Archive mensuelles: septembre 2015

La face cachée de Margo, quand la quête devient le but

La face cachée de MargoUn film de Jake Schreier
Date de sortie : 12 aout 2015
Avec Nat Wolff, Cara Delevingne, Justice Smith
Durée : 1h49

Synopsis :

D’après le best-seller de John Green, La Face Cachée de Margo est l’histoire de Quentin et de Margo, sa voisine énigmatique, qui aimait tant les mystères qu’elle en est devenue un. Après l’avoir entraîné avec elle toute la nuit dans une expédition vengeresse à travers leur ville, Margo disparaît subitement – laissant derrière elle des indices qu’il devra déchiffrer. Sa recherche entraîne Quentin et sa bande de copains dans une aventure exaltante à la fois drôle et émouvante. Pour trouver Margo, Quentin va devoir découvrir le vrai sens de l’amitié… et de l’amour.

Notre avis sur le film :

Quentin est persuadé que Margo est la personne qui lui est destinée depuis qu’il l’a vue pour la première fois, fraîchement débarquée à Orlando. Au départ inséparables, ils s’éloignent progressivement l’un de l’autre jusqu’à cette nuit où Margo apparaît à la fenêtre de Quentin. Elle va lui proposer des défis un peu fous qu’il va réaliser, rien que pour passer des instants inoubliables avec elle, quitte à surpasser ses peurs et aller à l’encontre de son tempérament peu impétueux. Mais le lendemain, Margo a disparu, laissant juste derrière elle quelques indices. S’ensuit un véritable jeu de piste, entre énigmes et road-movie, toujours mené tambour battant avec beaucoup d’humour et de retenue. Mais le réalisateur prend également parfois le temps de figer certaines scènes pour exacerber leur importance, immortaliser leur unicité. Nat Wolff est surprenant de justesse et de sincérité, on croit vraiment à son personnage et on le voit évoluer. Ce film est une belle leçon sur la vie, sur les changements qu’elle impose mais également sur les désillusions de l’adolescence qu’il faudra accepter pour faire son chemin. Le concept de ville de papier est merveilleusement trouvé et sa signification sur l’insignifiance des êtres et des choses dans le vaste monde, totalement appropriée. La phrase de Margo You have to get lost to find yourself résume tout cela.

Schroder, de Amity Gaige, un père entre amour et mensonges

Schroder, Amity Gaige

Un livre de Amity Gaige
Édition : 10×18
ISBN : 9782264064899
Note personnelle : 13 / 20

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Synopsis :

Son procès approche, il écrit à son ex-femme pour expliquer ses actes. Lui dire qu’il est un bon père, qu’il n’a jamais voulu enlever leur fille, Meadow. Que leur road-trip n’avait qu’un but : voler quelques heures de bonheur. Avant de déraper… forçant cet homme acculé à révéler ce qu’il avait tu pendant trente ans. Quels secrets cache son passé ? Qui est vraiment Erik Schroder ? Troublant, haletant, bouleversant. Avec une rare délicatesse, Amity Gaige offre une brillante méditation sur l’amour et la paternité, les lois du mensonge, et l’invention de soi.

Notre avis sur le roman :

« Je m’étais habitué au silence entre nous, Laura. Je savais qu’il était cruel de ne pas te téléphoner, de ne pas te dire que Meadow allait bien, que les choses n’allaient pas aussi mal que tu le pensais. Mais j’étais habitué à ton absence, et nous étions déjà tous les deux habitués à la cruauté. Je parle de la cruauté désinvolte des gens qui démantèlent leur vie commune ». Une véritable confession que le récit de ce père qui a fait de mauvais choix, à différents moments de sa vie par soif de liberté, de changement ou par un besoin désespéré d’être avec sa fille Meadow qu’il aime plus que tout. Il va révéler tous les secrets enfouis qui entourent sa vie et qui aujourd’hui remontent à la surface malgré lui. Le thème du divorce et du droit de garde est ici traité d’une manière originale, à travers la vision du père qui comprend – un peu – pourquoi sa relation avec son ex-femme a capoté, mais qui ne supporte pas l’idée de ne plus voir sa fille quand il le souhaite. Lorsqu’il part avec elle, il sait malgré lui que les conséquences seront tragiques mais que, même s’il est son père, même s’il l’aime plus que tout, même s’il n’a jamais voulu que son bien, capter ses quelques instants de bonheur avec Meadow, juste tous les deux, était plus fort que lui. Une jolie réflexion que ce livre, parfois philosophique, sur le sens de la vie lorsqu’elle prend une tournure que vous ne souhaitez pas.

