Archive mensuelles: juillet 2015

Paradise lost, de l’extase à la mort

Paradise lostUn film de Andrea Di Stefano
Date de sortie : 5 novembre 2014
Avec Benicio Del Toro, Josh Hutcherson, Claudia Traisac
Durée : 1h59

Synopsis :

Nick pense avoir trouvé son paradis en rejoignant son frère en Colombie. Un lagon turquoise, une plage d’ivoire et des vagues parfaites ; un rêve pour ce jeune surfeur canadien. Il y rencontre Maria, une magnifique Colombienne. Ils tombent follement amoureux. Tout semble parfait… jusqu’à ce que Maria le présente à son oncle : un certain Pablo Escobar.

Notre avis sur le film :

Andrea Di Stefano prend le parti de ne pas faire un biopic traditionnel mais plutôt d’axer l’intrigue autour d’un personnage satellite, Nick, qui évolue aux côtés du baron de la drogue Pablo Escobar. Au départ, ce dernier paraît charmant, à l’écoute, nouant des liens forts avec son peuple comme avec sa famille. Nick, plus amoureux de la belle Maria que méfiant à l’égard de son oncle, va vivre une véritable descente aux enfers : il découvrira un homme impitoyable où seul l’équilibre entre ses affaires et sa famille compte. Pablo Escobar, bien entouré par ses milices mais également par les forces de police qu’il soudoie, résout chaque problème de la même manière. Certaines scènes du film sont violentes, insoutenables, mais malgré tout montrées avec beaucoup de retenue. Di Stefano montre l’horreur sans scène sanglante inutilement spectaculaire. Nick, jeune canadien fraîchement débarqué en Colombie, pensait trouver un bonheur total ; à la place, il découvrira l’enfer de la peur, quand la vie ne tient plus qu’à un fil, tout juste tenu par un chef d’une féroce barbarie que nul ne saurait arrêter. Benicio Del Toro était taillé pour ce rôle de parrain de la drogue qu’il interprète à la perfection. Josh Hutcherson lui donne la réplique sans fausse note. Le tout, dans une ambiance dont l’intensité monte crescendo tout au long des deux heures du film. Angoissant !

Les Minions, Kevin, Stuart et Bob : Bananaaaa !

Les Minions, Stuart, Kévin et BobUn film de Pierre Coffin et Kyle Balda
Date de sortie : 8 juillet 2015
Avec les voix de Sandra Bullock, Jon Hamm, Michael Keaton
Durée : 1h31

Synopsis :

Les Minions, adorables créatures jaunes, ont évolué au cours des âges au service de maîtres plus abjects les uns que les autres. Les disparitions répétitives de ceux-ci, des tyrannosaures à Napoléon, ont plongé les Minions dans une profonde dépression. Mais l’un d’eux, prénommé Kevin, a une idée. Flanqué de Stuart, l’adolescent rebelle et de l’adorable petit Bob, Kevin part à la recherche d’un nouveau patron malfaisant pour guider les siens.

Notre avis sur le film :

Découverts en 2010 dans Moi, Moche et Méchant, Les Minions sont l’un des incontestables blockbusters de 2015. Ils sont partout dans les publicités, ils nouent des partenariats avec les grandes enseignes comme McDonald’s, ils sont à proprement parler omniprésents. Et pour cause. Le film qui leur est consacré est à la hauteur de leur popularité. Dans ce spin-off qui se déroule avec leur rencontre avec Gru, les Minions recherchent avec ardeur le plus grand méchant qu’ils pourront servir sans relâche. Mais la tâche s’avère difficile et le moral des Minions est au plus bas. C’est à ce moment que Kévin, aidé de Stuart et du petit Bob, vont partir à la découverte du monde pour rechercher le méchant qu’ils attendent tous. Prétexte à de nombreux gags et à de nombreux clins d’oeil, le périple de notre trois compères est d’autant plus intéressant que le scénario est vraiment abouti. Adorables et volontaires, ils n’en sont pas moins parfois un peu naïfs et se laissent emporter par leur fougue, tels des enfants. Leur langage mixe l’anglais, le français, l’espagnol pour produire un dialecte bien particulier et terriblement drôle.
La qualité visuelle du film est impressionnante, avec une mention spéciale pour les reconstitutions des villes de New York et Londres. La bande originale du film accompagne elle aussi parfaitement l’ambiance de l’Angleterre de 1968 avec des musiques de l’époque parmi lesquelles Happy Together du groupe The Turtles ou encore You Really Got Me de The Kinks. Bref, un enchantement à tous points de vue pour ce film d’animation que l’on reverra avec plaisir.

Puzzle, de Franck Thilliez, jusqu’où irez-vous pour gagner ?

