Archive mensuelles: février 2015

Invincible, survie, courage, rédemption

InvincibleUn film de Angelina Jolie
Date de sortie : 7 janvier 2015
Avec Jack O’Connell, Domhnall Gleeson, Garrett Hedlund
Durée : 2h17

Synopsis :

L’incroyable destin du coureur olympique et héros de la Seconde Guerre mondiale Louis « Louie » Zamperini dont l’avion s’est écrasé en mer en 1942, tuant huit membres de l’équipage et laissant les trois rescapés sur un canot de sauvetage où deux d’entre eux survécurent 47 jours durant, avant d’être capturés par la marine japonaise et envoyés dans un camp de prisonniers de guerre.

Notre avis sur le film :

Le second long métrage d’Angelina Jolie est adapté du roman de Laura Hillenbrand consacré à Louis Zamperini. Fils d’immigré italien, le jeune Louis se découvre une prédisposition pour la course qu’il ne mettra à profit qu’avec l’aide de son frère au lieu de tomber dans la petite délinquance. Cela le mènera jusqu’aux Jeux Olympiques de Berlin, en 1936, où il ne gagnera pas le 5000 mètres mais fera tomber le record du tour. Le film s’ouvre sur une bataille aérienne au cours de laquelle Louis et ses compagnons larguent des bombes depuis leur forteresse volante. Dès les premières minutes, la tension est donc maximale face aux impacts des balles qui endommagent la carlingue de l’avion et tuent des mitrailleurs. Au cours de la mission suivante, Zamperini aura moins de chance et son avion s’abîmera en mer, ne laissant que deux rescapés à ses côtés. Commence alors un véritable chemin de croix pour Zamperini, où seuls son courage et sa soif de vivre lui donneront la force de surmonter tous les obstacles.
Avec l’aide des frères Coen pour le scénario, Angelina Jolie signe un film d’une grande intensité, qui commence très fort dès la première bataille mais qui continue de progresser jusqu’au duel physique et psychologique entre Louis Zamperini et le tyran Watanabe, commandant du camp où est retenu Louis. La mort est omniprésente dans ce film mais c’est la vie qui est mise à l’honneur, par une mise en scène toute en retenue, préférant le réalisme au pathos, mais aussi par la qualité exceptionnelle des acteurs, Jack O’Connell ne surjouant jamais ses transformations physiques et émotionnelles. Le seul regret que l’on peut avoir vis-à-vis de ce biopic est son centrage exclusif sur l’héroïsme de Zamperini et non sur sa vie après la guerre, le douloureux chemin du pardon et de la rédemption. Résumé en quelques lignes avant le générique de fin, cet aspect aurait pu donner une autre dimension au film si elle avait mieux exploitée, tamisant la violence omniprésente. Il n’en reste pas moins une très grande épopée, qui souffre parfois de quelques longueurs, mais qui laisse quand même le spectateur à bout de souffle. Une véritable course pour la vie !

American sniper, tension maximale !

American SniperUn film de Clint Eastwood
Date de sortie : 18 février 2015
Avec Bradley Cooper, Sienna Miller, Luke Grimes
Durée : 2h12

Synopsis :

Tireur d’élite des Navy SEAL, Chris Kyle est envoyé en Irak dans un seul but : protéger ses camarades. Sa précision chirurgicale sauve d’innombrables vies humaines sur le champ de bataille et, tandis que les récits de ses exploits se multiplient, il décroche le surnom de « La Légende ». Cependant, sa réputation se propage au-delà des lignes ennemies, si bien que sa tête est mise à prix et qu’il devient une cible privilégiée des insurgés. Malgré le danger, et l’angoisse dans laquelle vit sa famille, Chris participe à quatre batailles décisives parmi les plus terribles de la guerre en Irak, s’imposant ainsi comme l’incarnation vivante de la devise des SEAL : « Pas de quartier ! » Mais en rentrant au pays, Chris prend conscience qu’il ne parvient pas à retrouver une vie normale.

