Archive mensuelles: février 2017

Radin! Quand on aime, on ne compte pas, sauf…

Radin!Un film de Fred Cavayé
Date de sortie : 28 septembre 2016
Avec Dany Boon, Laurence Arné, Noémie Schmidt
Durée : 1h30

Synopsis :

François Gautier est radin ! Économiser le met en joie, payer lui provoque des suées. Sa vie est réglée dans l’unique but de ne jamais rien dépenser. Une vie qui va basculer en une seule journée : il tombe amoureux et découvre qu’il a une fille dont il ignorait l’existence. Obligé de mentir afin de cacher son terrible défaut, ce sera pour François le début des problèmes. Car mentir peut parfois coûter cher. Très cher…

Notre avis sur le film :

Nouvelle comédie avec un Dany Boon radin à l’extrême, où chaque centime compte, où son confident est son banquier, où tout est prétexte à économiser. Les situations comiques s’enchaînent et malgré tout, laissent un sentiment étrange tant on commence à voir le malaise sous-jacent de François Gautier, violoniste de son état, et sa coupure du monde et des autres nécessitée par cette volonté de ne rien dépenser. Alors, lorsque la nouvelle violoncelliste lui fait de douces avances et que sa fille de 17 ans dont il ne soupçonnait pas l’existence fait irruption dans sa vie, François redoute que ce ne soit là de véritables motifs de dépenses superflues. Il commence malgré lui à s’attacher à l’une et à l’autre mais n’arrive pas à combattre ses démons, quitte à laisser dire un mensonge énorme qui le fait voir comme quelqu’un d’économe mais très généreux avec les pauvres, à l’inverse de ce qu’il est vraiment. Dany Boon paraît un peu engoncé dans son rôle, surjouant parfois, à l’inverse de Laurence Arné et Noémie Schmidt qui parviennent vraiment à tirer cette comédie (parfois dramatique) vers le haut. La résolution est originale car finalement François Gautier devra essayer de donner quelque chose qui ne se compte pas et que tout le monde lui réclame, de l’attention et de l’amour. Une gentille comédie, parfois un peu poussive, mais armée de bons sentiments et d’un rythme sans temps mort. A voir !

Quand Dieu était un lapin, un roman de Sarah Winman

Quand Dieu était un lapin

Un livre de Sarah Winman
Édition : J’ai Lu
ISBN : 978-2290092958
Note personnelle : 12 / 20

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Synopsis :

Elly, fillette généreuse à l’imagination débordante, grandit dans l’Essex, au Royaume-Uni, dans les années 1980. Entourée d’une famille aimante et d’une meilleure amie qui n’a pas la langue dans sa poche, elle découvre les affres de l’adolescence. Drames, amours, déceptions, lâcheté, Elly peine parfois à affronter la vie adulte. Mais c’est sans compter sur un talent incroyable et une arme exceptionnelle : un lapin nommé Dieu, tout simplement.

Notre avis sur le roman :

 » Un monde étrange, qui dès la fin de la matinée avait provoqué de cruels murmures, et pourtant un monde qui m’intriguait, écrasant mon sens de la normalité avec la finalité d’un coup de grâce. Je l’ai regardée déployer un bonnet de pluie en plastique transparent autour de la masse de boucles frisées qui encadrait son visage. Je croyais qu’elle attendait la fin de l’averse, alors qu’en fait c’était moi qu’elle attendait. « 
Une lecture très étrange assurément et un avis pour le moins mitigé, voire controversé. Dans la première partie du livre, on découvre Elly, une petite fille presque comme les autres, espiègle, enjouée, entourée d’une famille et d’amis plus ou moins loufoques, qui va progressivement cheminer vers l’adolescence puis vers la vie d’adulte. Tout au long de ces années, elle va se chercher et chercher l’amour chez les autres : l’amour de ses parents, de son frère, de ses amis, de ses amants, de personnages (parfois des inconnus) qu’elle côtoie au quotidien, de son lapin enfin, nommé Dieu pour une raison enfantine d’indiscipline à la foi. C’est une véritable tranche de vie qui nous est contée par Sarah Winman, avec force de détails sur la psychologie des personnages et leur perception des autres et du monde. Néanmoins, j’ai trouvé les traits parfois un peu forcés, les événements arrivant comme un cheveu sur la soupe, presque trop exceptionnels pour être vrais. Et ce, surtout dans la seconde partie du livre où Elly est devenue plus adulte, avec des pensées certes plus complexes, mais normalement plus de sagesse pour les appréhender. Certaines longueurs alternent avec de menus rebondissements qui arrivent trop vite, sans qu’on puisse prendre conscience de leur importance, de leur gravité. Un roman néanmoins intéressant sur un registre de langage assez enlevé mais dont le fil du scénario est parfois difficile à suivre.

Souvenirs de Marnie, ma vie n’est pas celle que j’avais imaginée

Souvenirs de MarnieUn film de Hiromasa Yonebayashi
Date de sortie : 2015
Avec Kasumi Arimura, Sara Takatsuki, Nanako Matsushima
Durée : 1h44

Synopsis :

Anna, jeune fille solitaire, vit en ville avec ses parents adoptifs. Un été, elle est envoyée dans un petit village au nord d’Hokkaïdo. Dans une vieille demeure inhabitée, au cœur des marais, elle va se lier d’amitié avec l’étrange Marnie…

Notre avis sur le film :

Anna est une jeune fille renfermée sur elle-même et ses parents adoptifs ressentent son mal-être, sa difficulté à se faire des amis, son besoin de rester à l’écart. En outre, la vie citadine qu’elle doit mener n’est pas compatible avec son asthme ; elle va donc être envoyée à la campagne, au nord d’Hokkaïdo, chez un couple simple et charmant, toujours de bonne humeur. Là-bas, elle va faire la connaissance de Marnie, qui semble habiter la maison au bout du marais… Je dis semble car on n’arrive pas à savoir si Marnie existe réellement : par moments, elle est si réelle de par les aventures qu’elle vit avec Anna et à d’autres, sa maison se révèle abandonnée, sans vie, sans histoires. Anna pourrait-elle l’avoir inventée ? Le scénario est très subtile et l’on échafaude des plans pour tenter de comprendre qui est réellement Marnie, cette belle et énigmatique jeune fille blonde. On en profite néanmoins pour constater combien son amitié fait du bien à la farouche Anna : pour la première fois, une personne compte vraiment pour elle et la retrouver remplit son cœur de bonheur. Et surtout, on suit l’histoire d’Anna qui nous est dépeinte dans un décor somptueux, où chaque détail a sa place et ne touche jamais au superflu, d’une tomate cueillie dans le potager à un mystérieux journal auquel il manque des pages… Les couleurs et la qualité de l’animation donnent à ce film cette teinte si particulière, entre nostalgie, amitié et quête de sens, où tout s’imbrique merveilleusement bien jusqu’au dénouement, il faut le dire, inattendu, mais tellement plein de réalisme. Tout en introspection, ce film provoque en nous des réminiscences de notre enfance, ces moments que l’on aurait aimé vivre et ceux que l’on a vécus et qu’on a trouvé trop courts. Marnie est une ode à la vie, aux souvenirs et à la présence d’une réalité quotidienne dans laquelle il faut évoluer sans crainte. Savoir d’où l’on vient pour comprendre où l’on va. L’animation japonaise nous gratifie une fois encore d’un film magnifique, poussant à la réflexion, peut-être davantage destiné aux ados et aux adultes qu’aux enfants, mais toujours doté d’une justesse et d’une beauté étonnantes.