Archives par auteur: topexpos

Au sujet de topexpos

Topexpos a été créé en 1997 par Julien Gavenc dans le but de promouvoir la culture et de montrer qu’elle doit être gratuite et accessible à tous.

Mary, une petite fille presque comme les autres

MaryUn film de Marc Webb
Date de sortie : 13 septembre 2017
Avec Chris Evans, Mckenna Grace, Lindsay Duncan
Durée : 1h41

Synopsis :

Après le suicide de sa mère alors qu’elle n’était qu’un bébé, Mary Alder se voit confiée à son oncle, Frank. Dès son 1er jour d’école, sa maîtresse, Bonnie, découvre que l’enfant est un génie, étant capable de résoudre des problèmes de mathématique très complexes et bien trop avancés pour une enfant de 7 ans. Commence alors une bataille juridique pour la garde de l’enfant, menée par sa grand-mère maternelle. Frank, opposé à l’idée que sa nièce soit envoyée dans une école pour génies, se bat pour en conserver la garde.

Notre avis sur le film :

On retrouve ici Captain America (Chris Evans) dans un registre bien différent, celui d’un homme qui a promis à sa sœur de prendre soin de sa fille. Mais lorsque cette dernière commence à montrer des capacités impressionnantes pour une enfant de son âge, notamment en mathématiques, le dilemme intervient. Doit-il laisser Mary poursuivre sa scolarité dans une école classique et avoir une enfance normale ou doit-il lui permettre de développer très jeune ses extraordinaires capacités en l’envoyant dans une école pour surdoués ? La grand-mère maternelle, n’ayant jamais admis que le suicide de sa fille pouvait être de près ou de loin lié aux mathématiques, penche pour la seconde option et essaye d’obtenir la garde de Mary. L’originalité du scénario repose sur cette complicité père-fille alors même qu’ils ne le sont pas. Taciturne, Frank ne montre pas volontiers ses émotions même s’il sait avoir raison quant à l’avenir de la jeune fille. Cette dernière incarne parfaitement la dualité de son existence, entre la volonté d’être une petite fille comme les autres mais pas vraiment sociable, et cette envie insatiable de résoudre des problèmes plus compliqués les uns que les autres. Chacun devra trouver son équilibre mais quand la justice vient mettre son nez dans les affaires de familles, c’est rarement pour les simplifier. Un film attachant, avec un potentiel pas totalement exploité mais un scénario bien ficelé, un jeu juste pour une morale somme toute assez prosaïque.

Raid dingue, la motivation ne fait pas tout

Raid dingue, un film de Dany BoonUn film de Dany Boon
Date de sortie : 1 février 2017
Avec Alice Pol, Dany Boon, Michel Blanc
Durée : 1h50

Synopsis :

Johanna Pasquali est une fliquette pas comme les autres. Distraite, rêveuse et maladroite, elle est sympathique mais totalement nulle. Dotée pourtant de réelles compétences, sa maladresse fait d’elle une menace pour les criminels, le grand public et ses collègues. Elle s’entraîne pourtant sans relâche pendant son temps libre pour réaliser son rêve : être la première femme à intégrer le groupe d’élite du RAID.
Acceptée au centre de formation du RAID pour des raisons obscures et politiques, elle se retrouve alors dans les pattes de l’agent Eugène Froissard (dit Poissard), le plus misogyne des agents du RAID. Ce duo improbable se voit chargé d’arrêter le redoutable Gang des Léopards, responsable de gros braquages dans les rues de la capitale.

