Archive mensuelles: septembre 2016

Everything everything, de Nicola Yoon, vivre sa vie plutôt que l’imaginer

Everything Everything, de Nicola Yoon

Un livre de Nicola Yoon
Édition : Bayard Jeunesse
ISBN : 978-2747052788
Note personnelle : 17 / 20

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Synopsis :

Ma maladie est aussi rare que célèbre, mais vous la connaissez sans doute sous le nom de « maladie de l’enfant-bulle ». En gros, je suis allergique au monde. Je viens d’avoir dix-huit ans, et je n’ai jamais mis un pied dehors. Un jour, un camion de déménagement arrive. Je regarde par la fenêtre et je le vois. Le fils des nouveaux voisins est grand, mince et habillé tout en noir. Il remarque que je l’observe, et nos yeux se croisent pour la première fois. Dans la vie, on ne peut pas tout prévoir, mais on peut prévoir certaines choses. Par exemple, je vais certainement tomber amoureuse de lui. Et ce sera certainement un désastre.

Notre avis sur le roman :

 » Je me dis que ce n’est pas grave de mentir à maman. Je me dis que je ne tomberai pas malade. Je me dis que l’amitié ne peut pas faire de mal. Et que Carla a raison : l’amour, ça ne peut pas me tuer. »
Très étonnant ce livre. Maddy vient juste d’avoir 18 ans mais elle ne connaît du monde extérieur que ce qu’elle en a lu dans les livres. Et pour cause : elle a la maladie de l’enfant-bulle, l’empêchant de sortir de chez elle. Elle reste donc dans sa chambre, juste accompagnée de sa mère et de son infirmière qui prennent soin d’elle. Toutes les premières fois que connaît une jeune fille pendant son adolescence, elle les a lues dans les livres sans les vivre. Elle parvient même à se détacher de l’envie de les vivre, sachant pertinemment qu’elle ne le pourra jamais. Et pourtant, l’arrivée d’un étrange jeune homme dans la maison d’à-côté va fissurer tout ce à quoi Maddy s’était rattachée jusqu’alors. Elle comprend qu’elle va éprouver pour la première fois ces sentiments si puissants qu’elle ne pourra les contenir. Mais a-t-elle vraiment la volonté cette fois de ne pas ressentir ces émotions si intenses qu’elle nomme maladie d’amour ?Pour lui, Maddy se sent prête à tout tenter, à tout expérimenter, à tout vivre. Elle va prendre des risques, quitte à mettre sa vie en péril. Mais si, au bout du chemin, l’attendait quelque chose de bien plus beau que ce qu’elle a pu imaginer ? Le récit de Nicola Yoon est limpide, construit autour de courts chapitres et ponctué de magnifiques illustrations (listes, dessins, rapports…). On vit le quotidien de Maddy, dans la peau d’une jeune fille de 18 ans, mais qui semble avoir quelques années de moins par sa méconnaissance des autres et du monde extérieur. Elle est foncièrement gentille, ne veut blesser personne, mais elle va se rendre compte que ce n’est pas toujours possible de tracer sa route vers le bonheur sans ébrécher personne. Maddy grandit tout simplement. Parviendra-elle à prendre son envol ? C’est ce que je vous souhaite de découvrir à la lecture de ce roman, époustouflant de sincérité et de simplicité. Rires et larmes, rebondissements, tout peut vous surprendre dans Everything Everything, sauf l’ennui.

Ben Hur, Premier à finir, dernier à mourir

Ben Hur, affiche film 2016Un film de Timur Bekmambetov
Date de sortie : 7 septembre 2016
Avec Jack Huston, Morgan Freeman, Toby Kebbell
Durée :2h04

Synopsis :

Ben-Hur retrace l’histoire épique de Judah Ben-Hur, un prince accusé à tort de trahison par Messala, son frère adoptif, officier de l’armée romaine. Déchu de son titre, séparé de sa famille et de la femme qu’il aime, Judah est réduit à l’esclavage. Après des années en mer, Judah revient sur sa terre natale dans le but de se venger. Il va y rencontrer son destin.

