Archive mensuelles: juillet 2014

La planète des singes, l’affrontement, entre haine, vengeance et pardon

La planète des singes l'affrontementUn film de Matt Reeves
Date de sortie : 30 juillet 2014
Avec Andy SerkisJason ClarkeGary Oldman
Durée : 2h11

Synopsis :

La haine mène indéniablement à la guerre. L’épidémie de grippe simiesque a décimé la population humaine qui vit désormais recluse dans des colonies éparpillées, sans moyen de communication. Par peur, la plupart voue aux singes une haine terrible et les tient pour responsables de cette épidémie, en fait créée par l’homme en laboratoire. Les singes, eux, vivent dans une forêt au nord de San Francisco et sont dirigées d’une main de maître par César, à la fois fort et sage, et donc respecté. Lorsque les deux espèces se rencontrent, elles parviennent à trouver, un temps, des avantages mutuels. Mais l’avide volonté de vengeance de certains, hommes et singes, ne pourrait-elle pas avoir raison de cette timide relation naissante tissée entre les deux camps ?

Notre avis sur le film :

La suite de La Planète des Singes : les origines est placée sous des effets spéciaux saisissants, une 3D qui sait se montrer sans en faire trop, et surtout, une interprétation magistrale d’Andy Serkis dans le rôle de César. Matt Reeves met en scène un scénario osé, et mêle très bien les séquences d’action, fortes et violentes, avec les séquences plus intimistes, émouvantes et parfois tristes. On capte l’affrontement avec d’un côté une haine féroce et une volonté de vengeance et de l’autre l’envie de vivre, de faire confiance, de pardonner. Seul regret, et il est identique pour tous les films de cette saga, c’est le manque d’inventivité pour exprimer l’idée de l’intelligence : aux yeux des réalisateurs, la seule façon pour les singes de paraître plus intelligent est de les humaniser, dans leur apparence, leur posture, leurs actes. Le langage des signes et la comédie de Koba sont deux essais très réussis mais il aurait fallu au bout de la démarche. Cette suite reste néanmoins un bon film, où l’on ne s’ennuie pas bien qu’elle dure plus de deux heures. Divertissant !

La reine des neiges, libérée, délivrée : magique !

La reine des neigesUn film d’animation de Chris BuckJennifer Lee
Date de sortie : 4 décembre 2013
Avec Kristen BellIdina MenzelJonathan Groff
Durée : 1h42

Synopsis :

Anna, une jeune fille aussi audacieuse qu’optimiste, se lance dans un incroyable voyage en compagnie de Kristoff, un montagnard expérimenté, et de son fidèle renne, Sven à la recherche de sa sœur, Elsa, la Reine des Neiges qui a plongé le royaume d’Arendelle dans un hiver éternel…  En chemin, ils vont rencontrer de mystérieux trolls et un drôle de bonhomme de neige nommé Olaf, braver les conditions extrêmes des sommets escarpés et glacés, et affronter la magie qui les guette à chaque pas.

Notre avis sur le film :