Sans identité, entre mémoire et parano

Sans identitéUn film de Jaume Collet-Serra
Date de sortie : 2 mars 2011
Avec Liam Neeson, Diane Kruger, January Jones
Durée : 1h50

Synopsis :

Alors qu’il est à Berlin pour donner une conférence, un homme tombe dans le coma, victime d’un accident de voiture. Plus tard, une fois réveillé, il apprend qu’un autre homme a pris son identité et cherche à le tuer. Avec l’aide d’une jeune femme, il va tout mettre en œuvre pour prouver qui il est.

Notre avis sur le film :

On retrouve avec plaisir Liam Neeson dans un scénario à mi-chemin entre Taken et Jason Bourne. Il porte le film sur ses larges épaules et livre une prestation tout à fait convaincante mais dans la même composition que celle de Taken. Rien de bien surprenant mais on se laisse prendre au jeu : l’action est réellement au rendez-vous avec des effets spéciaux très convaincants. Les personnages secondaires supportent également les petits écueils de la réalisation : Diane Kruger, très sexy dans son rôle de chauffeur de taxi, et January Jones (Mad Men) qui aurait pu mettre un peu plus d’originalité dans son personnage. La résolution est assez classique et aurait peut-être mérité, elle aussi, un peu plus d’originalité, voire d’audace de la part de Jaume Collet-Serra. Il n’en demeure pas moins que Sans identité est un bon thriller, où les scènes d’action et la prestance de notre Irlandais préféré camouflent les quelques faiblesses d’une réalisation sans envergure malgré les quelques 100 millions de dollars de budget du film.

Vice-versa, plongée au cœur des émotions

Vice versaUn film de Pete Docter
Date de sortie : 17 juin 2015
Avec les voix de Amy Poehler, Bill Hader, Mindy Kaling
Durée : 1h35

Synopsis :

La petite Riley grandit dans le Midwest, entourée de ses parents aimants. Sa vie est en partie guidée par ses émotions et celles-ci travaillent dans le Quartier Général selon une organisation bien précise : Joie, Tristesse, Colère, Peur et Dégoût orientent les actions de l’enfant. Mais deux phénomènes viennent perturber leur fonctionnement : Riley grandit et aborde l’adolescence. Mais surtout, la famille est obligée de déménager et Riley doit abandonner son Midwest natal pour s’adapter à une nouvelle vie à San Francisco. C’est à ce moment que l’équilibre du Quartier Général est rompu : Joie et Tristesse sont perdues et les autres émotions tentent, tant bien que mal, de gérer la situation…

Notre avis sur le film :

Avant de voir ce film, je n’avais ni lu le synopsis ni vu la bande-annonce, juste écouté d’une oreille distraite les critiques élogieuses autour de moi. J’ai toujours peur d’être déçu quand un film a été porté aux nues, on s’attend à quelque chose d’inédit, d’inouï, d’inoubliable. Et bien, Inside out c’est encore mieux. C’est le film d’animation parfait, j’ai beau tourner et retourner tous les aspects de ce film dans ma tête, tout est parfait, quasi magique. Une vraie histoire, simple à souhait, avec deux niveaux de lecture, un pour les petits, l’autre pour les grands. Les enfants trouveront une illustration du mécanisme de la mémoire et de la fabrique des émotions, les adultes verront une peinture subtile du passage à l’âge adulte, moment ô combien complexe où tous nos sentiments entrent en conflit. Là où le scénario excelle, c’est qu’il fait écho au vécu de chacun, à un souvenir enfoui qui nous rend encore plus ou moins triste, nostalgique tout au moins. C’est un tour de force narratif, on ne sait jamais vraiment où l’histoire est en train de nous porter, tout reste possible jusqu’à la conclusion. L’humour est habilement distillé et renforce encore plus les moments d’émotion pure, si intenses qu’on est toujours au bord des larmes. Le dernier film des studios Pixar est bercé par une musique magnifique et servi par des graphismes que j’ai trouvés superbes dans leur simplicité. Les représentations de l’abstrait sont impressionnantes de réalisme. Tout est mis en image, jusqu’à la construction des rêves traitée d’une manière étonnante mais tellement évidente. Bref, Vice versa est un merveilleux trésor d’imagination, un petit bijou d’animation à voir et à revoir, pour rire et pleurer, portés par nos propres émotions. Déroutant et émouvant !