Archive mensuelles: janvier 2017

L’amour, le Japon, les sushis et moi, un roman de N.M. Zimmermann

L'amour, le Japon, les sushis et moi

Un livre de N.M. Zimmermann
Édition : Albin Michel
ISBN : 978-2226329387
Note personnelle : 17,5 / 20

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Synopsis :

Lucrèce déménage au Japon : sa mère a obtenu le poste de ses rêves là-bas, et il ne reste plus qu’à prendre l’avion, petit frère bizarre et chien paillasson sous le bras ! Lucrèce n’y voit pas d’inconvénient : après tout, quand on a 15 ans et qu’on est hyperconnecté, aller vivre à l’autre bout du monde n’a rien d’effrayant, pas vrai ? Mais entre le choc culturel et les difficultés d’adaptation, l’acclimatation n’est pas aussi facile que prévue. Tandis que sa mère s’enthousiasme pour tout et que son petit frère joue le bourreau des c urs à la garderie, Lucrèce peine à trouver sa place. Elle ne parvient pas à se faire des amis et le club des amateurs de sushis auquel elle s’est inscrite ne tient pas vraiment ses promesses. Mais lorsqu’elle découvre, dans le local poubelle de son immeuble, un sac rempli de partitions de grande valeur, c’est le début pour Lucrèce d’une enquête qui pourrait bien se terminer par une histoire d’amour…

Notre avis sur le roman :

 » L’amitié, c’est fragile. Il faut que tu te prépares à ce que la colle ne tienne pas, ou à ce que l’amitié qu’ils renouent soit différente de celle qu’ils avaient avant. Et aussi que tu penses à ce que ton besoin de fourrer ton nez dans leur histoire signifie. « 
Lorsque sa mère lui annonce qu’il va falloir déménager au Japon très bientôt, Lucrèce est plutôt contente. Elle baigne depuis toute petite dans la culture japonais et parle plutôt bien la langue. Mais ses débuts à Nagoya sont plus difficiles qu’elle n’aurait pu l’imaginer. De nombreuses coutumes sont à appréhender et l’attitude des Japonais à son égard oscille entre curiosité, bienveillance et dédain. Après avoir intégré le lycée, elle doit choisir un club comme chaque lycéen : elle opte finalement pour le Club des amateurs de sushis, un club fantôme qui n’a d’amateur que le nom. Mais le caractère déterminé de Lucrère – qui lui joue parfois des tours – va l’amener à dépasser ses propres appréhensions et à se mêler d’affaires qui ne la concernent pas. C’est définitivement un bon moment passé en compagnie de cette jeune fille, de son frère tempétueux et de sa mère, originale, curieuse de tout et toujours tournée vers autrui et l’apprentissage. Le récit est conté sous un format « tranche de vie » et rempli de situations à la fois simples et prévisibles, mais toujours avec une bonne dose d’humour. Une suite pourrait presque être envisagée. La couverture et le titre du roman l’oriente vers un univers très girly mais il y a plein d’autres choses à prendre dans ce livre, bourré de coutumes et d’habitudes de vie japonaise. La love story est finalement assez discrète et ne prend pas toute l’ampleur du récit. En résumé, un livre drôle et intéressant, une écriture facile et fluide pour un voyage au pays du Soleil Levant.

Harry Potter et l’Enfant Maudit, de J.K Rowling : la huitième histoire

Harry Potter et l'enfant maudit

Un livre de J.K Rowling
Édition : Gallimard Jeunesse
ISBN : 978-2075074209
Note personnelle : 15,5 / 20

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Synopsis :

Être Harry Potter n’a jamais été facile et ne l’est pas davantage depuis qu’il est un employé surmené du Ministère de la Magie, marié et père de trois enfants. Tandis que Harry se débat avec un passé qui refuse de le laisser en paix, son plus jeune fils, Albus, doit lutter avec le poids d’un héritage familial dont il n’a jamais voulu. Le destin vient fusionner passé et présent. Père et fils se retrouvent face à une dure vérité : parfois, les ténèbres surviennent des endroits les plus inattendus.

Notre avis sur le roman :

 » Harry, resté seul, range ses affaires dans son sac. Il sort à son tour du bureau et s’avance le long d’un couloir. On dirait qu’il porte le poids du monde sur sur ses épaules. »
Même si le septième tome avait laissé une impression pareille à un ami que l’on quitte après de grandes aventures, il signifiait la fin d’une histoire, d’une époque presque. Ce nouvel opus mettant en scène, entre autres, le fils du célèbre sorcier, laisse une impression étrange. Il se pose comme une suite puisqu’on retrouve les protagonistes là où les a laissés, sur la fameuse voie 9 3/4. Mais le passage du format roman au format pièce de théâtre fait perdre sa magie à cette histoire. Peut-être ne pas la relier au dernier tome pour montrer la rupture aurait facilité le passage de la saga romanesque à cette nouvelle histoire. D’abord éditée pour les fans, cette pièce de théâtre au succès phénoménal à Londres, risque en fait de les décevoir. On retrouve certes tous les personnages que l’on adore mais le scénario est beaucoup trop simpliste. Comment – attention spoilers – deux ados pourraient-ils changer le monde pour lequel de nombreux sorciers se sont battus et sont morts dans une bataille épique avec un simple retourneur de temps ? C’est un peu comme si on laissait trainer les codes de l’arme nucléaire sur la table de la cuisine… Le format pièce de théâtre change également radicalement la perception de l’environnement de l’histoire : il ne nous est plus raconté (les didascalies sont peu nombreuses), laissant d’un côté libre cours à notre imagination, mais de l’autre une impression de pauvreté dans les sentiments des personnages. Les conflits, les amitiés, les amours ne parviennent plus à nous tenir en haleine. La résolution est elle aussi un peu étrange et contraire à ce qu’on imaginait du plus grand mage noir de tous les temps qui aurait finalement succombé à une tentation très humaine. Toutefois, on retrouve quand même avec plaisir la plume de J.K. Rowling, un monde qui aura bercé notre enfance et notre adolescence. Finalement, un livre dont on n’avait pas besoin mais qui fait tout de même bien plaisir !