Cinéma

Godzilla, la créature salvatrice est de retour

GodzillaUn film de Gareth Edwards
Date de sortie : 14 mai 2014
Avec Aaron Taylor-JohnsonBryan CranstonKen Watanabe
Durée : 2h03

Synopsis :

Le physicien nucléaire Joseph Brody enquête sur de mystérieux phénomènes qui ont lieu au Japon, quinze ans après un incident qui a irradié la région de Tokyo et déchiré sa propre famille. Refusant de s’en tenir à la version officielle qui évoque un tremblement de terre, le scientifique revient sur les lieux du drame accompagné par son fils Ford, soldat dans la Navy. Ils découvrent que les incidents ne sont pas liés à une catastrophe naturelle, mais à des monstres réveillés par des essais nucléaires dans le Pacifique au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Ces créatures sont surveillées par une organisation nommée Monarch, mais elles menacent bientôt la sécurité de l’archipel d’Hawaï et la côte Ouest des États-Unis.

Notre avis sur le film :

Cette nouvelle version de Godzilla est plutôt convaincante et le film se veut comme un reboot du film japonais de 1954. Les monstres sont très réussis même si on les voit peu, rien à voir donc avec le Godzilla version T-Rex raté de Roland Emmerich. Toutefois, le scénario pâtit de nombreuses longueurs, surtout dans la première partie. Il apparait un peu comme une juxtaposition de plans où les « monstres nucléaires » dévastent des villes. Le traditionnel scénario catastrophe avec famille et enfants n’est pas très crédible et surtout, la réaction américaine est parfaitement ridicule. Les décisions les plus graves sont prises par les hauts gradés de l’armée et au final, l’US Navy cherche davantage à limiter les dégâts des bombes nucléaires qu’elle a éparpillées qu’à réellement combattre les monstres. Malgré ces incohérences, le film est plutôt agréable à suivre et les effets spéciaux sont réussis, même si la version 3D n’apporte que peu de relief. À réserver aux amateurs donc !

Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu pour être tous un peu racistes ?

Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu ?Un film de Philippe de Chauveron
Date de sortie : 16 avril 2014
Avec Christian ClavierChantal LaubyAry Abittan
Durée : 1h37

Synopsis :

Claude et Marie Verneuil font partie de la haute bourgeoisie provinciale catholique et quelle n’est pas leur déception quand leurs trois premières filles épousent un musulman, un juif et un chinois. Ils misent désormais tout sur la cadette pour faire un mariage à l’église et, alléluia, cette dernière leur annonce qu’elle vient de rencontrer Charles, un catholique. Catholique, certes, mais d’origine ivoirienne…

Notre avis sur le film :

Dès les premières images, les visages fermés de Christian Clavier et Chantal Lauby assistant aux mariages de leurs filles avec un musulman, un juif et un chinois, déclenchent les premiers rires. Et ça ne s’arrêtera plus jusqu’au générique de fin. Le film surfe sur tous les clichés et chacun en prend pour son grade. Les répliques fusent et la salle rit aux éclats. Elodie Fontan, qui joue le rôle de Laure, la cadette de la famille, signe ici son premier grand rôle au cinéma alors qu’elle est depuis longtemps une « enfant de la télé ». Après avoir joué dans des publicités depuis 1993 et dans de nombreux téléfilms, on la retrouve dans le rôle de la meilleure amie de Clem, la série girly à succès de TF1. Ici, elle donne la réplique à un Christian Clavier magistral qui, même s’il rappelle inévitablement Louis de Funès dans Rabbi Jacob, n’essaie jamais de s’y comparer. Il distille constamment des vannes racistes et se montre très critique envers ce qui l’entoure (l’art, la politique…). Il n’en demeure pas moins que finalement, malgré leurs différences, tout ce beau monde s’adore. Même si, comme le dit David Benichou : « On est tous un peu racistes ». Certains diront « Pas moi », d’autres « C’est un peu vrai« … Reste quand même un film sur la tolérance incroyablement drôle, sans temps mort, qui nous ferait presque oublier que ces questions attisent des haines tenaces depuis des millénaires. Familial et divertissant !

