous le nom de « maladie de l’enfant-bulle ». En gros, je suis allergique au monde. Je viens d’avoir dix-huit ans, et je n’ai jamais mis un pied dehors. Un jour, un camion de déménagement arrive. Je regarde par la fenêtre et je le vois. Le fils des nouveaux voisins est grand, mince et habillé tout en noir. Il remarque que je l’observe, et nos yeux se croisent pour la première fois. Dans la vie, on ne peut pas tout prévoir, mais on peut prévoir certaines choses. Par exemple, je vais certainement tomber amoureuse de lui. Et ce sera certainement un désastre.

Notre avis sur le roman :

 » Je me dis que ce n’est pas grave de mentir à maman. Je me dis que je ne tomberai pas malade. Je me dis que l’amitié ne peut pas faire de mal. Et que Carla a raison : l’amour, ça ne peut pas me tuer. »
Très étonnant ce livre. Maddy vient juste d’avoir 18 ans mais elle ne connaît du monde extérieur que ce qu’elle en a lu dans les livres. Et pour cause : elle a la maladie de l’enfant-bulle, l’empêchant de sortir de chez elle. Elle reste donc dans sa chambre, juste accompagnée de sa mère et de son infirmière qui prennent soin d’elle. Toutes les premières fois que connaît une jeune fille pendant son adolescence, elle les a lues dans les livres sans les vivre. Elle parvient même à se détacher de l’envie de les vivre, sachant pertinemment qu’elle ne le pourra jamais. Et pourtant, l’arrivée d’un étrange jeune homme dans la maison d’à-côté va fissurer tout ce à quoi Maddy s’était rattachée jusqu’alors. Elle comprend qu’elle va éprouver pour la première fois ces sentiments si puissants qu’elle ne pourra les contenir. Mais a-t-elle vraiment la volonté cette fois de ne pas ressentir ces émotions si intenses qu’elle nomme maladie d’amour ?Pour lui, Maddy se sent prête à tout tenter, à tout expérimenter, à tout vivre. Elle va prendre des risques, quitte à mettre sa vie en péril. Mais si, au bout du chemin, l’attendait quelque chose de bien plus beau que ce qu’elle a pu imaginer ? Le récit de Nicola Yoon est limpide, construit autour de courts chapitres et ponctué de magnifiques illustrations (listes, dessins, rapports…). On vit le quotidien de Maddy, dans la peau d’une jeune fille de 18 ans, mais qui semble avoir quelques années de moins par sa méconnaissance des autres et du monde extérieur. Elle est foncièrement gentille, ne veut blesser personne, mais elle va se rendre compte que ce n’est pas toujours possible de tracer sa route vers le bonheur sans ébrécher personne. Maddy grandit tout simplement. Parviendra-elle à prendre son envol ? C’est ce que je vous souhaite de découvrir à la lecture de ce roman, époustouflant de sincérité et de simplicité. Rires et larmes, rebondissements, tout peut vous surprendre dans Everything Everything, sauf l’ennui.

Avant toi, de Jojo Moyes, a-t-on le droit de choisir sa mort ?

Avant toi, couverture

Un livre de Jojo Moyes
Édition : Milady
ISBN : 978-2811215576
Note personnelle : 19 / 20

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Synopsis :

Lou est une fille ordinaire qui mène une vie monotone dans un trou paumé de l’Angleterre dont elle n’est jamais sortie. Quand elle se retrouve au chômage, elle accepte un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. Malgré l’accueil glacial qu’il lui réserve, Lou va découvrir en lui un jeune homme exceptionnel, brillant dans les affaires, accro aux sensations fortes et voyageur invétéré. Mais depuis l’accident qui l’a rendu tétraplégique, Will veut mettre fin à ses jours. Lou n’a que quelques mois pour le faire changer d’avis.

Notre avis sur le roman :

« — Certaines erreurs… ont des conséquences plus graves que d’autres. Mais tu ne dois pas laisser cette nuit-là devenir ce qui te définit.
J’ai senti sa tête bouger contre la mienne.