Notre avis sur le film :

Par ce remake, on s’attendait à une nouvelle adaptation de ce chef-d’œuvre aux 11 Oscars, avec plus d’effets spéciaux et une légère touche de modernité. Mais pour être honnête, même si les effets sont au rendez-vous (sur les galères, pendant la course de chars…), on ne retrouve pas l’âme du film original. Tout semble précipité, le réalisateur ne prend pas le temps de mettre en place l’histoire et ses péripéties (sauf peut-être au début), elles arrivent, point. Certains pans de l’histoire sont totalement oubliés quand ils ne sont pas purement et simplement modifiés (la fin… surprenante) pour satisfaire on ne sait quel public. Ben Hur est un film dur sur l’injustice, sur le courage, mais aussi sur le pardon. On arrive quand même à retrouver cet aspect dans cette nouvelle version de Bekmambetov, mais à force de dialogues parfois répétitifs et souvent dénués d’intensité. Judah Ben Hur paraît beaucoup trop superficiel, en conflit avec sa religion et avec l’attitude des autres à l’égard de l’envahisseur romain. Mais peut-être est-ce par conciliation pour son frère Messala. La douleur et la détresse qu’il doit surpasser par son amour pour sa famille et par sa foi ne transparaît pas. En résumé, il s’agit d’un véritable divertissement à l’américaine, très actuel dans sa mise en scène, mais décevant pour ceux qui avaient été conquis par le charisme et le jeu magistral de Charlton Heston, il y a déjà près de 60 ans.

Avant toi, de Jojo Moyes, a-t-on le droit de choisir sa mort ?

Avant toi, couverture

Un livre de Jojo Moyes
Édition : Milady
ISBN : 978-2811215576
Note personnelle : 19 / 20

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Synopsis :

Lou est une fille ordinaire qui mène une vie monotone dans un trou paumé de l’Angleterre dont elle n’est jamais sortie. Quand elle se retrouve au chômage, elle accepte un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. Malgré l’accueil glacial qu’il lui réserve, Lou va découvrir en lui un jeune homme exceptionnel, brillant dans les affaires, accro aux sensations fortes et voyageur invétéré. Mais depuis l’accident qui l’a rendu tétraplégique, Will veut mettre fin à ses jours. Lou n’a que quelques mois pour le faire changer d’avis.

Notre avis sur le roman :

« — Certaines erreurs… ont des conséquences plus graves que d’autres. Mais tu ne dois pas laisser cette nuit-là devenir ce qui te définit.
J’ai senti sa tête bouger contre la mienne.

— Toi, Louisa Clark, tu peux choisir qu’il n’en soit pas ainsi. »
Une écriture simple pour un sujet complexe dans lequel on n’arrive jamais vraiment à se positionner. La vie de Lou est somme toute assez triste, sans excentricité, sans ambition, sans folie. Le jour où elle perd son travail, elle est complètement perdue car elle se demande ce qu’elle va bien pouvoir faire de sa vie. Et quand on lui propose ce contrat pour assister un handicapé moteur, c’est avec réticence qu’elle se rend dans la grande maison près du château. L’accueil va être des plus froids et ce ne sont pas les maigres encouragements de ses proches qui vont lui réchauffer le cœur. Mais petit à petit, d’échecs en petites réussites, Lou va apprendre à connaître Will, à comprendre les raisons de sa colère envers le monde et ceux qui l’entoure. Elle essaie de lui montrer que plein de choses sont possibles dans un fauteuil roulant mais Will lui fait comprendre qu’il ne veut pas de cette vie-là, que sa vie d’avant lui manque, le sport, les voyages, les montées d’adrénaline lorsqu’il sautait en parachute… Lorsque Lou apprend qu’il a déjà tenté de se suicider et qu’il a planifié sa mort dans une clinique en Suisse avec l’approbation de sa mère, la jeune fille va vraiment tout faire pour qu’il change d’avis et se décide à vivre. Jojo Moyes nous pose une question cruciale : peut-on décider de mourir ? Peut-on laisser prendre cette décision à ceux qu’on aime ? Le roman est bien construit et permet au lecteur d’envisager les deux points de vue principaux (le pour et le contre) mais aussi des avis secondaires (celui d’une mère, celui d’un ami…). Somme toute, Lou va apprendre beaucoup sur elle-même au contact de Will, bien plus qu’elle n’aurait pu l’imaginer. Une histoire bouleversante, qui nous prend dès la première page et ne nous lâche qu’à la dernière, nous laissant dans une méditation sur les enseignements de leurs choix.