American bluff, une séduisante escroquerie

American bluffUn film de David O Russell
Date de sortie : 5 février 2014
Avec Christian Bale, Bradley Cooper, Amy Adams, Jennifer Lawrence
Durée : 2h13

Synopsis :

Basé sur une histoire vraie, American Bluff nous plonge dans un des plus grands scandales qui ait secoué l’Amérique à la fin des années 1970. Un escroc particulièrement brillant, Irving Rosenfeld, et sa belle complice, Sydney Prosser, sont contraints par un agent du FBI, Richie DiMaso, de nager dans les eaux troubles de la mafia et du pouvoir pour piéger un homme politique corrompu, Carmine Polito. Le piège est risqué, d’autant que l’imprévisible épouse d’Irving, Rosalyn, pourrait bien tous les conduire à leur perte…

Notre avis sur le film :

Tout d’abord, cette affiche nous propose une belle brochette d’acteurs : Christian Bale, l’escroc génial ; Amy Adams, sa petite amie aguicheuse et maligne ; Jeremy Renner, le politicien corrompu ; Bradley Cooper, le flic ambitieux ; enfin Jennifer Lawrence, son épouse, prête à tout pour être aimée. L’intrigue est bonne et on suit avec plaisir cette joyeuse troupe qui ment, magouille, trafique et tente de se sortir des mauvais pas que ce jeu de dupes oblige. Le triangle amoureux est bien exploité, grâce notamment aux deux femmes fatales que sont Jennifer Lawrence, qui nous fait très vite oublier Katniss d’Hunger Games et Amy Adams, dont les tenues très légères ne sont pas pour nous déplaire. La meilleure scène du film est sans conteste la réunion entre grands patrons de la mafia : elle est d’une rare intensité et De Niro y est véritablement pour quelque chose. La morale ? Mieux vaut se méfier de tout le monde, c’est plus sûr !

The IT Crowd, résolument geek, délicieusement drôle, absolument british

The IT CrowdUne série sitcom britannique de Graham Linehan
Date de diffusion : 2006-2013
Avec Chris O’Dowd, Richard Ayoade, Katherine Parkinson
4 saisons de 6 épisodes + 1 spécial

Synopsis :

Moss et Roy sont deux geeks travaillant au service informatique d’une grande entreprise londonienne, Reynholm Industries. Socialement incompétents, l’entreprise a pourtant besoin d’eux au quotidien. Reynholm, le patron de l’entreprise, va nommer Jen responsable du département, alors qu’elle n’y connaît strictement rien en informatique. Le trio va alors de retrouver dans des situations burlesques, attisées par leurs caractères et leurs centres d’intérêt si différents.

Notre avis sur la série :

Have you tried turning it off and on again? Tel est le secret de Roy pour résoudre la majorité des problèmes informatiques. Irlandais et pantouflard, il cherche amis et amours mais se fait vite rattraper par ses habitudes déplacées. Moss, quant à lui, malgré son intelligence au-dessus de la moyenne, est incapable d’avoir une vie sociale épanouie. Jen est véritablement la touche féminine essentielle qui donne à la série son charme si particulier. Tous les ingrédients semblent être réunis pour une série bien mais sans plus. Et pourtant ! Dans The IT Crowd, tout a été conçu dans les moindres détails : la musique 8-bits du générique, les ordinateurs collector, les tee-shirts de Roy… Les personnages secondaires de la série ont eux aussi été minutieusement réfléchis : Deynholm, le patron totalement idiot et incompétent ; Douglas, le fils du patron et dragueur invétéré ; Richmond, le geek gothique-romantique que tout le monde oublie… Le seul défaut de cette série est sa brièveté mais on ne se lasse pas de voir et revoir les aventures de nos geeks british préférés. Hilarant !

Divergente, premier volet d’une love story audacieuse

DivergenteUn film de Neil Burger
Date de sortie : 9 avril 2014
Avec Shailene Woodley, Theo James, Kate Winslet
Durée : 2h19

Synopsis :

Tris vit dans un monde où la société est divisée en cinq clans (Audacieux, Érudits, Altruistes, Sincères, Fraternels). À 16 ans, elle doit choisir son appartenance pour le reste de sa vie. Mais son test d’aptitude n’est pas concluant : elle est Divergente. Les Divergents sont des individus rares n’appartenant à aucun clan et sont traqués par le gouvernement. Dissimulant son secret, Tris intègre l’univers brutal des Audacieux dont l’entraînement est basé sur la maîtrise de nos peurs les plus intimes.

Notre avis sur le film :

Un premier volet divertissant et très efficace dans lequel Neil Burger et sa talentueuse héroïne Shailene Woodley parviennent à nous emmener dans un monde de fiction très réel, où chacun a sa propre place et où tout est régenté par quelques puissants. On entre rapidement dans le scénario, on en vient même à se demander quelle serait notre propre faction. L’histoire aborde avec justesse l’identité de soi, par la psychologie profonde et complexe de Tris. Le développement de l’héroïne est vraiment très intéressant dans un cadre différent de ceux qu’on peut voir d’ordinaire. Tout repose sur cette divergence, soit d’agir à révolutionner ce système trop élitiste et idéaliste, soit de se conformer aux règles et aux normes que cette société envisage. Une belle histoire donc, quelques rebondissements inattendus, et surtout une suite Insurgent que l’on attend avec impatience.