— Toi, Louisa Clark, tu peux choisir qu’il n’en soit pas ainsi. »
Une écriture simple pour un sujet complexe dans lequel on n’arrive jamais vraiment à se positionner. La vie de Lou est somme toute assez triste, sans excentricité, sans ambition, sans folie. Le jour où elle perd son travail, elle est complètement perdue car elle se demande ce qu’elle va bien pouvoir faire de sa vie. Et quand on lui propose ce contrat pour assister un handicapé moteur, c’est avec réticence qu’elle se rend dans la grande maison près du château. L’accueil va être des plus froids et ce ne sont pas les maigres encouragements de ses proches qui vont lui réchauffer le cœur. Mais petit à petit, d’échecs en petites réussites, Lou va apprendre à connaître Will, à comprendre les raisons de sa colère envers le monde et ceux qui l’entoure. Elle essaie de lui montrer que plein de choses sont possibles dans un fauteuil roulant mais Will lui fait comprendre qu’il ne veut pas de cette vie-là, que sa vie d’avant lui manque, le sport, les voyages, les montées d’adrénaline lorsqu’il sautait en parachute… Lorsque Lou apprend qu’il a déjà tenté de se suicider et qu’il a planifié sa mort dans une clinique en Suisse avec l’approbation de sa mère, la jeune fille va vraiment tout faire pour qu’il change d’avis et se décide à vivre. Jojo Moyes nous pose une question cruciale : peut-on décider de mourir ? Peut-on laisser prendre cette décision à ceux qu’on aime ? Le roman est bien construit et permet au lecteur d’envisager les deux points de vue principaux (le pour et le contre) mais aussi des avis secondaires (celui d’une mère, celui d’un ami…). Somme toute, Lou va apprendre beaucoup sur elle-même au contact de Will, bien plus qu’elle n’aurait pu l’imaginer. Une histoire bouleversante, qui nous prend dès la première page et ne nous lâche qu’à la dernière, nous laissant dans une méditation sur les enseignements de leurs choix.

Un avion sans elle de Michel Bussi, mais qui est donc cette Libellule ?

Un avion sans elle

Un livre de Michel Bussi
Édition : Pocket
ISBN : 978-2266233897
Note personnelle : 17,5 / 20

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Synopsis :

Lyse-Rose ou Emilie ? Quelle est l’identité de l’unique rescapé d’un crash d’avion, un bébé de trois mois ? Deux familles, l’une riche, l’autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les médias, ont baptisée Libellule.
Dix-huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l’affaire, avant d’être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête.
Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu’à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, le lecteur est entraîné dans une course haletante, jusqu’à ce que les masques tombent.
Hasards et coïncidences ne sont-ils que les ricochets du destin ? Ou bien quelqu’un, depuis le début, manipule-t-il tous les acteurs de ce drame ?

Notre avis sur le roman :

 » Un plongeon de près de mille mètres en moins de dix secondes, presque à la verticale, avant de se stabiliser de nouveau. La plupart des passagers dormaient. Ils se réveillèrent brusquement avec la sensation terrifiante de s’être assoupis sur le fauteuil d’un manège de foire. »
On est très vite pris par cette histoire dramatique et on comprend qu’elle ne va pas être simple : dix-huit ans d’enquête pour trouver qui d’Émilie Vitral ou de Lyse-Rose de Carville a survécu au terrible crash du mont Terrible. Et malgré la ténacité du détective Crédule Grand-Duc et l’argent quasi-illimité de la famille de Carville, la vérité ne veut pas éclater. On en vient à se demander si l’un des protagonistes, connu ou inconnu, ne tire pas toutes les ficelles de ce drame. Le roman est très bien construit, Michel Bussi distille les indices et les fausses pistes au compte-goutte et maintient ainsi le suspense tout au long des 572 pages. Le récit du détective sonne presque comme un roman dans le roman. On ne s’ennuie pas et on se prend à aimer puis à détester chacune des familles, avant de se dire que tout n’est pas blanc ou noir, pour l’une comme pour l’autre. Mais le temps presse, Lily (comme on l’a appelée) s’apprête à commettre l’irréparable. La résolution est originale sans être tirée par les cheveux et met un point final à dix-huit ans de mystères, de mensonges et de trahisons. Haletant.

Invasion, de Robin Cook, et si un mystérieux virus se répandait sur Terre ?

Invasion, roman de Robin Cook

Un livre de Robin Cook
Édition : Albin Michel
ISBN : 978-2226105189
Note personnelle : 17 / 20

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Synopsis :

Et si un virus inconnu se répandait sur Terre, tuant les plus faibles, laissant les survivants dans un état d’euphorie et soumis à une mystérieuse volonté supérieure…
Après Contagion, Cure fatale ou Phase terminale, Robin Cook, le grand maître du thriller médical, imagine un scénario très noir pour le futur de l’humanité : des millions d’êtres humains contaminés, et peu à peu transformés en une secte sous l’emprise d’un pouvoir mystérieux. Seuls quelques spécialistes de biologie, de médecine et d’informatique prennent conscience de la gravité de ce mal venu d’ailleurs. Ils vont réunir toutes leurs connaissances pour lutter contre un ennemi aussi invisible que redoutable. Mais leur combat est loin d’être gagné.