Nerve, quand le jeu vire au cauchemar

Nerve, afficheUn film d’Ariel Schulman et Henry Joost
Date de sortie : 24 août 2016
Avec Emma Roberts, Dave Franco, Emily Meade
Durée :1h37

Synopsis :

En participant à Nerve, un jeu qui diffuse en direct sur Internet des défis filmés, Vee et Ian décident de s’associer pour relever des challenges de plus en plus risqués et gagner toujours plus d’argent. Mais bientôt les deux « Joueurs » s’aperçoivent que leurs moindres mouvements sont manipulés par une communauté anonyme de « Voyeurs ». Le jeu vire au cauchemar. Impossible d’arrêter…

Notre avis sur le film :

Le scénario mise sur les travers des jeux en ligne voire des communautés de joueurs qui se déconnectent progressivement de la réalité, mais également sur le pillage possible de toutes nos données personnelles sur Internet, notamment via les réseaux sociaux. Au départ réfractaire à ce type d’activités, Vee va se laisser entraîner par un besoin d’argent pour réaliser ses rêves. Et puis elle va rencontrer le beau Ian et avec lui, ses peurs vont s’envoler. Jusqu’au moment où le jeu va aller trop loin, pour satisfaire les désirs de la communauté de voyeurs. Ce film est également la critique d’un effet pervers de la dépersonnalisation liée à Internet : chacun croit son identité protégée derrière un cryptage infaillible, se sent fort et inatteignable. Ce phénomène est très souvent mis en exergue par Facebook et autres réseaux, chacun croyant pouvoir publier tout et n’importe quoi à partir du moment où le post est privé. Mais c’est l’expression même qui est condamnable, pas l’endroit ou le caractère de confidentialité que celui-ci revêt. Dans un monde connecté, tout se découvre et au final, tout se sait. Un simple like sur un bouquin peut mener à l’engrenage, Vee en fait l’amère expérience. Nerve est donc un thriller efficace, bourré d’adrénaline et qui a le mérite de nous faire – un peu – réfléchir. De quoi passer un bon moment !

Instinct de survie, la femme contre l’animal…

Instinct de survieUn film de Jaume Collet-Serra
Date de sortie : 17 août 2016
Avec Blake Lively, Angelo Lozano Corzo, Jose Manuel Trujillo Salas
Durée :1h27

Synopsis :

Nancy surfe en solitaire sur une plage isolée lorsqu’elle est attaquée par un grand requin blanc. Elle se réfugie sur un rocher, hors de portée du squale. Elle a moins de 200 mètres à parcourir à la nage pour être sauvée, mais regagner la terre ferme sera le plus mortel des combats…

Notre avis sur le film :

Attention frissons ! Le pitch est très simple : une jolie surfeuse, un requin qui l’attaque et la traque, la survie sur un rocher… à seulement 200 mètres de la plage. Mais face au Grand Blanc, nul espoir pour Nancy, formidablement interprétée par Blake Lively, de l’atteindre. Simple donc, mais la réalisation de Jaume Collet-Serra est bigrement efficace, sans temps mort et malgré de nécessaires redondances, il parvient à éviter l’ennui au spectateur. On excusera donc certaines incohérences (la déshydratation, le requin qui ne traque jamais une proie mais attaque par opportunité, etc…) pour entrer dans un survival assez réussi et visuellement très beau. On notera ainsi le contraste de couleurs entre la plage chaude et ensoleillé du début du film et la mer sombre et dangereuse où rode le prédateur. La fin est très rapide, un peu bâclée peut-être mais l’ensemble est vraiment une bonne surprise où la star de Gossip Girl s’en sort plus que bien dans ce nouveau registre. Un film à voir donc pour les amateurs de sensations fortes.