Notre avis sur le film :

Voici un film sur une guerre récente, dont on a entendu parler de loin et qui nous a finalement peu touchés dans notre vie quotidienne, nous autres Occidentaux. Il n’en était pas de même pour les militaires impliqués dans ce conflit. Le sujet est difficile et vaut à Clint Eastwood – réalisateur qui n’a depuis longtemps plus à démontrer son talent mais plutôt à le partager – l’admiration des uns et la critique acerbe des autres. Ces derniers ont reproché à Eastwood de signer une œuvre « belliciste »« une hagiographie de la vie de Kyle ». Doit on comprendre que ce militaire des SEAL, cette prestigieuse branche des forces spéciales de l’US Navy, a été promu héros par erreur ? Que son courage et son abnégation à protéger son pays et ses valeurs ne peuvent être mis en exergue car il a tué des gens, parfois des enfants ? Ceux-là n’ont rien compris. Eastwood ne cherche pas à politiser son film, à justifier l’intervention des États-Unis en Irak ou encore à mettre sur un piédestal un militaire par le nombre de balles létales qu’il a tirées. Il cherche à montrer la réalité de la guerre, ce quotidien de peur qu’endure les militaires, loin de leur famille. Il nous immerge dans l’inhumanité de ce conflit, l’obligation de prendre des décisions détestables pour protéger les siens, les négociations, les échecs, les douleurs et les trahisons. Loin de glorifier l’armée, le réalisateur montre les désastres psychologiques irrémédiables que peut causer un conflit brutal sur ceux qui y ont participé quel que soit leur camp ou leurs idéaux. C’est un Bradley Cooper exceptionnel qui incarne Chris Kyle dans ce biopic, un homme engagé pour la protection de son pays (le fameux patriotisme qui n’a hélas pas très bonne presse dans notre pays) et que la guerre éloigne de sa famille. C’est un film dur, sans fard, une véritable course avec la mort que le spectateur suit pendant plus de 2 heures. Même ceux qui cherchent les honneurs n’auront pas envie de s’engager dans l’US Navy après avoir vu ce film, qui est à l’opposé d’une œuvre de propagande, comme certains le dénigrent. Cette tragédie démontre surtout que la guerre ne fait que des perdants. Et le vieux bonhomme de 84 ans nous transmets cela avec brio ! Bravo !

Les nouveaux héros, spectaculaire, drôle et émouvant

Les nouveaux hérosUn film de Don Hall et Chris Williams (II)
Date de sortie : 11 février 2015
Avec Scott Adsit, Ryan Potter, Daniel Henney
Durée : 1h42

Synopsis :

Un petit génie de la robotique nommé Hiro Hamada découvre qu’un complot criminel menace de détruire la ville de San Fransokyo. Avec l’aide de son plus proche ami, Baymax le robot infirmier, et de ses compagnons qu’il va transformer en une bande de superhéros high-tech, Hiro va tout faire pour sauver la ville et sa population de l’infâme Yokai…

Notre avis sur le film :

C’est une nouvelle révolution pour Disney qui nous plonge cette fois dans l’univers Marvel et troque la magie pour la technologie. Pas de princesse ou d’enchantements, mais une débauche de robots futuristes, mus par de petits génies tels que Hiro et ses amis. Ce film d’animation mêle les séquences d’action, mises en valeur par des effets spéciaux superbement maîtrisés, et les séquences d’émotion. Lorsque Hiro vole avec Baymax (sorte de Bibendum Chamallow devenu infirmier), on a l’impression de retrouver les prouesses aériennes de Harold et Krokmou de Dragons 2. Même si le film se serait passé d’une reproduction trop fidèle de la « porte des étoiles » de Stargate, le scénario et sa mise en scène sont d’une très grande originalité et impose un style nouveau dans l’univers Disney. La qualité des détails et des couleurs, mis en valeur par une 3D époustouflante, nous font mesurer le chemin parcouru depuis 1995 et le pourtant très réussi Toy Story. La bande à Hiro nous téléporte dans son monde et nous fait rêver sans difficulté, grâce aussi à la présence d’un méchant charismatique et…masqué bien sûr ! Enfin, le design coolissime de la ville où se situe le récit, qui combine San Francisco et Tokyo, ajoute encore à la réussite de ce film d’animation qui s’impose d’emblée comme l’un des plus remarquables de ces dernières années. Décoiffant !