Notre avis sur le film :

Comme dans Supercondriaque, l’un de ses précédents films, Dany Boon, toujours aussi amusant, trouve en Alice Pol un alter-ego dont le talent comique s’affirme de plus en plus et rappelle l’énergie et la drôlerie de Valérie Lemercier. Complètement obsédée par sa réussite dans le métier de policier, Johanna Pasquali se donne à fond sur son temps libre pour s’entraîner et être au top afin d’intégrer, un jour, la prestigieuse équipe du RAID. Son père, ministre de la Défense, n’est pas totalement étranger à cette intégration surprise au RAID et Johanna se retrouve dans un monde d’hommes qui ne lui fait pas peur mais où elle est bien décidée à faire ses preuves, quitte à en faire plus que les autres. Sa maladresse et les quiproquos engendrés ne sont pas sans rappeler l’attachant Coluche dans l’Inspecteur la Bavure. En quelques années, Alice Pol s’impose de plus en plus comme un choix évident dans les premiers rôles, faisant même passer au second plan le jeu toujours désopilant de Dany Boon (enfin on aime ou on n’aime pas). Une comédie bien sympathique qui aborde avec légèreté mais force critique la misogynie ambiante, les magouilles politiques, la réussite par la volonté, les préjugés de l’aristocratie, la reconnaissance au mérite. Un bon moment assurément !

Le cœur en braille, un film à voir avec le cœur

Le cœur en brailleUn film de Michel Boujenah
Date de sortie : 28 décembre 2016
Avec Alix Vaillot, Jean-Stan du Pac, Charles Berling
Durée : 1h25

Synopsis :

Marie est une adolescente passionnée de violoncelle et très douée à l’école. Victor est un garçon sympathique, dynamique, mais qui connaît quelques difficultés scolaires. Ignorant que Marie est en train de perdre la vue, Victor tombe amoureux d’elle. Et petit à petit, à sa grande surprise, Marie se met à l’aider… Lorsque Marie lui révèle son secret, un pacte est conclu entre les deux adolescents : Victor l’aide à cacher son état afin qu’elle puisse passer le concours d’entrée au conservatoire. Une amitié indéfectible va naître de ce duo improbable, prêt à tout pour faire front face au reste du monde.

Notre avis sur le film :

Des ados, un handicap, des bons sentiments ? Une impression de déjà-vu ? En effet, et pourtant ! La performance des jeunes acteurs et leur sincérité nous touchent et nous embarquent dans cette histoire à la fois légère et triste puisqu’on comprend vite qu’inexorablement la jeune Marie va perdre la vue. Ils vont s’entraider coûte que coûte et tirer parti de cette situation qu’ils ont fini par accepter. La relation père-fils est aussi abordée avec justesse, quand l’adulte ment à l’enfant car il n’arrive pas lui-même à accepter la dure réalité. Ce film n’est donc pas une révolution du genre mais il aborde avec sensibilité les prémices de l’adolescence, les premiers émois, les premières peines aussi, tout ce qui formera l’adulte que nous serons plus tard. Car c’est parfois de l’obscurité que surgit la lumière… et avec elle, le bonheur !

Fleurs sauvages, un roman de Kimberley Freeman

Fleurs sauvages, de Kimberley Freeman

Un livre de Kimberley Freeman
Édition : Pocket
ISBN :978-2266264273
Note personnelle : 19 / 20

Acheter le livre sur Amazon

Synopsis :

Glasgow, 1929. Beattie Blaxland avait des rêves. De grands rêves. Elle imaginait une vie faite de mode et d’étoffes. Ce dont elle n’avait jamais rêvé, en revanche, c’est de tomber enceinte de son amant, un homme marié, à la veille de son dix-neuvième anniversaire.
Londres, 2009. Emma Blaxland-Hunter vivait son rêve. Danseuse étoile au London Ballet, elle avait tout… jusqu’au jour où elle a tout perdu.
Des décennies les séparent, mais les deux femmes devront trouver la force de reconstruire leur vie. Un héritage les mènera à la campagne australienne de Wildflower Hill, là où chacun peut apprendre à se relever et découvrir ce qu’il veut vraiment.

