Archive mensuelles: mars 2017

Believe, jusqu’où Bo pourrait-elle aller ?

Believe, la sérieUne série créée par Alfonso Cuarón, Mark Friedman
Date de diffusion : 2014
Avec Johnny Sequoyah, Jake McLaughlin, Delroy Lindo
Durée : 13 épisodes de 45 minutes

Synopsis :

Bo, à 10 ans, est dotée de pouvoirs mystérieux, mais le découvre à peine. Orpheline, elle assiste au meurtre de ses nouveaux parents adoptifs. La femme qui les a assassinés avait pour mission de récupérer la jeune fille. Traquée, elle doit désormais se cacher. Elle est protégée par un homme qui vient de s’évader de prison, aidé et recruté par une organisation secrète. Ensemble, ils vont parcourir les États-Unis…

Notre avis sur la série :

Believe est une belle découverte, une série inattendue au scénario certes un peu déjà vu mais portée par des acteurs « qui y croient ». Bo, une jeune blondinette d’une dizaine d’années va être soustraite à un établissement spécialisé par son mentor, Milton Winter, qui craint pour la vie de la jeune fille et la paix dans le monde. En effet, Bo développe des pouvoirs paranormaux (les pigeons attaquent sur demande, les objets lévitent…) et le programme dans lequel elle a été entraînée depuis sa naissance souhaite potentiellement en faire « une arme de la paix dans le monde », avec toute la nuance que cela sous-entend. Johnny Sequoyah (la jeune fille) est étonnante de fraîcheur et de bonté et elle sera protégée par Tate, un homme qui pourra s’évader du couloir de la mort avec l’aide de Milton Winter. Ce dernier croit en Tate pour préserver Bo et ses pouvoirs des méchants qui veulent la récupérer. Chaque épisode déroule un scénario rythmé et aborde une nouvelle facette des pouvoirs de Bo, qui n’a de cesse de faire le bien autour d’elle, souvent au mépris de sa propre sécurité, essayant de ramener Tate, le gentil criminel, dans le droit chemin. La série ayant malheureusement été annulée à la saison 13, elle n’a pas de véritable fin même si le découpage « une histoire par épisode et un fil rouge » permet de la regarder sans trop de frustration. Pour ceux qui aiment les fins, ils peuvent même s’arrêter à la fin de l’épisode 12 qui ne répond certes pas à toutes les questions mais qui peut faire office de fin malgré tout. En tout cas, Believe est une série bien menée par le tandem A. Cuarón – JJ. Abrams, au rythme constant, à mi-chemin entre bons sentiments et rebondissements plein d’action !

L’ombre du mal, un serial-killer dans l’ombre de Poe

L'ombre du mal - afficheUn film de James McTeigue
Date de sortie : 20 juin 2012
Avec John Cusack, Luke Evans, Alice Eve
Durée : 1h51

Synopsis :

Edgar Allan Poe n’aurait jamais imaginé qu’un de ses « admirateurs » serait assez fou pour recréer les horribles crimes nés de ses délires littéraires ; assez pervers pour l’obliger à devenir son biographe et à narrer par le menu ses sanglants exploits, mis en scène avec une précision diabolique ; assez cruel pour lui enlever la femme de sa vie et l’ensevelir en lui laissant tout juste quelques heures pour la sauver… Pour un écrivain, rien n’est plus troublant que de voir ses fictions prises au pied de la lettre, et ses personnages de fiction s’incarner dans le monde réel. Mais pour l’auteur des « Histoires extraordinaires », l’enjeu est de retrouver au plus vite son « double » démoniaque pour éviter de sombrer lui-même dans une folie sans retour…

Notre avis sur le film :

Un film intéressant certes, mais d’une intensité inégale. Lorsque le détective Fields découvre que le meurtre horrible d’une mère et à sa fille ressemble point pour point à une histoire du journal local, il fait appel à l’écrivain, le déjà célèbre Edgar Allan Poe. Ce dernier est d’abord suspecté puis innocenté lorsqu’un second meurtre tout aussi sordide survient. Le détective demande donc à Poe de l’aider dans ses recherches pour démasquer le serial killer qui s’inspire de ses histoires. Au moment où la promise de l’écrivain est enlevée, Poe comprend alors qu’il n’a d’autre choix que de mettre à profit ses talents pour la sauver. On découvre un John Cusack campant un Edgar Poe tourmenté, parfois violent et très porté sur la bouteille. Malgré tout, on n’arrive pas à le sentir complètement investi dans ce rôle qu’il surjoue parfois tant les tirades – en partie extraites des écrits de Poe – paraissent lues et non vécues. En somme, il se dégage une sorte de distance même dans certains moments critiques. Néanmoins, le film reste un bon thriller, prenant et intriguant. Côté réalisation, là encore, après un démarrage poussif, l’intensité ne monte pas crescendo jusqu’au dénouement mais plutôt sous forme linéaire d’étapes – meurtres, indices… – et on se demande bien quand Poe va finir par démasquer le tueur. Cette construction ajoute donc quelques longueurs inutiles et n’explique pas pour autant des revirements d’attitudes de la part de certains protagonistes, limitant ainsi leur crédibilité. Quelques scènes enfin, sont à déconseiller aux plus jeunes tant la violence des meurtres est montrée sans fard, fidèle à l’écriture de Poe. Divertissant tout de même !

Dans les forêts de Sibérie, seul face à la nature…

Dans les forêts de SibérieUn film de Safy Nebbou
Date de sortie : 15 juin 2016
Avec Raphaël Personnaz, Evgueni Sidikhine
Durée : 1h45

Synopsis :

Pour assouvir un besoin de liberté, Teddy décide de partir loin du bruit du monde, et s’installe seul dans une cabane, sur les rives gelées du lac Baïkal. Une nuit, perdu dans le blizzard, il est secouru par Aleksei, un Russe en cavale qui vit caché dans la forêt sibérienne depuis des années. Entre ces deux hommes que tout oppose, l’amitié va naître aussi soudaine qu’essentielle.

Notre avis sur le film :

Librement adaptée du livre de Sylvain Tesson, le film de Safy Nebbou réussit le tour de force de faire entrer la Nature comme personnage à part entière : c’est elle qui fournit les principales péripéties, les rebondissements, c’est elle encore qui impose le rythme et dicte les émotions des hommes. C’est elle enfin qui a le dernier mot. Les vastes étendues gelées du lac Baïkal s’offrent à nos yeux émerveillés par tant de beautés et je savais, instinctivement, que ce film ne pourrait me décevoir. On retrouve un peu de Nicolas Vannier dans l’exaltation et le besoin de solitude qu’a Teddy en choisissant de s’isoler dans ce coin reculé, coupé du monde et du confort d’aujourd’hui (électricité, eau courante, chauffage…). Les conditions sont rudes mais il réussit à faire une véritable introspection sans se plaindre de son choix radical. Malgré l’esthétique des plans, on sent que le danger voire la mort rodent dans cet environnement hostile. Une erreur, un oubli, une distraction, et tout peut basculer. La Providence mettra Aleksei sur la route de Teddy et fera naître entre eux un lien indéfectible d’amitié et de respect. Une belle histoire, porté par un Raphaël Personnaz qui manque parfois un peu de conviction mais surtout par une Nature étincelante, des paysages de glace en perpétuel mouvement, en constant grondement. Au-delà de l’histoire, ce film est un véritable voyage aux confins de la Russie, là où la solitude et le froid se confrontent à l’accueil chaleureux du peuple russe. Et ce voyage vaut vraiment le coup !