The Blind Side, du sport à la famille

The Blind Side afficheUn film de John Lee Hancock
Date de sortie : 2009
Avec Sandra Bullock, Quinton Aaron, Tim McGraw, Lily Collins
Durée : 2h07

Synopsis :

Michael Oher, surnommé Big Mike, passe de famille d’accueil en famille d’accueil et erre dans les rues de Memphis. Un jour, il croise le chemin de Leigh Anne Tuohy qui lui propose de passer la nuit dans sa famille puisqu’il n’a nulle part où aller. Michael rencontrera une famille aisée, loin de ses repères, mais devinera qu’il a peut-être trouvé un foyer. Grâce au football et sa nouvelle famille, Michael pourra enfin s’épanouir et trouver sa voie.

Notre avis sur le film :

Inspiré d’une histoire vraie, ce film ouvre une voie royale à la famille, l’amitié et la confiance en son prochain. Le football américain sera pour Michael l’accomplissement d’un rêve oublié qui passe d’abord par l’éducation, des repères stables, une famille qui l’accepte comme il est : grand, noir et peu bavard. Le racisme est souvent évoqué et traité avec justesse (par la réussite sportive, la réaction des enfants…). Grâce à sa nouvelle maman (Sandra Bullock), Michael (Quinton Aaron) reprend peu à peu sa place : à l’école, où les professeurs s’adaptent à son niveau, dans son équipe de football, où le poste stratégique qu’il occupe va faire de lui une star, dans sa nouvelle famille enfin, où S.J. et Collins vont l’accueillir comme leur frère. Une véritable leçon d’humanité !

La vie d’Adèle, en quête de subversivité…

La vie d'AdèleUn film de Abdellatif Kechiche
Date de sortie : 9 octobre 2014
Avec Adèle Exarchopoulos, Léa Seydoux, Salim Kechiouche
Durée : 2h57

Synopsis :

Adèle a 15 ans et, pour elle comme pour ses copines, c’est une évidence, une fille, ça sort avec des garçons. Pourtant, sa vie bascule le jour où elle rencontre Emma, une jeune artiste aux cheveux bleus. Cette dernière lui fera découvrir le désir et lui permettra de s’affirmer en tant que femme. Face au regard des autres, Adèle grandit, se cherche, se perd, se trouve…

Notre avis sur le film :

Compte-tenu du succès retentissant du film, des bonnes critiques presse et pourquoi pas, de sa Palme d’Or, je pouvais m’attendre à un film original et engagé, parfaitement joué, à la fois très actuel et intemporel. Il n’en est rien. Adèle Exarchopoulos porte le film de bout en bout face à une Léa Seydoux dans un rôle dans lequel elle ne parvient pas à entrer complètement. Certaines scènes sonnent faux et ce n’est pas sans compter de nombreuses longueurs, impensables sur un film durant trois heures. La mise en avant des scènes, des expressions et des sentiments passe systématiquement par des gros plans et on en vient même à imaginer ce qui pourrait se trouver en dehors du champ de la caméra tant le malaise que fait naître Kechiche est grand. Mais peut-être est-ce là toute sa volonté. De même, la passion fusionnelle entre les deux jeunes femmes est filmée de manière brute, sans fard, sans limite. Seul point positif pour ce film : le jeu et le charisme à l’écran de la jeune Adèle. On la voit hésiter, s’interroger, tenter, aimer, pleurer, bref grandir tout simplement. Heureusement, car sans cette émotion qu’elle transmet, le film aurait paru encore plus long.

How I live now, entre adolescence, guerre et initiation

How I live nowUn film de Kevin Macdonald
Date de sortie : 12 mars 2014
Avec Saoirse Ronan, George Mackay, Tom Holland
Durée : 1h46

Synopsis :

C’est la première fois que Daisy vient passer ses vacances chez ses cousins britanniques. En pleine crise d’adolescence, la jeune fille perturbée accepte mal son séjour forcé chez une famille qu’elle connaît à peine. C’est alors qu’explose à Londres une bombe nucléaire, précipitant la planète dans la Troisième Guerre Mondiale. Daisy et ses cousins vont tout faire pour survivre et retrouver des repères que les événements leur ont enlevés.