Imitation game, le biopic du mathématicien Alan Turing

Imitation gameUn film de Morten Tyldum
Date de sortie : 28 janvier 2015
Avec Benedict Cumberbatch, Keira Knightley, Matthew Goode
Durée : 1h55

Synopsis :

En 1940, en pleine Seconde Guerre mondiale, Alan Turing, mathématicien et cryptologue, est chargé par le gouvernement Britannique de percer le secret de la célèbre machine de cryptage allemande Enigma, réputée inviolable.

Notre avis sur le film :

En course pour les Oscars, le film de Morten Tyldum retrace la vie torturée d’Alan Turing, mathématicien et cryptologue de génie, recruté par Sa Majesté pour déchiffer Enigma et ainsi parvenir à écouter les conversations allemandes pendant la Seconde Guerre Mondiale. Par bien des aspects, Imitation game confronte les paradoxes : l’intelligence de Turing – superbement interprété par Benedict Cumberbatch – face à son asociabilité, son calme apparent face aux milliers de vies perdues chaque jour, son attachement à une femme qu’il ne peut pas aimer. Dépourvu de tact et d’hypocrisie, Turing va se retrouver de plus en plus seul face à des gens qui ne disent pas ce qu’ils pensent. Lui qui au travers d’Engima étudie les mécanismes de l’intelligence, des intentions et des comportements humains, sera progressivement isolé de ce monde qui n’accepte pas la franchise, l’échec – si temporaire fût-il – la différence et surtout, l’homosexualité, considérée dans l’Angleterre des années 40 comme une maladie mentale. Le film de Tyldum entretient durant près de deux heures un suspense insoutenable, la musique d’Alexandre Desplat contribuant grandement à cette atmosphère. Comme les protagonistes, on ne respire plus lorsque les roues de la machine de Turing s’arrêtent pour la première fois. Raconté sous la forme d’une énigme – celle d’une vie -, le biopic d’Alan Turing retrace le mal-être d’un homme qui ne voulait pas être seul, et qui essaya toute sa vie de déchiffrer les autres et d’imiter les mécanismes de l’intelligence humaine. Le jeu cruel et fascinant d’une existence. Captivant !

Des bleus au cœur, de Louisa Reid

Des bleus au cœurUn roman de Louisa Reid
Date de publication : 10 mai 2012
Nombre de pages : 327
ISBN : 978-2259217866

Synopsis :

Rebecca et Hephzibah sont sœurs jumelles. Elles viennent d’entrer au lycée, c’est la première fois qu’elles ont le droit de sortir. Ce qu’elles partagent : un secret terrible, des parents violents et l’envie de s’enfuir. Une seule d’elles réussira, mais jusqu’au bout elles resteront unies : le reflet l’une de l’autre dans le miroir, l’une dans la lumière, l’autre dans l’ombre.

Notre avis sur le roman :