Franck Thilliez, puzzle

Un livre de Franck Thilliez
Édition : Pocket
ISBN : 9782266246446
Note personnelle : 17 / 20

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Synopsis :

Ilan et Chloé sont spécialistes des chasses au trésor. Longtemps, ils ont rêvé de participer au jeu ultime, celui dont on ne connaît que le nom : Paranoïa. Le jour venu, ils reçoivent la règle numéro 1 : Quoi qu’il arrive, rien de ce que vous allez vivre n’est la réalité. Il s’agit d’un jeu. Suivie, un peu plus tard, de la règle numéro 2 : L’un d’entre vous va mourir. Et quand les joueurs trouvent un premier cadavre, jeu et réalité commencent à se confondre. Paranoïa peut alors réellement commencer…

Notre avis sur le roman :

 » Ici-bas c’est le Chaos mais au sommet tu trouveras l’équilibre. Là sont toutes les réponses. «  Frank Thilliez propose aux lecteurs de ce roman un jeu un peu particulier : tous les aficionados du jeu en parlent, personne ne révèle quoi que ce soit sur sa propre quête, ni comment on joue, ni même comment on peut être sélectionné. Seuls deux éléments sont connus de tous : le nom du jeu, Paranoïa, et la grosse somme d’argent promise au vainqueur. En tant que lecteur, on s’identifie très vite à Ilan, et on essaye avec lui d’y voir plus clair dans les indices glanés ici et là. On s’interroge sur les véritables motivations des autres joueurs mais également de Hadès, le soi-disant organisateur. Thilliez arrive à créer un huis-clos infernal où chaque heure semble durer des jours tant les événements dramatiques se succèdent. Ilan parviendra-t-il à résoudre l’intrigue et, dans le même temps, à remettre en ordre les pièces du puzzle de sa mémoire dont une partie semble avoir été effacée ?
Le style de Thilliez est sans fioritures, très souvent dans l’action. Les descriptions ne sont là que pour poser le cadre. On regrette parfois un manque d’analyse psychologique des personnages : on est dans leur comportement immédiat, et l’auteur analyse peu les psychismes de ses personnages pourtant si intéressants. Peut-être est-ce pour donner un certain rythme à son récit, et si c’est le cas, c’est très réussi car on ne s’ennuie pas une seconde. A lire certaines critiques, le dénouement paraissait évident : il n’en était rien pour moi et je l’ai trouvé assez inattendu. Cette première lecture de Thilliez est donc très positive et m’encourage à inscrire dans ma PAL des thrillers de cet auteur français que je serais désormais bien triste de ne pas connaître.

Jurassic World, un parc, des dinos, une faille dans la sécurité…

Jurassic WorldUn film de Colin Trevorrow
Date de sortie : 10 juin 2015
Avec Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Nick Robinson
Durée : 2h05

Synopsis :

L’Indominus Rex, un dinosaure génétiquement modifié, pure création de la scientifique Claire Dearing, sème la terreur dans le fameux parc d’attraction. Les espoirs de mettre fin à cette menace reptilienne se portent alors sur le dresseur de raptors Owen Grady et sa cool attitude.

Notre avis sur le film :

On imaginait une suite, on a plutôt affaire à un remake, certes bien fait, mais loin de la magie et de l’émerveillement du premier de Spielberg. Le scénario souffre vraiment d’un manque d’originalité car il reprend sans vergogne les grandes lignes de l’original en incorporant des dinosaures génétiquement modifiés et un parc mondialement connu accueillant des dizaines de milliers de visiteurs. Colin Trevorrow essaye de jouer sur la nostalgie (avec la musique et les innombrables clins d’œil au premier opus) mais n’y parvient pas. On passe un bon moment avec des scènes assez fortes telles que la course dans la forêt mais de nombreux points du scénario (on y revient !) ne sont pas crédibles, sont mal exploités ou ne servent tout simplement à rien (comme le divorce imminent des parents par exemple). Je trouve toujours dommage que soient presque désignés d’emblée les personnages qui doivent se faire dévorer. Les rebondissements sont finalement assez attendus et la morale reste la même : pas forcément que les dinosaures sont dangereux mais plutôt que l’homme n’apprend rien de ses erreurs. Bref, 20 ans de technologie plus tard et malgré 150 millions de dollars de budget, Jurassic World n’arrive pas à voler la vedette au chef-d’œuvre originel de Spielberg. Quant à Jurassic World 2, j’attends de voir…

Bis, nouvelle chance, nouvelles opportunités ?

Bis de Dominique FarrugiaUn film de Dominique Farrugia
Date de sortie : 18 février 2015
Avec Franck Dubosc, Kad Merad, Alexandra Lamy
Durée : 1h38

Synopsis :

Éric et Patrice sont amis depuis le lycée. Au fil des années, chacun a pris un chemin très différent : d’un côté Éric, hédoniste sans attaches aux multiples conquêtes, et de l’autre Patrice, père de famille « monogame » à la vie bien rangée. Après une soirée bien arrosée, les deux amis d’enfance se retrouvent propulsés en 1986 alors qu’ils n’ont que 17 ans. Ce retour dans le passé est l’occasion rêvée pour tenter de changer le cours de leur vie. Que vont-ils faire de cette seconde chance ?

Notre avis sur le film :

Dominique Farrugia nous propose une comédie réjouissante portée par le duo Kad Merad – Franck Dubosc. Après une dizaine de minutes un peu longues et dénuées de gags afin de mettre en place l’histoire et les personnages, le voyage dans le temps vers l’année 1986 – l’année du Bac de nos compères – devient source de franches rigolades. Les jeunes de l’époque nous paraissent démodés et nous rappellent pourtant notre propre jeunesse. Cette immersion dans les années 1980 est convaincante et, après la surprise de ce voyage temporel, Éric et Patrice vont tenter de tirer parti de cette nouvelle chance : avoir son Bac, se réconcilier avec son père, rentrer dans des soirées branchées, convaincre des producteurs, séduire la plus jolie fille du lycée… Rien est oublié pendant cette heure et demie où l’on se laisse porter par notre duo comique, admirablement secondé par Alexandra Lamy ou Gérard Darmon. Un moment de divertissement à la française, où la jolie morale de la fin tirera quelques larmes aux plus sensibles d’entre nous.