Notre avis sur le film :

Après la prestation de Saoirse Ronan dans Les Âmes vagabondes, ce nouveau film ne dément pas le potentiel de cette jeune actrice à incarner des rôles très différents. Le film est véritablement organisé en trois parties. Dans la première, Daisy, jeune américaine renfermée et bardée de piercings, arrive chez ses cousins anglais, vivant dans une demeure au milieu d’une lande de rêve. Elle va progressivement se détendre au contact de Edmond, son cousin aîné, et pour lequel elle va commencer à éprouver des sentiments. L’explosion de la bombe nucléaire marque le début de la seconde partie du récit et sonne le glas des baignades estivales et des moments d’insouciance. Les enfants sont livrés à eux-mêmes et ils vont tout tenter pour rester ensemble. Lorsqu’ils sont découverts et séparés, Daisy et Edmond se font la promesse de se retrouver. Commence alors le dernier mouvement qui achève le parcours initiatique de Daisy. Comme les jeunes héros chez Spielberg, Daisy fait l’expérience du traumatisme, laquelle passe par le regard. La jeune femme choisit de regarder l’horreur droit dans les yeux, dans l’arrière-cour d’une ferme isolée. Saoirse Ronan porte ainsi How I live now (maintenant c’est ma vie) de bout en bout et prouve qu’elle n’est pas seulement une égérie pour adolescents, mais un jeune talent sur qui compter et qui insuffle à ce récit de construction et de reconstruction de soi, toute sa grâce.

The Grand Budapest Hotel, divinement kitsch et divertissant

The Grand Budapest Hotel

Affiche : The Grand Budapest Hotel

Un film de Wes Anderson
Date de sortie : 26 février 2014
Avec Ralph Fiennes, Tony Revolori, Saoirse Ronan, Mathieu Amalric
Durée : 1h40

Synopsis :

Au Grand Budapest Hotel, un célèbre hôtel européen de l’entre-deux-guerres, Gustave H, l’homme aux clés d’or va vivre une grande aventure en compagnie de son garçon d’étage Zéro Moustafa, son allié le plus fidèle. Une variation hilarante, poétique et poignante sur la Vieille Europe autour d’un crime sordide, d’un tableau volé et d’un conflit sur fond d’héritage familial.

Notre avis sur le film :

Le dernier film de Wes Anderson est une comédie d’aventures résolument kitsch et décalée qui nous transporte, au rythme d’un récit narratif à la fois débridé et bien construit, dans un hôtel ô combien singulier : le Grand Budapest Hotel. Il se dresse dans de vertigineuses montagnes et est tenu d’une main de maître par le pétillant Monsieur Gustave, qui divertit au passage quelques résidentes obsolètes. Il incarne avec une grâce infinie la vision mélancolique d’une Europe disparue, dont la douce folie et la quête d’honneur seront écrasées par la cupidité et la barbarie industrialisées. Tout dans ce film n’est que fantaisie poétique et on se laisse porter par un rythme assez soutenu où l’on croisera un grand nombre de personnages hauts en couleur telle une pâtissière pimpante (Saoirse Ronan), une femme de chambre corvéable (Léa Seydoux), un meurtrier de sang-froid (Willem Dafoe)… Le casting est l’une des forces de ce long-métrage de Wes Anderson, chacun des personnages imprimant à l’histoire sa tragicomédie au gré de détails parfois tristes, souvent burlesques, mais d’une grande intensité dramatique.

Song for Marion, il n’est jamais trop tard pour changer

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Un film de Paul Andrew Williams
Date de sortie : 15 mai 2013
Avec Terence Stamp, Vanessa Redgrave, Gemma Arterton
Durée : 1h33

Synopsis :

Arthur et Marion, deux retraités londoniens, sont profondément unis malgré leurs différences de caractère et la maladie qui, lentement, ronge Marion. Arthur, morose et asocial, ne comprend pas l’enthousiasme de sa femme à participer à une petite chorale locale, férue de reprises décalées et animée par Elizabeth, une jeune femme dynamique et enjouée.
Mais peu à peu, Arthur se laisse toucher par la gentillesse et la prévenance d’Elizabeth et découvrira, en participant à cette chorale, qu’il n’est jamais trop tard pour changer et que s’ouvrir aux autres est le remède miracle d’une solitude parfois bien difficile à supporter.

Notre avis sur le film :

De prime abord, le scénario parait bien classique et l’on parierait presque sur un ennui pesant. Et pourtant ! La qualité première de ce film est le jeu très juste des acteurs. Vanessa Redgrave resplendit malgré la maladie qui la touche et rien ne semble assombrir son horizon, ni la perspective de la mort prochaine, ni le caractère grognon de son mari qu’elle aime tant. Gemma Arterton, la sympathique et pétillante animatrice de cette chorale originale, dont les membres prennent un plaisir certain à interpréter des chansons parfois osées. Terence Stamp, enfin, la vraie star de ce film, absolument parfait dans son rôle de vieil homme bourru, asocial et fâché avec la terre entière, à commencer par son propre fils. Il réussit la prouesse de s’ouvrir lentement aux autres et à la musique et comprend, in fine, ce qui animait Marion dans cette volonté de participer coûte que coûte à cette chorale. Le final est saisissant et d’une grande intensité.