Notre avis sur le roman :

 » Il y a deux sortes de femmes sur Terre, Beattie : celles qui font les choses et celles qui se laissent faire. « 
Voilà le genre de pépite qu’on n’attend pas. Une couverture un peu girly. Un résumé dévoilant un roman presque classique, confrontant deux époques, deux femmes d’une même famille, deux destins brisés. Et un pavé de près de 600 pages. Et pourtant, dès les premières pages, on s’attache à ces deux femmes et à tous les personnages secondaires hauts-en-couleurs, soient-ils détestables ou gentils et prévenants. Une fresque romanesque autour de l’amour et de la liberté, à des époques où les mentalités sont bien différentes. Le rapport hommes-femmes, la liberté, le racisme, la réussite, l’argent, le jeu, la foi… de nombreux thèmes sont abordés avec beaucoup de justesse et mettent en scène une Australie qui a socialement progressé à l’instar du reste du monde, mais reste toujours unique de par ses paysages immenses à couper le souffle, la brise chaude et étouffante des mois d’été, ses fermes perdues au milieu de nulle part, telle Wildflower Hill et ses milliers de moutons. On n’a pas envie de quitter Beattie et son lot de grands malheurs et de petits bonheurs si ce n’est pour retrouver Emma et voir comment elle va pouvoir se reconstruire après avoir perdu ce qui comptait le plus pour elle. Mais perd-on véritablement les choses ou sont-elles tout simplement rattachées à un moment, se transformant plus tard en un souvenir ? Et si la vie n’était au final qu’une succession de ces moments qu’il faut savoir apprécier et garder précieusement pour surmonter les épreuves qui surviennent inexorablement ? Une belle réflexion sur la vie et sur la force de se battre pour la rendre plus belle. Émerveillant !

Time Lapse, et si vous parveniez à photographier l’avenir ?

Time LapseUn film de Bradley King (II)
Date de sortie : 13 juillet 2016
Avec Danielle Panabaker, Matt O’Leary, Sharon Maughan
Durée : 1h44

Synopsis :

Finn, Callie et Jasper, trois jeunes colocataires, découvrent le cadavre de leur voisin scientifique. En inspectant sa maison, ils tombent sur une mystérieuse machine qui semble chaque jour photographier leur propre salon 24h à l’avance. Excités par l’idée de pouvoir visualiser leur avenir, ils décident de tirer profit de cette découverte et de l’utiliser à des fins personnelles. Mais, leur soudaine réussite finit par éveiller les soupçons et le trio se retrouve très vite plongé dans une spirale infernale. Parviendront-ils à en sortir indemnes ?

Notre avis sur le film :

Encore un film qui exploite le scénario du voyage dans le temps, ou tout au moins qui permet de connaître son avenir proche. C’est comme ça que trois jeunes gens tombent sur cet énorme appareil photo capable de prendre des photos de leur salon montrant ce qu’il s’y passera dans 24h. Mais dès lors qu’ils ont vu le potentiel de cette machine, ils vont l’utiliser à des fins personnelles, essentiellement pour s’enrichir, sans se douter des jalousies qui vont aller de paire avec cette chance soudaine. Les personnages secondaires sont à l’image des personnages principaux, un peu fades et engoncés dans leurs rôles respectifs. On comprend très vite que, jour après jour, photo après photo, l’appât du gain et l’envie de connaître l’avenir seront les plus forts et finiront par tout détruire. C’est le genre d’histoire qui ne peut pas se terminer en happy end. Pourtant, et malgré une construction linéaire un peu étrange pour un voyage dans le temps, on se prend au jeu et on veut savoir comment ça va mal finir. Sans être haletant, le suspense se maintient jusqu’au bout et sa fin dotée d’une pirouette assez originale. La manipulation du temps n’est jamais sans conséquence.

