Archive mensuelles: novembre 2017

Jimmy’s hall, la lutte irlandaise pour s’affranchir du dogme

Jimmy's HallUn film de Ken Loach
Date de sortie : 2 juillet 2014
Avec Barry Ward, Simone Kirby, Andrew Scott
Durée : 1h49

Synopsis :

1932 – Après un exil de 10 ans aux États-Unis, Jimmy Gralton rentre au pays pour aider sa mère à s’occuper de la ferme familiale.
L’Irlande qu’il retrouve, une dizaine d’années après la guerre civile, s’est dotée d’un nouveau gouvernement. Tous les espoirs sont permis…
Suite aux sollicitations des jeunes du Comté de Leitrim, Jimmy, malgré sa réticence à provoquer ses vieux ennemis comme l’Eglise ou les propriétaires terriens, décide de rouvrir le « Hall », un foyer ouvert à tous où l’on se retrouve pour danser, étudier, ou discuter. À nouveau, le succès est immédiat. Mais l’influence grandissante de Jimmy et ses idées progressistes ne sont toujours pas du goût de tout le monde au village. Les tensions refont surface.

Notre avis sur le film :

Ken Loach, huit ans après Le vent se lève et pour sa dernière réalisation, nous propose de replonger dans les heures sombres mais pourtant teintées d’espoir de l’Irlande. Empêtrée dans un dogme religieux maintenu par une toute-puissante Église représentée localement d’une main de fer par le Père Shéridan, cette Irlande des années 30 a une folle envie de liberté. Et celle-ci s’incarne en la personne de Jimmy Gralton, revenu au pays après 10 ans d’exil, pour aider sa mère à la ferme. Ses convictions vont rapidement reprendre le dessus, attisées par le vent de folie de la jeunesse pleine de fougue prompte à s’instruire, à discuter et à danser, loin des bancs de l’église. Mais c’est une véritable guerre de clans qui va se créer, l’une soutenue par l’État et l’Église, l’autre promue par des hommes et des femmes simples et soucieux de se dépêtrer de l’assouvissement du dogme catholique. C’est une véritable « chasse aux sorcières » qui s’ouvre, où les pères battent leurs filles et où le curé dénonce publiquement les partisans du Hall de Jimmy. En arrière-plan, on constate une fracture dans la société où certains se rendent compte qu’ils peuvent s’instruire et rester libres. Jimmy retrouve également Oonagh, son amour d’antan, mais ils comprennent plus que n’acceptent le fait que leur passion d’alors est belle et bien révolue, le temps ayant fait son œuvre. Ken Loach nous livre ainsi un dernier film rythmé par des confrontations physiques ou psychologiques, d’un pays arrivé à un tournant de son histoire, où le charisme de Jimmy aura permis une émancipation durable et la contestation nécessaire de préceptes séculaires dépassés.

Café givré de Suzanne Selfors, croyez-vous aux signes ?

Café givré de Suzanne Selfors

Un livre de Suzanne Selfors
Édition : Flammarion
ISBN : 978-2081244368
Note personnelle : 18,5 / 20

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Synopsis :

Vous croyez aux signes ? La foudre qui frappe une voiture dont vous sortez à l’instant, un chat noir qui traverse votre chemin… Vous voyez ce que je veux dire ? Le hasard, peut-être. Moi, je n’y ai jamais cru, à ce genre de trucs. Avant de le rencontrer, lui.

Depuis la mort de ses parents, Katrina vit et travaille avec sa grand-mère qui tient un café. Alors qu’elle vient d’offrir un café à un sans-abri, ce dernier lui révèle qu’il est en fait un ange et lui propose d’exaucer son voeu le plus cher.

Notre avis sur le roman :

 » Quand je l’ai aperçu pour la première fois, il dormait dans l’arrière-cour de notre café. Ma grand-mère tient ce café depuis des lustres, et je l’aide un peu. J’ai pensé que c’était un clochard. « 
La vie de Katrina tourne autour du café Chez Anna, du nom de sa grand-mère avec qui elle vit depuis la mort de ses parents. Pas très populaire, un peu taciturne, sa vie sa basculer le jour où elle va apporter un café au sans-abri couché dans l’arrière-cour, dans le froid glacial. Celui-ci se révèlera être en réalité un Messager et souhaitera combler son plus grand désir malgré elle. Katrina se rendra alors compte que ses petits souhaits d’adolescente ne sont en rien les désirs d’une vie, à l’heure où l’on abandonne la sécurité de l’enfance pour l’incertitude de la vie d’adulte. Katrina apprendra également à croire en elle-même et en ses rêves et à ne pas essayer de vivre ceux des autres. Dans nos relations, dans nos actions et leurs conséquences, rien n’arrive comme on l’avait prévu. Le café d’Anna est semblable à cette enfance qui doit inexorablement se terminer, ce bon chocolat chaud qui réchauffe le cœur alors que la tempête fait rage derrière la vitre embuée par le froid. Une petite leçon de vie revigorante, entre amitiés d’enfance et prémices de l’amour, entre secrets et mystères, entre nostalgie et envie d’avenir. Éblouissant !