Huit mois après sa sortie, après l’annonce de son succès, après avoir entendu maints éloges, j’ai enfin vu La Reine des Neiges sans en connaître l’histoire ni avoir visionné la bande-annonce. D’emblée, Disney nous plonge dans un univers visuellement merveilleux, avec un traitement graphique – de la neige notamment – impeccable, des personnages très (trop ?) expressifs, parfois assez clichés mais s’inscrivant admirablement dans la logique de l’histoire. Le prologue du film nous narrant la jeunesse des deux protagonistes est particulièrement touchant car il mêle aussi bien la nature féérique de l’univers d’Arendelle et la tragédie que vont endurer les deux sœurs durant vingt ans.
Anna, qui croit avoir été rejetée par sa sœur, part à sa recherche après que celle-ci a, sans le vouloir, plongé dans un hiver éternel le joli royaume. Anna va rencontrer des personnages hauts (ou pas !) en couleurs, braver les dangers et, comme toute princesse Disney, tomber amoureuse du Prince charmant. La magie de ce film réside dans sa capacité à surprendre le spectateur tout en livrant une aventure finalement assez convenue. On sent réellement que Disney cherche par ce film à offrir des histoires plus adultes, tout en gardant la magie merveilleuse des premiers films. L’héroïne est une princesse moderne et dynamique, mais elle reste toujours une jeune fille jolie, rêveuse, naïve et amoureuse du prince charmant qui arrive immanquablement sur un beau cheval. Enfin, dernier point fort de ce film : la musique. Les différentes chansons se marient parfaitement avec les différentes scènes du film : « Je voudrais un bonhomme de neige » change incroyablement bien de ton à trois reprises et, que dire « Libérée, délivrée » ? Les chansons sont placées aux bons moments, sans jamais nuire à la fluidité du film ou au scénario. La Reine des Neiges est donc une belle réussite pour Disney qui parvient, après les magnifiques Rebelle et Raiponce, à mettre en scène une féérie tragicomique inspirée de cette histoire d’Andersen, nous arrachant le temps d’un film à la difficile réalité du quotidien. Parés pour l’évasion ?

L’enfant qui ne parlait pas : Une petite fille de huit ans murée dans son silence

L'enfant qui ne parlait pasUn livre de Torey Hayden
Édition : Pocket
ISBN : 9782013239769
Note personnelle : 14 / 20

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Synopsis :

Psychologue et thérapeute, Torey Hayden est professeur-éducatrice dans une classe d’enfants souffrant de troubles du comportement.
Un lien très fort l’unit à Jade, une petite fille de huit ans qui se tient courbée et ne parle pas. Chaque soir, Jade rejoint Torey dans une salle de cours, et, après avoir fermé la porte à clé pour que personne d’autre ne l’entende, elle se met à parler.
Ce qu’elle raconte est effrayant, incroyable. Des choses horribles ayant trait au sexe, à la violence, à la mort. La psychologue s’interroge. Réalité ? Mensonges ? Délires d’enfant perturbé ? À force de patience, elle finit par découvrir la vérité. Une vérité qui dépasse l’entendement…

Notre avis sur le récit :

« Cela ne se passe pas forcément le jour de l’anniversaire, mais ils vous tuent à six ans. Ellie dit que c’est le chiffre de la mort. »
Torey Hayden nous livre ici une histoire presque incroyable, le récit bouleversant de la petite Jade, 8 ans. Torey vient remplacer une enseignante dans une classe spécialisée pour les enfants souffrant de troubles du comportement et ne pouvant intégrer une classe dite « normale ». Et dans cet effectif très restreint de quatre élèves se trouve Jade, repliée sur elle-même, au propre comme au figuré, ne parlant jamais. Pourtant, les talents de Torey en tant qu’éducatrice et thérapeute permettront d’insuffler entre elle et la petite fille une confiance certaine. Jade va alors raconter des histoires farfelues, horribles, laissant Torey plus que perplexe, parfois même complètement perdue. Rarement un livre laisse une telle impression de colère, de dégoût. Peut-être parce que c’est une histoire vraie, parce que Jade existe vraiment dans ce monde, et que ce n’est donc pas une histoire sortie de l’imagination ignoblement fertile d’un romancier à la mode. La plume de Torey, remplie d’amour pour ces petits bougres, ne fait que davantage ressortir les difficultés, les malheurs et les horreurs du quotidien, mais aussi les nombreuses petites joies, indispensables et irremplaçables. On sort de ce livre un peu triste, à la fois irrité et soulagé par l’épilogue. Poignant !

Pour en savoir plus sur le livre de Torey Hayden.

Dragons 2, prenez votre envol et embarquez pour l’aventure !