Notre avis sur le roman :

« Il fit un geste et les deux autres policiers se dirigèrent vers la construction délabrée et y entrèrent. Vince resta à l’extérieur et parcourut l’horizon des yeux. La chaleur était telle que l’air faisait onduler le paysage. Les deux policiers ressortirent rapidement, adressant un signe de dénégation à leur chef. Elle n’était pas là. Ils retournèrent vers l’hélicoptère. Elle était tout près. Il le sentait. Et d’ailleurs, aurait-elle pu aller bien loin, avec cette chaleur ? »
Le maître du thriller médical s’essaie ici à un genre nouveau, celui de la science-fiction, et force est de constater qu’il y parvient plutôt bien. L’histoire reste crédible et comme toujours, elle est très bien documentée du point de vue scientifique. Le début du roman pose rapidement les personnages dans leurs vies respectives, ne dévoilant que légèrement le lien qui va finir par les unir et leur permettre de lutter contre ce virus qui contamine à vitesse grand V tous les humains de la planète. Le rythme du roman est très soutenu et s’accélère encore vers le dénouement, emportant le lecteur dans un tourbillon de rebondissements. Le style de Robin Cook reste facile à lire et jamais les termes scientifiques ou médicaux ne sont un blocage à la compréhension. Un livre divertissant qui se lit d’une traite, ou presque.

Qui es-tu Alaska ? ou quand les ados recherchent un sens à leur vie

Qui es-tu Alaska ?

Un livre de John Green
Édition : Gallimard Jeunesse
ISBN : 978-2070695799
Note personnelle : 16,5 / 20

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Synopsis :

Miles Halter a seize ans mais n’a pas l’impression d’avoir vécu. Assoiffé d’expériences, il quitte le cocon familial pour le campus universitaire : ce sera le lieu de tous les possibles, de toutes les premières fois. Et de sa rencontre avec Alaska. La troublante, l’insaisissable Alaska Young, insoumise et fascinante.
Amitiés fortes, amour, transgression, quête de sens : un roman qui fait rire, et fondre en larmes l’instant d’après…

Notre avis sur le roman :

 » Elle a posé son livre et elle est sortie de son lit, enroulée dans son drap. Je lui ai trouvé l’air concerné. L’air de la fille que j’avais rencontré la veille, Celle qui avait déclaré que j’étais mignon et qui bouillonnait d’énergie, d’absurdité et d’intelligence. Et puis elle a éclaté de rire. »
Le livre commence comme un compte à rebours jusqu’à une certaine soirée qui marquera le début d’autre chose, d’une nouvelle existence entre souvenirs et regrets, entre nouvelles envies et regain d’espoir. Miles Halter, qui a pour passion de retenir les dernières paroles des gens célèbres, arrive sur le campus universitaire pour faire éclater sa soif d’aventures, son appétit de la vie. Il va y rencontrer Alaska, une jeune fille troublante qui le guidera sur ce chemin. John Green parvient à mêler les sentiments, à exacerber les personnalités pour en faire rien moins que des ados ordinaires avec leurs joies, leurs peurs, leurs envies et leurs erreurs. On immerge dans la vie du campus entre bêtises et bravade, défi des interdits et apprentissage de la vie, au gré des saisons de l’Alabama. John Green parvient à faire surgir les bonnes questions au bon moment : quel rôle jouons-nous sur Terre ? une seule vie peut-elle avoir un impact ? quel est la meilleure façon de mourir ? Des questions sombres qu’on a pu tous se poser un jour ou l’autre, dans notre quête de sens de la vie. On comprend assez vite le nœud de l’intrigue et c’est tant mieux car cela nous laisse tout loisir pour admirer l’évolution des relations et l’émergence d’une sensibilité à fleur de peau qui fait faire/dire les choses qu’on regrette. Bref, l’auteur arrive à poser des mots simples sur des sentiments et des relations compliqués, pour éclairer une période de notre vie dont on reste parfois nostalgique, mais dont on sait qu’elle n’a pas été la plus facile. La construction de l’être est à ce prix, ne fût-ce que pour devenir des adultes responsables et sages. Et aussi, peut-être, pour découvrir comment sortir de ce labyrinthe de souffrance.