Tout n’est pas perdu, un roman de Wendy Walker

Tout n'est pas perdu de Wendy Walker

Un livre de Wendy Walker
Édition : Sonatine
ISBN : 978-2355845154
Note personnelle : 14,5 / 20

Acheter le livre sur Amazon

Synopsis :

Alan Forrester est thérapeute dans la petite ville cossue de Fairview, Connecticut. Un jour, il reçoit en consultation une jeune fille, Jenny Kramer, qui présente des troubles inquiétants. Celle-ci a reçu un traitement post-traumatique afin d’effacer le souvenir d’une abominable agression dont elle a été victime quelques mois plus tôt. Mais si son esprit l’a oubliée, sa mémoire émotionnelle est bel et bien marquée.
Bientôt tous les acteurs de ce drame se succèdent dans le cabinet d’Alan, confiant leurs pensées les plus intimes, laissant tomber le masque, et faisant apparaître les fissures et les secrets de la ville aux apparences si tranquille…

Notre avis sur le roman :

 » Quand j’ai entendu le récit du viol de Jenny Kramer, je n’aurais pu dire dans quelle mesure il était vrai. C’était une histoire qui avait été reconstituée à partir d’indices scientifiques, de déclarations de témoins, de profils psychologiques de criminels, et des bribes de souvenirs décousus et fragmentés qui restaient à Jenny après le traitement. « 
Un thriller prenant écrit à la première personne où le psychiatre narre ses longues discussions avec ses patients, et notamment ceux ayant reçu le « médicament de l’oubli » suite à un traumatisme. Jenny, une jeune fille ayant été violée à proximité de la maison où se tenait une fête, a-t-elle vraiment tout oublié ou ses souvenirs sont-ils juste enfouis dans les méandres d’une mémoire altérée ? Expliquant avec précision certains mécanismes de la mémoire, Alan explore les limites possibles de son intervention entre recouvrance et altération des souvenirs. Le récit est assez posé et l’intensité reste de fait quasiment identique du début à la fin. L’écriture est relativement fluide même lors de l’explication parfois un peu longue des mécanismes de la mémoire et du classement des souvenirs. Le roman tourne finalement peu autour du viol de Jenny mais on comprend qu’il est le déclencheur de l’effondrement progressif de secrets et de non-dits entre de nombreux protagonistes. Trouver un (son ?) agresseur devient une finalité vitale pour l’équilibre de toutes ces histoires qui s’enchevêtrent. On passe un bon moment avec ce livre mais on aurait peut-être apprécié davantage d’intensité dans la résolution de l’histoire et celle du dernier lien qui explique beaucoup de choses. À découvrir !

La Belle et la Bête, et la magie renaît…

La Belle et la Bête - afficheUn film de Bill Condon
Date de sortie : 22 mars 2017
Avec Emma Watson, Dan Stevens, Luke Evans
Durée : 2h09

Synopsis :

Fin du XVIIIe siècle, dans un petit village français. Belle, jeune fille rêveuse et passionnée de littérature, vit avec son père, un vieil inventeur farfelu. S’étant perdu une nuit dans la fôret, ce dernier se réfugie au château de la Bête, qui le jette au cachot. Ne pouvant supporter de voir son père emprisonné, Belle accepte alors de prendre sa place, ignorant que sous le masque du monstre se cache un Prince Charmant tremblant d’amour pour elle, mais victime d’une terrible malédiction.

Notre avis sur le film :

Il en faut du génie pour réussir à passionner et émouvoir sur cette histoire que l’on connaît par cœur et que la version animée de 1991 avait transcendé. De plus, la version de Christophe Gans en 2014 nous avait franchement échaudé de transposer en film cette merveille de l’animation Disney. Et pourtant, c’est encore une fois la firme aux oreilles de Mickey qui réussit ce tour de force de faire un film parfait à tous points de vue. Le choix des acteurs est on ne peut plus adéquat : de la Belle Emma Watson, qui est non seulement ravissante mais également une jeune femme libre, cultivée et indépendante, au détestable Gaston interprété par Luke Evans qui surprend et incarne le parfait séducteur macho qui ne comprend pas que le physique et la richesse ne suffisent pas à Belle. Les personnages secondaires, tellement importants dans ce film, sont eux aussi admirablement choisis et investis de leur rôle. Visuellement, cette nouvelle adaptation est un enchantement et dès les premiers paysages, la magie renaît. On retrouve avec plaisir les chansons qui ont fait son succès mais aussi quelques nouveautés. La fidélité au film d’animation est quasiment sans faille (jusque dans les costumes), les seuls petits écarts étant de vrais bénéfices pour le film. Alors un grand coup de chapeau à Disney qui, après Le Livre de la jungle, parvient à transposer dans le monde réel cette fable intemporelle de prince et de princesse, et à ranimer la flamme nostalgique de nos souvenirs d’enfants. Bravo !