Dragons 2Un film d’animation de Dean DeBlois
Date de sortie : 2 juillet 2014
Avec Jay BaruchelCate BlanchettGerard Butler
Durée : 1h43

Synopsis :

Tandis qu’Astrid, Rustik et le reste de la bande se défient durant des courses sportives de dragons devenues populaires sur l’île, notre duo désormais inséparable parcourt les cieux, à la découverte de territoires inconnus et de nouveaux mondes. Au cours de l’une de leurs aventures, ils découvrent une grotte secrète qui abrite des centaines de dragons sauvages, dont le mystérieux Dragon Rider. Les deux amis se retrouvent alors au centre d’une lutte visant à maintenir la paix. Harold et Krokmou vont se battre pour défendre leurs valeurs et préserver le destin des hommes et des dragons.

Notre avis sur le film :

Dès les premières minutes, on est littéralement projeté dans le monde de Harold et de son inséparable dragon Krokmou. Jouant, virevoltant, défiant tous les dangers, ils nous invitent à une nouvelle aventure où les rires succèdent aux larmes, où l’espoir fait fondre les peurs, où l’émotion donne son intensité à ce nouvel opus. Le vol, la voltige, la chute libre, la danse sur et avec les dragons sont vraiment mis en valeur par une 3D enthousiasmante. L’animation est tout bonnement superbe, d’une fluidité inégalée. DeBlois signe donc une suite haute en couleurs et tire parti des évolutions technologiques de l’animation pour nous en mettre plein la vue. Eblouissant !

Flanders no inu, l’adaptation du Chien des Flandres de 1997

Flanders no inuUn film d’animation de Nippon Animation
Date de sortie : 1997
Basé sur le roman de Maria-Louise Ramé (Ouida)
Durée : 1h43

Synopsis :

Nello, jeune orphelin, vit avec son grand-père dans une petite ferme à la campagne, non loin d’Anvers. Un jour, il trouve un magnifique bouvier des Flandres, agonisant au bord d’un chemin. Avec l’aide de son grand-père, il va le soigner et s’en faire un ami qui l’aidera lors de ses tournées quotidiennes de livreur de lait. Sa meilleure amie, Aloïs, est la fille de M. Cortez, le riche meunier propriétaire du moulin. Celui-ci trouve Nello bien trop pauvre pour fréquenter sa fille et interdit aux enfants de se revoir. Très doué en dessin, Nello participe alors au concours organisé par la ville, espérant ainsi rentrer dans les bonnes grâces de M. Cortez et revoir Aloïse.

Notre avis sur le film :

Cette adaptation de 1997 du roman de Ouida reprend le graphisme des personnages utilisé pour la série animée de 1975 réalisée par le même studio, Nippon Animation. En 100 minutes, l’histoire de Nello et de son chien Patrache, fidèle et bienveillant, est à nouveau racontée avec émotion, faisant ressortir la vie difficile des paysans de l’époque et la cruauté entre classes sociales. Comme toujours, seuls les enfants et quelques personnes bienveillantes sont étrangères à cette séparation futile, les sentiments étant bien plus forts que la richesse. Ouida brosse un tableau très triste, presque sans espoir si on ne prend pas la peine de lire entre les lignes. Certains naissent avec de la chance, d’autres en obtiennent au cours de leur vie, d’autres enfin n’en ont jamais et disparaissent dans l’indifférence. Le film est une véritable ode à l’honnêteté et à la fidélité des sentiments, mais aussi une critique virulente des privilèges accordés aux riches, ceux-là mêmes ne se rendant plus compte combien il est essentiel d’avoir un toit et de pouvoir manger à sa faim. Comme toujours, ce n’est que lorsque ces choses sont sur le point de vous être enlevées que l’on prend conscience des autres et de cette chance qui nous est donnée. Ouida profite également de la passion de Nello pour le dessin et l’art en général pour critiquer une exploitation de l’art par les riches et pour les riches. Ainsi, il faut payer une pièce d’or pour voir les peintures de Pierre-Paul Rubens dans la cathédrale d’Anvers. De même, la reconnaissance du talent est souvent fonction de la place sociale occupée par l’artiste. Malgré tout, Nello profite de ces instants magiques de liberté, à jouer avec son chien Patrache, à aider son vieux grand-père malade ou encore à dessiner la jolie Aloïs. Emouvant !