Le roman commence par le lapidaire « Aujourd’hui ils m’ont obligée à aller à l’enterrement de ma sœur ». On entre directement au cœur de ce conte terrifiant, où la première partie alterne le récit d’Hepzibah avant sa mort et celui de Rebecca après la mort de sa sœur. Le lecteur est littéralement plongé dans l’horreur de l’éducation des jumelles, privées des joies de l’enfance, de l’expérience de la vie à l’extérieur du presbytère, de l’amour qu’un enfant est en droit attendre de ses parents et de ses proches en général. Au contraire, leur vie est rythmée par les corvées, les prières et la morale imposées, la violence d’un père alcoolique et la présence effacée d’une mère dépressive et soumise, qui déteste ses deux filles. Hephzibah et Rebecca tenteront de sortir de cet engrenage avant qu’il ne les broie. Malgré la peur, elles essaieront de braver l’interdit pour trouver dans leur quotidien de secrets, de violences et d’atrocités, quelques lueurs de joie, d’espoir.
Le sujet de l’enfance maltraitée est toujours difficile à aborder, tout d’abord parce qu’il révolte mais également parce que rien ne peut jamais le justifier. Même la raison décrite avec beaucoup de justesse dans ce roman ne peut suffire à expliquer les coups, à dissiper l’horreur, à justifier la haine. Les deux jeunes filles, bien que jumelles, sont à l’opposé l’une de l’autre : physique tout d’abord, mais également du point de vue de leur caractère. Ce qui les rassemble, c’est leur amour l’une pour l’autre (même si Hephzi sait s’en servir pour se protéger des coups) mais également leur vie de calvaire au presbytère familial. Comme souvent, les gens diront On ne savait pas, mais ils ne voulaient surtout rien savoir et ne pas être mêlé à tout ça.
Ce livre est d’une incroyable force, écrit avec beaucoup de justesse, sans empathie ni sensiblerie, et fait passer son lecteur par de nombreux sentiments : indignation, horreur, envie de protéger ces enfants innocents, de faire mal à ces adultes pour qui la haine et la violence sont les réponses à leur vie ratée et leurs enfants les exutoires. « Depuis qu’Hephzi n’était plus là, Il était plus morose que jamais. Et amer. Cette colère brutale et corrosive se déversait droit sur moi, celle qui avait survécu. Celle qui aurait mérité de mourir. » Poignant et révoltant !

Taken 3, un volet qui signe plus un renouveau qu’une fin

Taken 3Un film de Olivier Megaton
Date de sortie : 21 janvier 2015
Avec Liam Neeson, Forest Whitaker, Famke Janssen
Durée : 1h43

Synopsis :

L’ex-agent spécial Bryan Mills voit son retour à une vie tranquille bouleversé lorsqu’il est accusé à tort du meurtre de son ex-femme, chez lui, à Los Angeles. En fuite et traqué par l’inspecteur Dotzler, Mills va devoir employer ses compétences particulières une dernière fois pour trouver le véritable coupable, prouver son innocence et protéger la seule personne qui compte désormais pour lui – sa fille.

Notre avis sur le film :

Ce troisième volet de la saga à succès Taken se différencie clairement de ses prédécesseurs, tout d’abord parce que l’intrigue essentielle du film ne tourne pas autour d’un enlèvement, mais du meurtre de la femme du héros, Bryan Mills. Ensuite, parce que ce nouvel opus travaille davantage sur l’émotionnel et apporte un côté plus humain aux personnages. Ils ne sont plus seulement victime ou justicier, ils s’inscrivent dans une vie sociale et familiale, remplie de joies et de peines, de secrets et de petits mensonges. Enfin, parce que le scénario donne à Liam Neeson de jouer des situations rocambolesques voire improbables. Néanmoins, on ne s’ennuie pas une seconde tant l’alternance des scènes d’action, d’émotion ou d’explication est bien ficelée. Même si la fin reste assez convenue, il n’en demeure pas moins un grand spectacle, porté par un Liam Neeson au meilleur de sa forme et des acteurs secondaires qui donnent véritablement au film un relief particulier, à commencer par l’excellent Forest Whitaker – récemment récompensé au festival de Santa Barbara – qui incarne l’agent du FBI à la poursuite de Mills. La réalisation se rapproche d’un Die Hard des premières heures, avant que le scénario ne soit relégué au second plan face à la déferlante d’effets spéciaux. Il semblerait que ce soit le dernier film de la saga, mais face au succès – et à la rentabilité – de la franchise Taken, des spin-offs ne sont pas à exclure. Taken 3, l’action au service de la vérité !