Believe, jusqu’où Bo pourrait-elle aller ?

Believe, la sérieUne série créée par Alfonso Cuarón, Mark Friedman
Date de diffusion : 2014
Avec Johnny Sequoyah, Jake McLaughlin, Delroy Lindo
Durée : 13 épisodes de 45 minutes

Synopsis :

Bo, à 10 ans, est dotée de pouvoirs mystérieux, mais le découvre à peine. Orpheline, elle assiste au meurtre de ses nouveaux parents adoptifs. La femme qui les a assassinés avait pour mission de récupérer la jeune fille. Traquée, elle doit désormais se cacher. Elle est protégée par un homme qui vient de s’évader de prison, aidé et recruté par une organisation secrète. Ensemble, ils vont parcourir les États-Unis…

Notre avis sur la série :

Believe est une belle découverte, une série inattendue au scénario certes un peu déjà vu mais portée par des acteurs « qui y croient ». Bo, une jeune blondinette d’une dizaine d’années va être soustraite à un établissement spécialisé par son mentor, Milton Winter, qui craint pour la vie de la jeune fille et la paix dans le monde. En effet, Bo développe des pouvoirs paranormaux (les pigeons attaquent sur demande, les objets lévitent…) et le programme dans lequel elle a été entraînée depuis sa naissance souhaite potentiellement en faire « une arme de la paix dans le monde », avec toute la nuance que cela sous-entend. Johnny Sequoyah (la jeune fille) est étonnante de fraîcheur et de bonté et elle sera protégée par Tate, un homme qui pourra s’évader du couloir de la mort avec l’aide de Milton Winter. Ce dernier croit en Tate pour préserver Bo et ses pouvoirs des méchants qui veulent la récupérer. Chaque épisode déroule un scénario rythmé et aborde une nouvelle facette des pouvoirs de Bo, qui n’a de cesse de faire le bien autour d’elle, souvent au mépris de sa propre sécurité, essayant de ramener Tate, le gentil criminel, dans le droit chemin. La série ayant malheureusement été annulée à la saison 13, elle n’a pas de véritable fin même si le découpage « une histoire par épisode et un fil rouge » permet de la regarder sans trop de frustration. Pour ceux qui aiment les fins, ils peuvent même s’arrêter à la fin de l’épisode 12 qui ne répond certes pas à toutes les questions mais qui peut faire office de fin malgré tout. En tout cas, Believe est une série bien menée par le tandem A. Cuarón – JJ. Abrams, au rythme constant, à mi-chemin entre bons sentiments et rebondissements plein d’action !

L’ombre du mal, un serial-killer dans l’ombre de Poe

L'ombre du mal - afficheUn film de James McTeigue
Date de sortie : 20 juin 2012
Avec John Cusack, Luke Evans, Alice Eve
Durée : 1h51

Synopsis :

Edgar Allan Poe n’aurait jamais imaginé qu’un de ses « admirateurs » serait assez fou pour recréer les horribles crimes nés de ses délires littéraires ; assez pervers pour l’obliger à devenir son biographe et à narrer par le menu ses sanglants exploits, mis en scène avec une précision diabolique ; assez cruel pour lui enlever la femme de sa vie et l’ensevelir en lui laissant tout juste quelques heures pour la sauver… Pour un écrivain, rien n’est plus troublant que de voir ses fictions prises au pied de la lettre, et ses personnages de fiction s’incarner dans le monde réel. Mais pour l’auteur des « Histoires extraordinaires », l’enjeu est de retrouver au plus vite son « double » démoniaque pour éviter de sombrer lui-même dans une folie sans retour…

Notre avis sur le film :

Un film intéressant certes, mais d’une intensité inégale. Lorsque le détective Fields découvre que le meurtre horrible d’une mère et à sa fille ressemble point pour point à une histoire du journal local, il fait appel à l’écrivain, le déjà célèbre Edgar Allan Poe. Ce dernier est d’abord suspecté puis innocenté lorsqu’un second meurtre tout aussi sordide survient. Le détective demande donc à Poe de l’aider dans ses recherches pour démasquer le serial killer qui s’inspire de ses histoires. Au moment où la promise de l’écrivain est enlevée, Poe comprend alors qu’il n’a d’autre choix que de mettre à profit ses talents pour la sauver. On découvre un John Cusack campant un Edgar Poe tourmenté, parfois violent et très porté sur la bouteille. Malgré tout, on n’arrive pas à le sentir complètement investi dans ce rôle qu’il surjoue parfois tant les tirades – en partie extraites des écrits de Poe – paraissent lues et non vécues. En somme, il se dégage une sorte de distance même dans certains moments critiques. Néanmoins, le film reste un bon thriller, prenant et intriguant. Côté réalisation, là encore, après un démarrage poussif, l’intensité ne monte pas crescendo jusqu’au dénouement mais plutôt sous forme linéaire d’étapes – meurtres, indices… – et on se demande bien quand Poe va finir par démasquer le tueur. Cette construction ajoute donc quelques longueurs inutiles et n’explique pas pour autant des revirements d’attitudes de la part de certains protagonistes, limitant ainsi leur crédibilité. Quelques scènes enfin, sont à déconseiller aux plus jeunes tant la violence des meurtres est montrée sans fard, fidèle à l’écriture de Poe. Divertissant tout de même !

Dans les forêts de Sibérie, seul face à la nature…

Dans les forêts de SibérieUn film de Safy Nebbou
Date de sortie : 15 juin 2016
Avec Raphaël Personnaz, Evgueni Sidikhine
Durée : 1h45

Synopsis :

Pour assouvir un besoin de liberté, Teddy décide de partir loin du bruit du monde, et s’installe seul dans une cabane, sur les rives gelées du lac Baïkal. Une nuit, perdu dans le blizzard, il est secouru par Aleksei, un Russe en cavale qui vit caché dans la forêt sibérienne depuis des années. Entre ces deux hommes que tout oppose, l’amitié va naître aussi soudaine qu’essentielle.

Notre avis sur le film :

Librement adaptée du livre de Sylvain Tesson, le film de Safy Nebbou réussit le tour de force de faire entrer la Nature comme personnage à part entière : c’est elle qui fournit les principales péripéties, les rebondissements, c’est elle encore qui impose le rythme et dicte les émotions des hommes. C’est elle enfin qui a le dernier mot. Les vastes étendues gelées du lac Baïkal s’offrent à nos yeux émerveillés par tant de beautés et je savais, instinctivement, que ce film ne pourrait me décevoir. On retrouve un peu de Nicolas Vannier dans l’exaltation et le besoin de solitude qu’a Teddy en choisissant de s’isoler dans ce coin reculé, coupé du monde et du confort d’aujourd’hui (électricité, eau courante, chauffage…). Les conditions sont rudes mais il réussit à faire une véritable introspection sans se plaindre de son choix radical. Malgré l’esthétique des plans, on sent que le danger voire la mort rodent dans cet environnement hostile. Une erreur, un oubli, une distraction, et tout peut basculer. La Providence mettra Aleksei sur la route de Teddy et fera naître entre eux un lien indéfectible d’amitié et de respect. Une belle histoire, porté par un Raphaël Personnaz qui manque parfois un peu de conviction mais surtout par une Nature étincelante, des paysages de glace en perpétuel mouvement, en constant grondement. Au-delà de l’histoire, ce film est un véritable voyage aux confins de la Russie, là où la solitude et le froid se confrontent à l’accueil chaleureux du peuple russe. Et ce voyage vaut vraiment le coup !